CHAPITRE XLVI
tue en 1794. C'est seulement depuis trente ans qu'elle a été 1693 renouvelée par celle qui s'y trouve aujourd'hui.
Puisqu'il vient d'être question de croix, nous mentionnerons : 1.° la Croix chômée, érigée au lieu dit es trois chênes ; 2.° celle du faubourg de la Creuse * ; 3.# hi croix Poly, ' pij« B. plantée au midi du bois de Biolière et h l'embranchement du chemin d'Andelot, par un nommé Poly, qui y avait été effrayé ; 4.° celle du faubourg du moulin , près de pian s. l'ancien chemin de la prairie qui, déjà en 1570, conduisait en Vlsle. Toutes ces croix furent abattues pendant la révolution ; mais une cinquième, qu'on nommait croix de mission en 1691 , n'existait plus depuis long-temps en 1793 , et les vieillards ne l'ont même jamais vue. Elle se trouvait près du pâquier du Vernois, en allant à Graye. C'est dans ce pâquier réclamé, comme on a vu, par le prieur, qu'une vieille croyance superstitieuse fait promener en carrosse, toutes les nuits, la dame verte, dont on effraie l'esprit des enfants.
Au reste , quelques-unes de ces croix faisaient peut-être partie des quatre croix qui désignaient anciennement l'enceinte de chaque village, et du lieu où ôn pouvait bâtir des maisons, comme les quatre croix des cimetières, encore subsistantes dans quelques-uns , en fixaient les limites.
§ 17. Le prieur Abr. de Tbesut renouvela, en 1699 , avec ses religieux, le concordat de 1554, qui règle les droits, devoirs et obligations de chacun d'eux , et dont on a parlé au chapitre XLU.
D'après ce concordat et d'après un usage constant, bien antérieur même h 1521, les religieux de Gigny, comme on a déjà dit , allaient en procession à l'église de Graye , le mardi des rogations. Après avoir été reçus avec la bannière par le desservant du lieu , ils y célébraient solennellement la messe et ensuite ils déjeunaient au presbytère ou sous le tilleul du cimetière. Le curé de Loysia et Graye leur devait ce déjeûner frugal qui ne consistait, dit-on, qu'en uu potage de millet
200 HISTOIRE DE GIGSY.
^*<J suivi de la tarie verde, et pour lequel le prieur de Gigny lui livrait une prébende d'un pain de couvent et de deux pintes de vin , par chaque moine. Or , ce pasteur s'étant refusé, en 1699, a remplir son obligation, il fut assigné en justice le 19 juin; mais il traita, et se soumit le lendemain. Dès-lors, cette procession a continué d'avoir lieu, même du temps des chanoines sécularisés, jusqu'à la dissolution de leur noble chapitre , et un vieillard actuel de Graye se rappelle encore de les y avoir vus venir et déjeûner. Après le repas, le desservant était obligé de les reconduire avec le même cérémonial qu'à leur réception. Le enré de Loysia faisait aussi une procession des rogations h Graye, mais laquelle ne coïncidait pas avec celle de Gigny. Au reste, le desservant de 1699 ne fut pas le premier qui chercha à se soustraire à t'acquit du déjeûner dont il s'agit. On voit qu'en 1521 , un sieur Gaillard, qualifié amodiateur de la cure de Graye, s'étant mal acquitté de ce devoir, une plainte fut portée contre lui à l'archevêque diocésain, dans laquelle on disait que tes prédécesseurs curés et vicaires avaient accoutumé de bien remplir ce dévoir. Or, cet ecclésiastique s'étant excusé sur ce que, nouvellement en possession, il connaissait peu les usages de cette église, les moines de Gigny lui pardonnèrent, à condition qu'il les recevrait plus honnêtement à l'avenir, et qu'à la féte de saint Taurin, il leur fournirait deux moutons.
1701 § 18. On a déjà vu que le prieur avait, en sa qualité de seigneur haut-justicier, la banalité du four sur les habitants du bourg de Gigny, et ce droit féodal était de toute ancienneté. Il est établi par le terrier de 1543, que le bois de la Biolière («*) était destiné à chauffer ce four banal. On lit
(144) Il se. a* satisfaisant de connaître la sens et l'élymolugie de ce mot Biolikre, deui on retrouve le radical dans la Biolètt bois du Vitlars ; dsns le Bimiajr et !■ Blolty, hameaux de Pjrmorin et de Marnczia ; dans Is Bi9l*j9 , hameau Je Coitta ; dans ffrW/fort, hameau de CuHafond, etc..