CHAPITRE LI
« susdite dignité de doyen , et que lesdits religieux pren- « dront rang et séance au chœur de la nouvelle église col- « légiale et chapitre, suivant la supériorité de leurs offices, « etc. Signé Louis et de Voyer.
Dix jours plus tard, le 28 mai 1757, le roi étant en son conseil « ordonna que la moitié des fruits et revenus de la « mensc conventuelle de Gigny, ensemble ceux entiers du a prieuré de Gigny et des prieurés de Dompseure, Marboz, « etc., à mesure qu'ils viendraient à vaquer par les décès ou a démission des titulaires, seraient perçus, régis et mis en « réserve par les grand-prieur et religieux de Gigny, pour « être employés aux frais de la sécularisation , prélèvement a préalablement fait sur iceux des charges. Fait S. M. audil a sieur de la Fare, prieur commendataire , défense de noma mer aux places monacales , et aux grand-prieur et relio gieux de Gigny de recevoir aucuns novices à profession, à o compter du jour du présent arrêt, ni résigner lesdits ofo fices claustraux, comme aussi fait défense d'impétrer les- « dits prieurés en cour de Rome, a peine de nullité des a provisions qui en pourraient être obtenues, etc. »
Cet arrêt fut ensuite signifié à MM. de la Fare , prieur de Gigny, Bret de Chambornay, Dagay de Clairvaux, Jard de Saint-Laurent, Dorival de Poitte, Sailly de Marboz, et Jacquier de Chatonnay.
§ 5. C'est en cour de Home que se rencontrèrent les plus grands obstacles. A la vérité, le pape et les cardinaux du consistoire s'inquiétaient peu de laisser les moines de Gigny cloîtrés ou de leur donner la liberté. Mais l'affaire essentielle était d'en tirer le plus d'argent possible et de leur faire payer cher la satisfaction d'être sécularisés , surtout en les voyant si empressés et en les connaissant si riches. Tout était vénal dans la Rome chrétienne d'alors, comme dans celle du temps de Jugurtha, qui disait : Omniavenalia Borna. On négocia et on marchanda probablement long-temps, comme les moines
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de Tournas avaient fait autrefois, pour faire modérer la taxe énorme que la cour de Rome imposait. Enfin, après plus de 1760 lrois ansde longueurs, et au moyen de la sollicitation du c 1W* roi de Frauce, ils obtinrent du pape Clément XIII une bulle de sécularisation, en date du 21 juillet 1760, adressée a l'official de révéché de Saint-Claude, chargé de la fulminer et de la mettre à exécution.
On ne sait pas positivement ce qu'il en coûta à nos religieux pour obtenir cette bulle et subvenir h tous les autres frais, mais on voit qu'ils empruntèrent 69,674 francs en différentes fois. Leurs ressources, pour rembourser ces gros emprunts, n'ayant consisté d'abord et pendant long-temps que dans la moitié de la mense capitulairc, ils ne purent y parvenir qu'après bien des années, et seulement même lorsque le prieuré de Poitteet d'Ilay fut devenu vacant en 1768, celui de Harboz en 1769, et l'office de sacristain en 1771, par la mort des titulaires. Ce fut seulement aussi par suite de ces vacances, qu'à la demande réitérée des quatre anciens religieux, le roi put nommer les premiers nouveaux chanoines de la collégiale, c. 1*3. § 6- Par les dispositions de la bulle, le souverain pontife chargea l'oflicial de Saint-Claude de déférer aux désirs exprimés, non-seulement par nos religieux et leur prieur commendataire, et par le roi de France, mais encore par les habitants et les ecclésiastiques de la paroisse de Gigny. 11 lui donna donc plein pouvoir de séculariser l'antique monastère deBernon dans son chef et dans ses membres; de relever ces derniers cénobites de leurs vœux, à l'exception de celui de chasteté, et de convertir leur établissement régulier en une collégiale et en un chapitre noble, royal et séculier, sous le double vocable de Saint-Pierre et de Saint-Louis. Trop crédule dans l'exposé de nos religieux désireux de la liberté, il motiva cette haute institution à Gigny, sur ce que ce lieu était une ville illustrée par la résidence de plusieurs familles