‹ Histoire de GignyChapitre 107 sur 356 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

dont un abergeage fut fait en 1612, au profit du même offl- 1435 cier claustral qui était chargé, comme on a vu, de l'administration de l'hospice, et précédemment sans doute de la léproserie , parce qu'il est probable que cette dernière fut réunie aupremier<Ui>. Si l'asile des lépreux n'exista pas en cette localité, on peut présumer qu'il a pu être établi en celle dite la Censure, où Von reconnaît qu'il y a eu anciennement des habitations et où l'on a même trouvé des tombeaux et des ossements.

Quoiqu'il en soit, la léproserie de Gigny fut sans doute une des douze maladières plus voisines, à chacune desquelles Jean d'Andelot, seigneur de Cressia , donna par son testament, en 1347, deux cents sols estevenants. Ce seigneur imita en cela les deux Étienne de Coligny, ses parents, seigneurs d'Andelot, qui firent aussi, en 1318 et 1328, des legs aux diverses léproseries de l'archiprétré de Coligny. A la même époque environ, c'est-à-dire, en 1331, nn autre seigneur moins généreux, Jean de Monlaigu, avait fait un legs de trois sols a chacune des maladreries de Clairvaux, Poitte et Nancuise.

| 11. Malgré que j'incline fort à placer l'hospice des lépreux près du bois du Ladre et de la terre de la Malatière, je dois avouer que les cent journaux de terrain qui constituaient la grange de Vide ne dépendaient pas de l'office de l'aumônier, comme le bois contigu, mais appartenaient au prieur du monastère, ou h la mense prieuralc , depuis plus de 200 ans.

En l'année 1607, cette grange était nommée MeixGalbry, probablementdu nom de ceux qui l'exploitaient et qu'on peut croire originaires de Véria, où une famille Galebry ou Galebrier existait dans le dix-septième et même jusques sur la

(114) Dans certaiucs abbayes comme à S* Seine, il y avait un officier claustral spécialement chargé d'administrer la léproserie, et pour cela nommé mallrt d» la maladièrtf ricteur At tm léprottril.

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1435 On du dix-huitième siècle. Dans Tannée 1607 précitée t ce meix fut acensé ou loué moyennant le cens en directe de deux pareils de blé , par moitié froment et avoine, et de neuf gros d'argent. Ce fut le prieur de Gigny lui-même qui passa cet acensement a un membre de l'ancienne et honorable famille Pyliot, lequel y fit reconstruire des bâtiments. Dans cet acte, on consigna que « ledit meix consistait en terres, prés, « jardins, bois, buissons, chenevières, tel que le tout était a ainsi porté par l'ancienne reconnaissance , sauf de la a censé. » Cet acensement fut motivé a a raison de ce que a ledit meix était vaque, en friche et en hermilurc, la déli- « vrance en ayant été faite, après plusieurs proclamais aux a églises de Gigny et de Véria. »

De nouveaux acensements de ce domaine furent faits, en 1667 et 1691 , sous le nom de Grange de Vlsle (115) , par le prieur de Gigny , à d'autres membres de la môme famille Pytiot. Mais l'ingratitude du sol ne permit pas d'en continuer fructueusement la culture par la suite. Il paraît même qu'en 1712, cette grange était déjà abandonnée par les censitaires, et que le prieur de Gigny la reprit de droit, à raison de déshérence, car alors elle fut louée par lui, moyennant une faible rétribution en grains. Quarante ans après, en 1752 , un autre prieur, J.-J. de la Fare , l'acensa à perpétuité à son fermier-général. Or , dans ce nouvel acensement, on lit, comme dans celui de 1607, que la grange de l'Isle était vacante et abandonnée depuis plus de 50 ans; que les censitaires précédents n'avaient pu en retirer le cens à payer ; que les terres étaient réduites en hermitures, à la réserve d'un petit canton ; qu'on ne pouvait reconnaître les

(i i S) L'étymologie de celte dénomination n'est pas tonnne. On trouve seulement qu'une localité de la prairie de Gigny, près du moulin, s'appelle en T/r/r, et qu'elle portait déjà ce nom dans un titre de 1570,' peut-être k cause d'une Ile voikinc que formait autrefois la rivière. Mais on ne voit aucun rapport entre cette localité et la grange de l'Isle.

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