CHAPITRE XX X Y It
dont les reliques , avec celles de saint Aquilin , reposent 1495 dan6 une châsse placée a côté. On y voit aussi les bustes dorés, mais modernes, de ces deux saints évéques. Les deux bras de la croix latine étaient occupés au nord par la citantbre capiiulabre des religieux, et au midi par la sacristie et par la chapelle de la Vierge ou du rosaire. Cette dernière était anciennement la chapelle de Samt-Andrè , car en y faisant c m. tout récemment des réparations , on a trouvé cachée sous l'autel la statue jadis dorée de cet apôfre tenant sa croix spéciale. Eirfin, il existait encore une chapelle en l'honneur de saint Benoît, au .bas du collatéral du sud, dans les dernières années dû dix-huitième siècle.
D'ailleurs cette église est presque toute pavée de tombes qui rappellent les anciennes et nobles maisons des deux Bourgognes. On n'y marche que sur des armoiries féodales et des inscriptions, dont malheureusement la plupart sont usées par le frottement ou ont été piquées par le marteau révolutionnaire.
S 8. Le clocher placé un peu h soir du maître-autel est un dôme octogone très -élégant , couvert de tuiles vernies et surmonté d une belle croix. Il paraît, comme ilaété dit, être d'une construction plus moderne qu'aucune autre partie de l'église. Il renferme deux cloches, l'une plus petite donnée, depuis quelques années, par un natif de Gignij anonyme, laquelle remplace celle qui fut enlevée en 1793; l'autre, ancienne et plus grosse , qui porte , en lettres encore plus gothiques que celles de l'écussen du frontispice, l'inscription suivante : lhs Maria mentent sanctam spontaneam honorent Deo et patrie liberalioncm Maria vocor et fut faite mil V< Cette inscription pourrait être traduite ainsi : « Jésus-Marie ! dans a une intention spontanément sainte, en l'honneur de Dieu o et pour la délivrance de la patrie , je m'appelle Marie et « fut faite en 1500. » Un curieux qui, en l'année 1817, a lu cette inscription et en a laissé a Gigny une interprétation,
190 HISTOIRE DE 01 Gif T.
1495 a prétendu que « la cloche s'appelait Melite, et qu'un homme a profondément dévoué à Marie l'avait fondue en Tannée a 1148. »
Or, il est évident que ce curieux a lu meîkem pour mentent, et votor au lieu de vocorf et qu'il a imaginé le millésime 1148. Il est même fort difficile d'y trouver la date 1500 que j'ai donnée , car la lettre K, qu'on peut présumer être un chiffre romain représentant le nombre cmqt est séparée du mot mil par une espèce de rosace quadrilatère, et le signe qui se trouve au-dessus de ce chiffre romain présumé ressemble assez mal à un C. Cette date néanmoins offrirait quelque probabilité , parce qu'elle se rapprocherait de l'année 1493, époque de la paix de Senlis, laquelle délivra la Franche-Comté des troupes de Louis XI ou de Charles VIII qui l'occupaient depuis quinze ans. Mais , d'un autre côté, cette mention sur la cloche de Gigny de la délivrance de la pairie ne se rattache pas à cet événement, puisqu'on la retrouve dans d'autres inscriptions , hors de la Franche-Comté, à trente lieues au nord et à soixante au midi de Gigny. En effet , 1.° depuis un temps immémorial, on renouvelle chaque année, sur les portes de toutes les maisons des villages du ci-devant évéché de Baie, une bandelette de papier bénit, sur laquelle on lit l'inscription ordinairement manuscrite : Menlem sanctam sjxmianeam honorent Deo patriœ liberalkmem, tancta Agatha, ora pro nob'u (,M>. 2° On lit ce qui suit dans un ouvrage assez récent : « Le clocher de Sainteo Marthe à Tarascon ne fut bâti qu'au quinzième siècle , a et une cloche fondue en 1469 porte cette inscription : a Mente sancta spontanea honore Deo et patriœ liber alione, XPS a rex venit in pace Deiu homo (cl ett o
L'inscription de notre cloche est donc comme vide de
(isa) Robert. Voysge en Suisse, tome i, p. iSS O7S9). (uJ) J.-J. Bitrwgin, Études archéologique!, etc^ sur. Arles, etc., p. ssC. (AU.tlJI),