‹ Histoire de GignyChapitre 106 sur 356 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

dessous du vent; 9.° enfin, d'être muni d'un baril ou d'une 1435 lasse ponr boire , et d'avoir des cliquettes ou castagnettes en allant mendier, afin d'être mieux connu de tout le monde t11^-.

De telles mesures de précaution font assez juger combien était contagieuse cette maladie, qui cependant ne l est plus de nos jours et qui se trouve maintenant aussi rare en France qu'elle y était commune alors. Ces mesures ont été mises en usage, depuis un temps immémorial, en Orient, et elles le sont encore dans l'Amérique équinoxiale , notamment dans la Guyane , où existent toujours des léproseries et pianeries.

Cette maladie affreuse subsista, ainsi que les hospices qui lui étaient consacrés, pendant bien des siècles, jusque même dans le seizième et le dix-septième. A Beaune, en 1675, une fille lépreuse vivait encore, avec sa servante, dans une loge de la léproserie, où elle mourut et dont elle fut le dernier habitant. A Arc-en-Barrois près de Langres, en 1607, se trouvait aussi un lépreux séquestré dans l'hospice spécial. Cependant, en général , avant la fin du 17.' siècle, toutes les maladières ou léproseries furent réunies aux hôpitaux ou hospices du voisinage, parce qu'elles n'avaient plus leur destination. Quelles réflexions graves se présentent à l'esprit, sur la cause et la marche de ces maladies nouvelles qui, après avoir décimé l'espèce humaine, qui , après avoir été éminemment épidémiques ou contagieuses , finissent par se miligeret même par disparaître!... Tels furent

(no) On lit dans les franchises de Cuiseaux,en i»65,et de Saint-Laureut-la- Rocbe, en 0S4, que la qualification de méséaut donnée à quelqu'un, était une injure punissable d'amende. Il en était de même à Coligny, Jaueron et Ceyséria.

Le terrier de la baron ie de Branges disposait des corrées (cœurs et poumons)^ des bétea tuées aux boucheries en faveur des ladres ou lépreux, ainsi que des queues de cuirs tannés dans la seigneurie. Mais, en tfos, cela ne se pratiquait déjà plus... A Dijon, en les bouchers devaient au mettre de la maltderic

les langues des bœufs et les ongles dcs.'porcs tués durant la foire de Toussaint.

158 BISTOtBR DE GIOUY.

1 435 autrefois le mal des ardents et le feu de Saint-Antoine au onzième siècle ("U, la peste noire de 1349, et dans des temps plus modernes ou même de nos jours, la maladie vénérienne et le choléra.

$ 10. Il est difficile de déterminer positivement le lieu où était établie la léproserie de Gigny. Cependant, il parait très probable qu'elle existait à l'ouest de la commune , sur les confins du territoire de Véria. Elle s'est peut-être transformée par la suite en la métairie ou ferme connue sous le nom de Grange de VIsle. Ce qui me le fait présumer , c'est que dans cette localité se trouvent: 1.° le bois delà Ladrerie ou du Ladrelii9>, qui a dépendu de l'office de l'aumônier jusqu'à la fin ; 2.° la Terre de la Makaière, proche du petit Véria U|3>,

(i 1 1) La religion chrétienne est toujours sur U brèche quand il s'agit de soulager les douleurs et de consoler les infortunes. La peste de 103*7, appelée la mai dei ardents, donna naissance à la confririe de Dieu. Celle de 1094, connac sou* le nom dc/«'< sucr e, amena l'ctsbliisement des hospices ou commander iet de Saint' Antoine de Viennois , dsns lesquelles les religieux antonins soignaient les malsdeS. Cette maladie, nommée encore feu de Saint- Antoine, feu de Saint- Marre/, était une espèce d'érysipèle ou de charbon qui faissit périr plus ou moins vite en gangrenant la peau et les chairs jusqu'aux os. Elle dura moins que la lèpre et ne cessa cependant qu'à la fin du xm.« siècle. Dan* notre voisinage, U y avait des commandâ tes de Saint-Antoine à Bourg en Bresse, à Rufley, à Cbalonsur-Saôneets Micon.

(1 1 s) Le moi ladre dérive de Lazare, lépreux mendiant de la parabole du mauvais riche, rapportée dans l'évangile de saint Luc Ce Lazare, qu'il ne faut pas confondre avec l'ami de J.-C, était le patron des lépreux, et on l'appelait M. S. Ladre dans le moyen âge et même jusque dsns le xvu.t siècle. Les lépreux étaieul aussi quelquefois nommés lasares, et les léproseries lazarets. Ce dernier nom est même encore conservé aux établissements de quarantaine contre les maladies pestilenUelles contagieuses comme la lèpre. Celui de lazaronis est donné aux mendiants de Nsples, censés descendants des anciens lépreux.

(11 3) U existe encore des champ» dit. an la Mmtatiire, proche l'étang Pyot, mais ils sont situés sur le territoire dè Véria. On trouve dans les inventaires l'indication d'un abergeage fait, en 1 5 4s, par nos religieux, de deux teppes ou hermitures è Véria, lieu dit eq la Maladiire des Reprett. Quant au Petit- Véria qu'on indique ici proche d'un bief, il n'est pas facile d'en déterminer le lieu, à moins de le placer près de l'ancien château. CL Maillet était notaire au Petit-Véria en 16 ; I* puis à Louvenne en itti.

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