‹ Histoire de GignyChapitre 136 sur 356 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

car on trouve qu'il y assista, le S juin 1546, à un traité 1544 dont oq parlera bientôt, et que , par acte daté de ce lieu , le 23 septembre 1547 , il confirma les franchises de son mandement de Thy. On peut supposer aussi que c'est de son temps que le château de Gigny fut reconstruit ou réparé tel qu'il était avant la fin du dix-huitième siècle, et que c'est à lui que s'applique le mot De Rye sculpté sur une ancienne pierre de ce château, avec une lettre prénominale qui a été piquée en 1793. Cependant, on voit que l'aumônier du prieuré fut son vicaire général pour la spiritualité et la temporalité.

A la fin de l'année 1545 , L. de Rye augmenta encore le 1545 nombre de ses bénéfices, en obtenant l'abbaye d'Acey vacante, dès le 1 novembre, parla mortde Laurent de Rancey ditPuget. Il était naturel que cette abbaye de l'ordre de Citeaux, fondée en 1136 sur la rivière d'Ognon, eût pour titulaire un membre d'une famille depuis long-temps sa bienfaitrice. Aussi , dès et avant le quatorzième siècle jusques dans les derniers temps, un grand nombre d'individus de la maison de Rye choisirent leur sépulture dans cette abbaye.

S 5. A la même époque environ , notre titulaire termina, m{ en sa qualité de seigneur, un gros procès avec les habitants ^ jgg de Gigny. Le différend était relatif au droit d'usage de ceux-ci dans les bois communaux, au mode de leur jouissance, à la faculté d'y faire des fours à chaux et des fourneaux de charbon, à leur banalité ou réserve. Il avait encore rapport aux franchises des habitants, au droit de pèche dans la rivière de Suran, et à celui d'amender les contrevenants en matière rurale. Les bois communauidont il était question portaient alors les noms suivants plus ou moins reconnaissables dans ceux d'aujourd'hui : Echaudées, Vulgreney, Combe Burnest, Combe du BuaHer, Grand' côte du Sauget, Bra$ du Sauget , Grand fond du Sauget, Forêt, Lozières, Sur la Boche, Sous la Boche, Montée des Combes, et Mal Geneyvre.

210 HISTOIRE DI CIGNT.

I54€ Ce proeès avait commencé en 1529 , du temps du prieur Antoine de Vergy, devant le juge châtelain de Gigny , a la requête de Barthélémy Devif , substitut du procureur de monsieur de Gigny. La procédure dura long-temps « et les habitants furent enfin condamnés, le 20 octobre 1544, aux assises tenues par le bailli du lieu. Leséchevins ayant appelé de cette sentence, leur appel fut jugé, le 24 juillet 1545, par Désiré Vauchier, docteur endroit, lieutenant au bailliage d'Aval au siège deMontmorot, lequel, c après grande el « mûre délibération du conseil et le saint nom de Dieu , c souverain créateur préalablement invoqué, » donna gain de cause aux habitants de Gigny. Cest de ce jugement qui dépose aux archives de cette commune , que le procureur d'office du prieur appela à son tour en cour de par* lement a Dole , et cet appel donna lieu a la transaction énoncée.

c. iss. On peut lire , parmi les preuves de cette histoire, les diverses et nombreuses dispositions de ce traité fait le 2 juin 1546. On y verra, entr'autres choses, que le seigneur, alors en personne à Gigny, reconnut de nouveau la libre et franche condition des habitants, et de leurs successeurs ou descendants ; qu'il leur reconnut aussi le droit de pécher en la rivière de Suran, a l'exception de l'écluse ou erreux de son moulin banal ; que les bois de la Forêt et de la côte de Sauget tarent déclarés banaux ou propres au seigneur, sauf aux habitants le droit de vaine pâture en temps convenable, etc. On a cru devoir aussi publier et conserver ce long traité , parce que 1.° on y trouve la liste d'un certain nombre d'habitants de cette époque, d'après laquelle on connaît les familles qui se sont éteintes et celles qui peuvent encore s'enorgueillir aujourd'hui de subsister depuis plus de trois cents ans ; 2.° on y lit les noms des religieux et officiers claustraux de cette époque ; 3.° il y est question de l'église paroissiale, du château , de la ville , de la châtelleme et du

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