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CHAPITRE LI

1ère, accorda h nos futurs chanoines la décoration ou le port 1760 d'une médaille honorifique dont il sera parlé bientôt. Cependant, avant la fulmination de cette bulle, si long-temps attendue, nos religieux eurent encore à remplir une dernière formalité, à faire un accord avec l'évêque, à en obtenir un dernier consentement, et ce ne fut pas celui qui leur coùia le moins. Ils avaient été obligés de faire des sacrifices d'argent k Rome. Mais h Saint-Claude , il fallut non-seulement céder des droits lucratifs en même temps qu'honorifiques, mais encore s'humilier pour secouer enfin le froc monacal.

Voici les principales conditions du concordat qui fut fait entre eux, le 29 novembre et le 2 décembre 1760. Elles font apprécier en même temps les grandes concessions des religieux de Gigny et la vanité du prélat de Saint-Claude.

o 1 . L'évêque se réserve, pour lui et ses successeurs, pleine m « et entière juridiction et correction sur les membres du cha- « pitre et du clergé inférieur ;

« 2. Il se réserve aussi l'examen et la sanction des statuts a présents et à venir des chanoines ;

a 3. Il exige la production d'un état assermenté des fono dations et revenus du monastère ;

o 4. Les chanoines n'auront plus de juridiction curiale sur c les églises dépendantes de leur ancien prieuré ;

« 5. Us ne porteront la médaille qui leur a été accordée a par le roi qu'après avoir été promus au sous-diaconat, et a après en avoir demandé l'agrément à l'évêque, et lui en a avoir fait la politesse ;

o 6. Ils feront d'abord profession de foi entre ses mains et a ensuite en présence du chapitre, avanlde prendre possesa sion de leurs doyenné ou canonicats ;

c 7. L'évêque pourra convoquer le chapitre quand bon « lui semblera, et le présider; il y aura voix délibérative et « prépondérante ;

290 HISTOIRE DI CIGNT.

a 8. La collation des cures et bénéfices dn diocèse lui re- « viendra et cessera d'appartenir aux chanoines ;

€ 9. Étant à Gigny, le jour du jeudi saint , il officiera ; et « assisté par tout le chapitre, il fera le lavement des pieds «hdes pauvresjet des chanoines ;

a 10. Étant au choeur, en l'église, sans officier, le prêtre a en tour de messe lui présentera^l'aspersoir ; le prélat le « prendra de sa main, s'aspergera lui-même et aspergera «^ensuite celui qui lui aura présenté le goupillon;

« 11. Uf prendra ]aussi l'instrument de paix ou patène de « la main de celui qui le lui présentera, le baisera et le lui a rendra;

o 12. L'officiant saluera l'évéque avant de commencer la c messe, et recevra son salut ;

«13. L'évéque bénira l'encens, ainsi que l'eau pour le cac lice ; le livre des évangiles lui sera présenté à baiser;

c 14. Les chanoines se lèveront pour le saluer quand il c marchera dans le chœur ;

« 15. Le doyen et les chanoines seront profondément int clinés, et le bas-chœur sera à genoux, quand le prélat a donnera sa bénédiction épiscopale ;

a 16. 11 pourra faire faire des exercices de mission dans a l'église collégiale, quand il le jugera à propos;

« 17. Il visitera les reliques de l'église, avec suite, à son c gré, quand il voudra ;

a 18. Il déterminera l'habit de chœur pour les cha- « noines;

« 19. En toutes circonstances il sera reçu au son des a cloches. »

S 8. Toutes ces formalités ayant été remplies, nos cinq religieux présentèrent une requête à M. J.-Fr. Villermedes Villars, docteur en théologie, prieur commendataire de Go- Jigny, et officiai du diocèse de Saint-Claude, en l'invitant a venir fulminer la bulle de sécularisation et installer le non-

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▼•au chapitre. Ce commissaire apostolique se rendit donc h 1700 Gigny, avec le promoteur du diocèse, dans les premiers jours du mois de décembre. Il y procéda encore a une enquête sur la nécessité et l'opportunité de cette sécularisation, et le témoignage d'un grand nombre d'ecclésiastiques, de gentilshommes et d'habitants du voisinage établit l'utilité de la mesure. 11 en résulta que, depuis un temps immémorial, il n'existait plus de cloître fermé proprement dit, plus de maison pour les novices, plus de dortoir, de réfectoire ou autres lieux communs ; que l'entrée de ce prétendu cloître était dépourvue de porte et paraissait n'en avoir jamais eue; qu'un petit chemin ouvert permettait de sortir du côté du sud, et que quelques habitations claustrales avaient des issues par leurs jardins sur la campagne et même des portes sur la place publique ; que la cour de ce cloître était fréquentée jour et nuit par les habitants de Gigny qui venaient chercher de l'eau à la fontaine des religieux, lesquels le toléraient, parce qu'il n'y en avait point d'autre dans le bourg; qu'enfin on ne pouvait pas rétablir la régularité dans ce monastère. Le commissaire dressa ensuite de longs procès-verbaux pour constater l'état des lieux, de l'église, du cloître, des maisons monacales et des jardins ; les revenus et les charges du prieuré en général, et de la mense conventuelle, des offices claustraux et des prieurés ruraux en particulier ; le nombre des cures à la nomination des religieux ; celui des fondations

