‹ Histoire de GignyChapitre 160 sur 356 · CHAPITRE XLYI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLYI

manche de chaque mois; 6.« enfin celle de la confrérie de 1683 saint Taurin, chaque premier mardi mensuel.

Ce règlement donne lieu à une pénible réflexion sur l'oubli et l'ingratitude des hommes envers les auteurs de fondations pieuses. Pourquoi n'est-il pas question dans ce règlement des messes ou services anniversaires fondés en 1359 par le prieur Guillaume, en 1383 par Jean de Marigna, en 1390 par Guillaume de Beaufort, en 1402 par Jean de la Grange, en 1435 par Humbert de Chatard, en 1504 par A. Guichard, en 4524 par Jean Escalate et Jean Tissot, etc.! Pourquoi ce règlement ue renouvellc-t-il pas au moins, à leur égard, l'article 10 des statuts tout récents de 1664? Mais, ce n'est pas tout; le petit nombre des fondations pieuses du règlement en question finit aussi par être oublié. En effet, nos religieux, réduits au nombre de cinq en 1756, disaient que depuis plus de vingt ans, ils étaient obligés de recourir à des prêtres séculiers pour acquitter les fondations. Les habitants de Gigny disaient aussi en 1787 que l'acquit de toutes ces messes avait toujours été laissé à la discrétion et sur la conscience des nobles chanoines. Or, ces locutions signifient assez que toutes ces fondations n'étaient plus acquittées.

& 8. Les habitants du Yillars, comme on a vu , avaient 1685 demandé à nos religieux à essarter et à acenser perpétuellement leur bois de la Bioiée ; mais on n'accéda à leurs désirs qu'en 1685, année où le prieur leur concéda l'acensement, moyennant la redevance annuelle de quatre pareils de froment et autant d'avoine, portant lods, vends, retenue et seigneurie , même à la condition de mainmorte et de dîme ordinaire.

L'année suivante, uu autre acensement fut fait d'un autre 1686 bois de douze journaux, faisant partie de celui qui avoisine le territoire de G raye et qui porte aujourd'hui le nom général de Boit dit Moulin. Cet acensement fut concédé moyennant la

250 BItTOI&B DI GIGNY.

rente annuelle d'une mesure de froment et d'une mesure et demie d'avoine, portant aussi ïods, vends et seigneurie. 1087 $ 9. On trouve ensuite que le 27 juin 1687, le prieur et soigneur de Gigny acensa temporairement, ou loua par un long bail, le mou% banal de Gigny.

rian p. qd jgnore i'époqUe de la fondation de ce moulin qui parait très ancien. On voit seulement qu'il en est déjà question dans le terrier de 1543 et dans un autre titre de 1546, sous les dénominations de moulin de Monsieur, de moulin banal de M. le prieur, ainsi que de Erreux ou Esclouse, dans laquelle il était défendu aux habitants de Gigny de pécher, sous peine de l'amende de sept sols estevenants. Le bief du Châtelain, servant au dégorgement des eaux surabondantes, est aussi mentionné h la môme époque, ainsi que dans beaucoup d'autres titres postérieurs.

Près de la chaussée de cette écluse, il y avait, dans le seizième et dans le dix-septième siècle, des établissements de tanneurs que les anciens actes désignent sous le nom de pelam, lesquels n'ont disparu peu h peu qu'après l'année 1 730. D'autres pelans, ou fosses- de tannerie, existaient alors en certain nombre et ont même existé jusques dans ces derniers temps, le long du ruisseau de la Sarrazme. Il est à regretter que ces établissements si bien établis pour les eaux, la chaux, le tan et le bétail nombreux du pays, aient cessé dans un lieu ou il n'existe d'ailleurs aucune branche d'industrie, aucune manufacture.

Avant l'année 1687, le moulin de Gigny dépendait du bail de la mense prieurale. Le fermier-général l'avait sous-loué en 1677, moyennant dix pareils de froment, l'avoine à l'avenant et trente livres de chanvre battu. Six ans après il le sous-loua de nouveau, moyennant 44 écus blancs, un cochon en valeur de six écus blancs et six chapons. Quant a notre prieur, après l'avoir loué temporairement, en 1687, il l'ap,an «■ censa à perpétuité, en 1705, avec le p<? de VAvent, voisin de

Page 1