CHAPITRE XXX
de leurs sceaux, en présence de Guillaume de Saint-Jérôme , 1437 chambrier de Nantua , de Guillaume du Bois, damoiseau, d'Élienne de Beaulieu et autres témoins.
S 15. Le Villars, qui est une section de la commune actuelle de Gigny , n'était primitivement , comme son nom l'indique, qu'une grange, une métairie, un domaine, une villa, appartenant au cellérier. C'était la Grange de Cellérie, ainsi qu'on l'appelait encore il y a 40 ans. Elle existait an* ciennement au nord du village d'aujourd'hui , dans une localité qu'on nomme toujours le vieux Villars , où l'on reconnaît même les ruines de quelques anciennes maisons formant des murgers de pierres qui ont visiblement éprouvé l'action du feu, et qui sont mélangées de débris de tuiles. On a trouvé, enfouie dans un de ces murgers, une croix en pierre garnie de ses croisillons. Bn labourant , il y a quelques années , la terre meuble et charbonneuse d'un champ voisin, on a découvert, non-seulement de petites pièces d'argent portant l'empreinte d'une croix, mais encore le pavé en pierre d'un four bien reconnaissante. Cependant il est a croire que ces anciennes habitations n'existaient déjà plus lors de la charte de 1437 qui nous occupe , et que la grange du cellérier se trouvait à cette époque reconstruite dans le lieu où est le village actuel. Du moins un de nos titres mentionne, à la c 129. date de 1546, la Fontaine du vieux Villars.
S 16. L'acensement perpétuel consenti par le cellérier fût une cause d'accroissement rapide pour le Villars. Ce lieu, qui n'était composé alors que de trois ménages , formait déjà en 1546 une communauté de huit ou neuf feux, ayant des échevins, laquelle s'élevait à douze au commencement du dix-huitième siècle , et il se trouve peuplé aujourd'hui de cent habitants. Il avait été érigé en commune distincte en 1790, mais il a été réuni en 1821 à celle de Gigny. L'étendue de son territoire est de cent hectares imposables.
Ce fut sans doute parce que le Villars n'était primitive-
164 HISTOIRE DE GIGNT.
US7 ment qu'une grange du monastère, que les habitants en restèrent exempts, jusqu'à la fin, de toutes dîmes. Mais, d'ailleurs, ils furent toujours assujettis aux droits et devoirs seigneuriaux, comme les habitants des autres villages de la terre de Gigny, c'est-a-dire qu'ils étaient mainmortablcs , corvéables , justiciables , obligés aux montres et rendues d'armes, à la bûche du coulon, au guet et à la garde du château où ils étaient retrayables, etc... Ils voulurent contester ces devoirs féodaux dans le dix-septième siècle, mais en 1660 le prieur les fit constater par une enquête.
S 17. Si l'acensement de 1437 fut avantageux pour le Villars, il fut au contraire funeste pour Gigny ; car il devint la cause de procès sans nombre et comme interminables entre les habitants des deux localités, notamment eu 1451 , 1546, 1627, 1648—1658, 1667—1673, 1688—1689, 1715, et surtout en 1726 — 1751. Comme le titre d'acensement comprenait toutes les propriétés du cellérier, à l'orient de la montagne de Cessey (aujourd'hui Cituey) , ceux du Villars ont toujours prétendu aux droits de pâturage , d'usage et même de propriété dans les bois communaux de Gigny, situés en cette localité et au voisinage. Comme, d'un autre côté, on avait laissé ces habitants jouir de ces droits dans un temps où ils étaient peu nombreux et où les bois étaient presque sans valeur , les juges ont toujours prononcé en leur faveur et condamné ceux de Gigny, pensant probablement que la possession était le meilleur et le plus naturel interprète d'un titre obscur. Ces divers procès furent portés devant tous les tribunaux, depuis les plus inférieurs h Gigny, Orgelet et Poligny , jusqu'en appel et en cassation à Besançon et à Paris. On épuisa toutes les espèces de juridiction civile, administrative, de police, des eaux et forêts, etc... Voici une courte notice du plus long et du plus décisif de tous ces procès :
En .1726 , le domestique d'une femme du Villars, ayant