‹ Histoire de GignyChapitre 187 sur 356 · CHAPITRE LIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIT

que ce sacristain avait toujours été qualifié de curé primitif 1762 dans les titres et jugements des seizième et dix-septième siècles, au lieu que le curé de Gigny n'y était qualifié que de vicaire perpétuel; que le curé ou vicaire assistait avec ses paroissiens aux vêpres et aux processions des cinq fêles de Noël, Pâques, Pentecôte, Saint-Pierre et Assomption de N.-D., ainsi qu'à celles des rogations, de la Fête-Dieu , de saint Taurin et de saint Marc ; mais qu'à toutes ces processions les religieux avaient le pas ou la préséance , et que l'un d'eux portait l'étole en signe de juridiction et de supériorité de la mère-église (ecclemœ matrici servetur honos ) ; que ces divers usages avaient été observés jusqu'il l'attentat du curé Morel, ce qui constituait une possession appuyée de titres de plus de 500 ans; qu'enfin, les appelants réunissaient les trois circonstances qui établissaient la qualité de curés primitifs, savoir : 1.* la présentation à la cure ou le patronage; 2.* la jouissance des dîmes; 3.° la ^perception des oblations.

(1S4) « Le curé d« Gigny, disaient tes chanoine* dent leur mémoire, doit es- « tifter dent lee processions dont il a été perlé, et les religieux y président. La « pins solennelle est celle de la Fête-Dieu. Alors* le curé on son Ticaire dit la e me« se de paroisse à huit heures, fait une petite procession autour du rfme- « tière des enfants, et Tient stcc les paroissiens précédés de leur croix, dans « l'église du prieuré. Us attendent la fiu de l'office j ensuite la procession part ; « le chanoine, en tour de meut, porte le Saint-Sacrement; le curé ou son vicaire e l'assiste comme diacre ou sous-diacre s Ton Ta par un grand circuit à l'église e de la paroisse qui sert dereposoir, et l'on revient en même ordre dans l'église e prieunle dire la messe, après laquelle chacun se retire, sens garder Tordre de e la procession. Quant aux autres processions de l'Assomption, de saint Marc et « des rogations, le curé, précédé des paroissiens, Tient à l'église du prieuré} il e entre dans le cheaur, sensétole; il ettendls fin des matines après lesquelles la e procession sort ; la croix de la congrégation marche la première; puis celle e de la paroisse, et enûn celle dn chapitre portée par l'un des bedeaux ; les e entants de choeur, les chantres et le curé suivent ensuite les religieux* Celui e d'entre eux qni est de service porte le reliquaire et l'étole. Tel e été, de tout • tempe, l'usage qui s'est observé dans Is paroisse de Gigny. Etait-il donc réservé e eu sieur Morel d'y perler atteinte? etc....»

300 HISTOIRE DE GIGJCY.

L'audace du curé Morel eut la récompense qu'elle méritait. Yoici le texte de l'arrêt qui le condamna :

a La cour a mis et met l'appellation et le jugement dont « est appel au néant ; émendant , a maintenu et gardé , « maintient et garde les appelants et intervenu dans la qua- « lité de curés primitifs de l'église paroissiale de Gigny, et a dans le droit de faire, en conformité de la déclaration de o 1731, le service divin en ladite église, les quatre fêtes a solennelles et le jour du patron ; ordonne en conséquence a que l'intimé ne pourra prendre à l'avenir que la qualité a de curé de Véria , vicaire perpétuel de l'église paroissiale de a Gigny ; déclare que, dans les processions de la Fête-Dieu, c de l'Assomption de Notre-Dame, saint Marc, saint Taurin, « des rogations et autres processions générales ordonnées a par le diocésain , les appelants et intervenu auront la « préséance sur l'intimé et son vicaire, et le droit d'y porter a le Saint-Sacrement et les reliques ; ordonne qu'a cet effet a l'intimé ou son vicaire sera tenu, moyennant prébende a qui lui est due, en vertu du concordat du mois de mai a 1554, d'assister auxdites processions générales et de se c rendre en l'église collégiale avec le peuple assemblé, où a il aura le droit de porter l'étole ; lui défend d'y troubler a lesdils appelants et intervenu, aux peines de droit, sauf à a l'intimé ou à son vicaire de faire les processions parti- « culières de ladite paroisse, comme il trouvera convenir, « en se conformant au rituel du diocèse ; maintient de plus a les appelants et intervenu dans le droit exclusif de faire c enterrer dans le cimetière du chapitre de Gigny les pa- « roissiens dudit lieu, à l'exception des enfants qui n'ont or pas encore fait leur première communion, lesquels seront « enterrés, comme du passé, par l'intimé ou son vicaire, c dans le cimetière de ladite paroisse ; ordonne à l'intimé « ou h son vicaire, après la présentation faite a l'église a paroissiale des corps des défunts de l'âge au-dessus de

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