pieuses; etc....

Enfin, le 14 décembre il fulmina la bulle, avec grande cérémonie, en présence de Mgr. L.-A. de Lezay, évéque d'Évreux, de son parent M. deMarnézia, lieutenant-colonel, du marquis de Balay, du comte de ftomanet, du baron de Cressia, de plusieurs ecclésiastiques et d'un grand concours de personnes. L'oflîcial ayant exhibé la bulle apostolique aux religieux, dans leur chambre capitulai re, et ayant été invité par eux a célébrer la messe, entonna le Veni Creator, fit don-

292 msToiRE ce CIGNT.

1TG0 ner lecture par son secrétaire de cette bulle ainsi que do Ul- décret de fulini nation, releva les cinq derniers cénobites de leurs vœux, à l'exception de celui de chasteté, les proclama doyen et chanoines de la collégiale, les engagea a remplir avec zèle les obligations de leur nouvel état, et assigna h chacun d'eux sa place, selon la prééminence de leurs offices. Ainsi le i.*r canonisât fut assigné à M. de Faletans, doyen, le 2.e a M. de Montbozon, chambrier, le 3.' à M. de Balay, sacristain, le 4.* a M. de Moyria, infirmier, le 5.* a M. de Gonssans, ouvrier Il se réserva de statuer plus tard sur la sécularisation des prieurés ruraux.

< 1 5 1 ) Des notices sur chacun des cinq derniers membres dn prieuré de Gi* gny intéresseiont peut-être quelques lecteurs. Ou trouvera bientôt celles qui concernent MM. de Pal et eus et de Moyrie; yoîcî celles des trois autres religieux*

i.° Ëlconore-Alexandre deB*lot de Monfbotoh, religieux pendant près de So ans 1* coiîfrérie de St.»Georges en 1 749, infirmier d'abord, puis chambi 1er

du prieuré, et chanoine de la collégiale, mourut à Gigny le 14 j uin 170,1. 11 était de la maison de Belot, originaire de Noseroy, qui portait d'azur à trois losanges d'argent, an chef d'or bastillé de trois pièces. Cette maison s'était subdivisée en branches de Vil cite, de Larriaos et de Montbozon. Les armoiries des deux premières étaient celles de Belot, mais la dernière portait de sable à cinq bandes d'argent pleines et ondées alternativement 1 M. de Monibozou était cependant neveu de M de Larriana. Les deux communes ainsi nommées existent dans l'arrondissement de Vesoul « et on trouve déjà Oditon de Montbozon en 1140, R** naud de M. en ia3f , Pierre de M* en 1 J17.

a.* Hugues de Balajr-Mirigna, religieux dès ift 3, ensuite ouvrier, puis sa» crisUin du prieuré, tioisième chanoine dn chapitre séculier, mort à Gignj en I77is était d'une ancienne famille qui possédait déjà, au xu.« siècle, la seigneurie de B*l«y% bourg de Champagne en Rhétetois. Un de ses membres vint s'établir, en 1107, à Seint-Martin-la-Patrnuille, près de Joncy (Sa6ne~ct-Loirc), dont un hameau porte encore le nom àtBalmy. Il transmit cette terre qu'il avait eue en pu-luge à ses descendants qui l'ont possédée pendant plusieurs siècles, et dont l'un l'augmenta de celle de Bains, par son mariage avec Catherine de Rocheba* ron. Or, p»Ttni eux on distingua surtout Jtan d* B.% l*nn des plus fidèles serviteurs de Charles-le-Téméraire, déVnier duc de Bourgogne Ayant été fait prison* nier, il obtint sa liberté en promettant de ne pins monter à cheval et de ne plus porter de cuirasse ni d'armes à feu à la guerre. Cependant , pour être fidèle a son serment et continuer en même temps ses services à son prince, il prit une mule pour monture, s'habilla de peau de buffle, et, armé d'une maasue, il se

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