CHAPITRE XXXVII
gca à revenir en France, en 1492, pour y chercher asile et 1492 protection contre ses poursuites, et il y séjourna, comme eu exil, pendant près de dix ans. Deux titres de Gigny le qualifient de révérend père de Dieu, mastre Julien y évêque d'Oslie, cardinal , prieur et seigneur de C'ufiy, L'historien Philippe de Gommines , son contemporain , l'appelle cardinal de Samt- Pferre-AD-viscuLA, oucard'mal Petri-ad-vincula. D'autre sauteurs le désignent sous le nom de cardinal de la Rwère.
$ 4. En 1494 , notre prieur coopéra a la brillante , quoi- 1494 que hasardeuse campagne du roi Charles VIII en Italie et au royaume de Naples. Il fut même l'un des promoteurs de cette guerre , dans l'intention d'amener l'occasion de se venger du pontife , son ennemi. Il aida beaucoup par luimême et par ses amis le roi de France dans cette rapide conquête, lui livra Viterbe dont il était le gouverneur, Ostie dont il était évêque , et Rome dont son frère était préfet. Charles entra en vainqueur dans cette capitale , le 31 décembre, a la lueur des flambeaux et aux acclamations d'un 1495 peuple ivre de joie. Le pontife qui favorisait le roi de Naples s étant retiré au château de Saint-Ange , un grand nombre de cardinaux , parmi lesquels Julien de la Rovère et Ascagne Sforce se trouvaient comme chefs de parti , sollicitèrent le vainqueur à s'emparer d'Alexandre, à lui faire son procès, à le déposer et à faire procéder à l'élection d'un nouveau pape. L'artillerie fut même, à cet effet, dirigée deux foiscontre le château de Saint-Ange. Les cardinaux Julien et Ascagne étaient les deux prétendants à la tiare ; cependant on lit que , contents d'avoir exercé leur vengeance personnelle , ils auraient renoncé , au besoin , à leurs prétentions, en faveur d'un autre cardinal au gré du roi , et même en faveur d'un cardinal français. Mais le vainqueur résista à ces sollicitations et préféra faire uu traité , en manière de capitulation , avec le pape Alexandre dont il crut avou- gagné l'amitié , en partant pour Naples. « Je ne seau-
186 HISTOIRE DE GIGXT.
1*95 « roy dire , remarque l'historien Qnrnnincs , si le roy fit « bien ou mal ; toutefois je croy , à mon jugement , qu'il fit c mieux d'appointer, car il estoil jeune et mal accompaigné «r pour conduire une si grande œuvre que de réformer l'éa glise. » Néanmoins , l'événement a prouvé que , s'il eût déposé un pape couvert d'opprobre et de vices, et s'il en eût fait nommer un autre dans ses intérêts , il aurait eu un ennemi de moins et un ami de plus par derrière, et probablement il aurait prévenu la coalition qui chassa les Français d'Italie, un an plus tard.
S 5. Ce fut pendant cette célèbre campagne, en l'année 1495, sous le prieurat du cardinal Julien et probablement avec son concours et ses libéralités, que Véglue du monastère de Gigny fut reconstruite et réparée a peu près telle qu'elle est aujourd'hui. L'écusson armorié placé au frontispice de ce beau monument en fait pleine foi. En effet, cet écusson
Fig. s. quadrilatère présente, sculptés sur la pierre : 1 .• un chapeau d'évéque ou de cardinal , avec ses houppes pendantes de chaque côté, mais piquées et enlevées en 1793; 2.° un chêne arraché , dont les rameaux sont chargés de glands ; 3.° le millésime 1495 en chiffres arabes ; 4.° l'inscription en lettres gothiques : jul. eps. ost. card. s. pàdvÎcla, signifiant Julien, évêque d'Ottie, cardinal de Saint-Pierre aux lient. Le dernier mot est une agglomération, faute d'espace, de P. ad vincla.
Au-dessous de cet écusson existe une console qui supportait une statue enlevée aussi et brisée en 1793. On voit encore : 1.° sur sa face antérieure l'inscription eps, abrégée Fig. 7. d'Epitcopus ; 2.« sur une des faces latérales la lettre m en caractère gothique, surmontée d'une figure irrégulièrement quadrilatère offrant a l'intérieur deux billettes; 3.* sur l'autre face latérale une sorte d'entrelac particulier. A droite et à gauche de cette console et sur la même ligne horizontale , il en existe deux autres plus petites , sans inscriptions ni
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