‹ Histoire de GignyChapitre 153 sur 356 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

sainte Marthe, etc... I! est à regretter qu'elles aient été trop 1644 animées de l'esprit de prosélytisme.

En effet, ces bénédictins réformés cherchèrent naturellement h faire de la propagande, pour accroître leur congrégation du plus grand nombre de monastères possible. Ils croyaient peut-être avoir atteint un plus haut degré de perfection, et ils voulaient en rendre les autres participants ; ou mieux, comme on le verra, ils avaient pour but de satisfaire leur ambition et de s'emparer toutbonnement et des abbayes et des prieurés qui venaient à vaquer.

Les établissements de Baume, de Saint-Claude et de Gigny, se trouvant sans doute dépeuplés et comme vacants , par suite des calamités dont nous avons parlé, les religieux réformés tentèrent de s'y introduire. Comme en 1630, 1631, 1632 et années suivantes, ils s'étaient déjà établis dans l'abbaye de Luxeul, dans celle de Saint-Vincent de Besançon, dans le collège de Saint-Jérôme à Dole, dans le prieuré de Vaux-sous-Poligny, etc., ils crurent facilement réussir; mais ils rencontrèrent uue résistance à laquelle ils s'attendaient peu. Un mandement de garde du parlement de Dole, confirmé par le roi d'Espagne, le 18 juillet 1645, maintint 1045 d'abord ces trois monastères dans leur privilège de ne recevoir aucun religieux qui ne fut gentilhomme de naissance et qui ne fît preuve , devant quatre témoins , de quatre quartiers de noblesse de chaque lignée paternelle et maternelle. D'un autre côté , la noblesse de la province , qui comprenait la grande utilité de ces trois établissements pour elle , s'opposa à leurs prétentions. En conséquence , trois membres de ce corps , commis à légalement , messires CI. de Poligny, G. Ph. de Belot et Cl. de Montrichard , assignèrent ces RR. PP. bénédictins réformés devant le parlement de Dole. Or , ces derniers, se trouvant sans doute honteux et peu fondés dans leurs prétentions, se laissèrent condamner par défaut le 23 août 1 647. Par l'arrêt intervenu, 1 647

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il leur fut défendu de troubler a l'avenir, directement od c indirectement , la noblesse dans la saisine et jouissance où

elle était de fournir exclusivement, de tout temps, des religieux a Saint-Claude, Baume et Gigny.

1651 Quelques années après , en 1654 , sur la demande de la c JM chambre de la noblesse , les états de Franche-Comté supplièrent unanimement le souverain de la province de déclarer que , conformément a l'usage de tous les temps , on ne pouvait recevoir pour religieux dabs ces trois monastères que des gentilshommes de nom et d'armes, à l'exclusion de tous autres, et que l'arrêt précédemment rendu à cet égard devait être exécuté entièrement. Sur quoi, le roi déclara qu'il maintenait et conservait à la noblesse le droit qu'elle réclamait et qu'elle possédait depuis un temps immémorial.

S 10. Malgré cet arrêt du parlement, malgré cette déclaration royale, les bénédictins réformés revinrent a la charge et tentèrent de nouveaux efforts pour s'emparer de ces beaux et riches bénéfices. Mais aussi, la noblesse ne se lassa pas de la lutte, et se trouva toujours sur la brèche contre ses opiniâtres et cupides adversaires.

M On voit par un inventaire, que, le premier septembre

1663, il avait été fait un traité entre le prieur de Gigny et les bénédictins de la congrégation de saint Vanne et de saint Hidulphe du collège de Saint-Jérôme de Dole , prétendant à une année du revenu de Gigny, comme d'un bénéfice de leur ordre vacant par la démission du prieur. M En 1678, il y avait un procès entre les religieux de Gigny

et les bénédictins réformés, qui voulaient toujours s'approprier les trois nobles monastères. Or, au mois d'août de cette même année, les chevaliers de la confrérie de sa'mt Georges l|3*)

(i3$) La Conjririt des chevaliers d« tmint Gtorgis ou de Rongesnont était une s'eiété de gentilshommes, oh l'on n'était reçu qn'en Taisant preuve (selon un statut de tSSS renouvelé d'un autre plu* ancien) de quatre quartiers de nobtesae paternelle et de quatre quartiers de noblesse sBatcrnelle. Il fallait, en outre, tenir des Gels dans 1« province, ou être d'une famille noble originaire de

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