CHAPITRE XLTI
leur pré du Breuil. Ces seigneuries leur appartenaient sans 1693 doute depuis un temps immémorial , comme celles des uulres membres de labaroniede Cuiseaux. On voit qu'en 1541 ils obtinrent une sentence qui les maintenait dans le droit exclusif de rendre la justice à Condal , d'y donner des tuteurs et d'y dresser des inventaires, avec défense aux officiers du seigneur de Cuiseaux de s'y immiscer a l'avenir. On voit aussi que le cellérier de Gigny jouissait autrefois du terrier de celte seigneurie, qui fut renouvelé, en 1545, en faveur de son office, devant N... Trcbillet, notaire a Saint-Amour, et P. Colassin, notaire a Cuiseaux , et que le pitancier du même monastère percevait en 1441 les cens de Balanoiset, hameau de Varennes. Ces deux seigneuries furent sans doute réunies à la mensc capitulaire, après la suppression de ces deux offices. Selon les terriers, celle de Balanoiset ne rapportait à nos religieux, en 1693, que 3U 18** en deniers censaux, plus les droits éventuels de lods et de mainmorte. Mais , à la même époque , celle de Coudai produisait annuellement 63 5" de cens en argent, deux pareils de blé de moulin , 17 quartaux et un rez d'avoine , 107 pots de vin, 13 gelines ou poules, deux corvées et 1 2U de chanvre. Le seigneur y avait, en outre, la justice moyenne et basse, avec les droits de lods, de retenue et de mainmorte.
La vente de ces seigneuries, passée devant Philibert Macaire, notaire a Cuiseaux, fut faite moyennant une rente annuelle et perpétuelle de 240 francs, non compris celle de 24 francs que l'acquéreur devait déjà pour l'affranchissement concédé à un de ses ancêtres.
La seigneurie de Condal fut revendue, en 1768 , moyennant 160,000 francs, par le fils ou le petit-fils de G. Irebillet et par M. d'Astorg, son gendre, à Pierre deChaignou; ministre du roi , résidant à Sion en Valais.
Au reste, nos religieux ont joui jusqu'à la fiu delà rente
258 niSTO mi di gignt.
1693 de 240 francs, prix de l'aliénation première, et encore de deux autres créées à leur profit , en 1699 , par le même acquéreur , on ne sait pour quels motifs, l'une de 180 francs et l'autre de 180 francs. Ils ont aussi continué à jouir de la dime de Condal et du pré du Breuil, loués ensemble l,2i0 francs, déduction faite de la portion congrue du desservant. Quant au patronage de la cure, il a toujours appartenu à l'office de l'aumônier du monastère , du moins déjà avant 1510, et cet officier claustral percevait du curé, d'après un traité de 1556, une redevance annuelle de 4 francs pour ce droit.
S 16. En la même année 1693, la fondation delà chapelle de Sainte-Croix , dans l'église paroissiale de Gigny, fut renouvelée, ainsi qu'il a été expliqué au chapitre XVII. Nous n'y "reviendrons donc pas; mais à cette occasion, on dira qu'il existait aussi à Gigny deux chapelles rurales , non compris celle de Saint-Taurin qui aura son article particulier. L'une, située entre Gigny et Cropet, dans la localité des Arimères, nommée chapelle de la darne Goyt avait été fondée, dit-on, par une dame de ce nom. Elle est figurée sur la carte de Cassini levée en 1744; on y allait processionnel lement un jour des rogations , et elle n'est tombée en ruines que depuis quarante ans.
Quant a l'autre chapelle, elle était située à soir du pont, près de la tuilerie , là où les chemins actuels de Grave et de Véria s'embranchent. Les vieillards actuels ne l'ont jamais vue, et elle n'existait déjà plus en 1741 , puisqu'elle n'est pas figurée sur la carte dressée alors. Mais , on voit qu'en 1705, on la désignait encore sous le nom de Chapelle A'.-D., et qu'en 1675, elle avait donné la dénomination aux champs du voisinage qu'on appelait , à cause d'elle, devant la Oiapelle , et aussi les Cloitels. Une croix commune la remplaça, et après la mission de 1776, on y en éleva une belle en pierre qui reçut le nom de croix de mwion, et qui fut abat-