‹ Histoire de GignyChapitre 208 sur 356 · CHAPITRE L1V · texte numérisé non relu

CHAPITRE L1V

le 15 juillet 1790, d'acquérir la plupart des biens du mo- 1790 nastère supprimé situés à Gigny et à elle adjugés, le 12 février 1791, par rassemblée nationale, non plus que la vente des I7f 1 maisons canoniales elles-mêmes, faite en 1793 ; mais on men- 171 3 tîonnera certains autres événements de cette dernière année et de la suivante, comme ;

La transformation de l'église collégiale en Temple de la raison, avec inscription portant que le peuple français reconnaît l'Être tuprême et immortalité de l'ame, puis la célébralion, dans cette maison dédiée a l'être suprême, de l'anniversaire de la punition du dernier roi des Français ;

L'enlèvement des croix surmontant les clochers, et le renversement de celles qui étaient érigées ça et là dans la commune ;

La descente des cloches livrées pour être fondues en canons républicains;

L'auto-da-fé ou incendie déplorable des charteset titres de 1 79 i l'antique monastère, exécuté au son des cloches et des tambours, suivi d'un repas patriotique et précédé d'une proclamation municipale où l'on disait que le fanatisme était un songe évanoui, que tous les frères républicains devaient se réunir pour célébrer en fête cette mémorable journée l|7°J ;

La profanation des saintes reliques qu'on dispersa ou c qu'on attacha a l'arbre de la liberté ;

La spoliation de l'argenterie <m) , du cuivre et des ornements sacrés de la basilique de Bernon^7*), livrés au dis-

<iyo) L'auteur de celte histoire se souvient encore d'avoir assis té, jcUns «âpre* m 1er* enfance, à cet auto-da-fé oh Ton brûla une grosso Toiture de parchemins et de papiers, avec un tableau de saint Louis , la mesnre des cens et des dîmes, etc.;. Six gardiens armés veillaient a ce que rien ne fût soustrait.

07>) On livra 48 marcs d'argenterie, dont près de trois marcs en vermeil , avec laï livret de cuivre. Parmi les objets d'argenterie, on remarquait une croix d'argent de deux pieds et demi de hauteur, deux chandeliers d'argent haché, des calices , des ciboires, des ostensoirs , des encensoirs, etc..

(17 a) On envoya tu district six ornements assortis de dalmatiques et tuniques

17°* trict d'Orgelet , par celui-là même qui aurait dû les conserver ;

Enfin, la persécution de tous ceux qui avaient eu des relations avec les religieux, tant regrettés naguères!

Mais tirons le rideau sur ces temps malheureux.... et laissons dormir en paix ceux qui furent les auteurs de ces excès et qui s'y livrèrent. L'enthousiasme de la liberté , la joie frénétique de se voir affranchis des dîmes et des droits féodaux, l'horreur de l'invasion ennemie, W délire qui agitait tous les cerveaux de cette époque, peuvent, jusqu'à un certain point, leur servir d'excuses. Quant au prêtre devenu procureur de la commune, qui porta des mains spoliatrices sur les autels de Dieu et sur la châsse de ses saints, quoiqu'il n'ait pas rendu à l'église de Gigny l'or, l'argent, le vermeil, la soie ou le cuivre qu'il en fit enlever, il est à croire que Dieu lui aura aussi pardonné ses égarements, en raison de son repentir et de la conduite régulière des dernières années de sa vie

S 5. Gigny devait son importance et son accroissement au monastère qui y avait été établi. Aussi, après la destruction de ce dernier, ce bourg, sans commerce, sans industrie,

eu soie «galonné* an or et argent fan, à l'exception de l'un d'eni galonné ea or véritable; douxe chappet en eoie galonnées, dont l'on» «orrai or | vingt une chasubles en «oie ou en velours, l'une à deux Eacea en vrais galons d'or et d'argent , toute* assorties d'étolea, menipulei et bourses; un tour de dois en soie ; quinze aubes ; neuf tui plis ; trente-cinq nappes ; etc. etc.,

(17J) Cet ecciétias'. ique se glorifiait , dam une lot tic du mois de mars 1704* d'avoir fait 1 quelques mois auparavant, à la société populaire de Gignv» autre» meut au Club, dont il était président , la proposition ou motion d'envoyer à Paris l'argenterie, le cuivre et le fer de l'église du chapitre. H se gioriGait encore de beaucoup d'autres actions analogues empreintes du fanatisme politique et irréligieux le pins oult é.Unautre renégat, membre du district d'Orgelet, écrivait déjà, le 17 octobre 17 »o, à la municipalité de Gignj. que rmrgtmUrio de ion eg/ite collèfimle languissait; que lu Vint* en de venait prtssmmtê. Ainsi donc, à Gigny, comme à Cluny , c'étaient les déserteurs des autels qui voulaient anénniu le Dieu qu'il* avaient quitté.

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et sans débouchés commodes, a déchu comme tous les lieux qui devaient leur prospérité au clergé. Il est devenu et deviendra encore, de plus en plus, simple commune rurale 1 812 agricole, a moins qu'on y établisse quelque manufacture pour occuper les bras surabondants et empêcher les émigrations.

Sa population, au lieu de s^accroltre, comme celle de la plupart des communes de France, a au contraire diminué. Elle était, au mois de janvier 1787, de 1186 habitants, pour les trois communes de Gigny, Cropet et le Villars, non compris les domestiques du chapitre, et six familles d'employés aux fermes du roi. Or, cinq années plus tard, en 1792, elle n'était plus que de 1134 individus; en 1821, elle a été reconnue n'être que de 1024; en 1832, de 1051; et en 1837, de 1050. Chacune des sections de Cropet etdu Villars est d'environ 100 habitants, ce qui réduit à peu près à 850 le nombre de ceux de Gigny seul.

En personnes qualifiées, il n'y a plus en ce bourg qu'un desservant ecclésiastique, un juge de paix, un médecin, un notaire et un percepteur de contributions.

La superficie de la commune est de 1603 hectares, y compris les deux sections, dont 1566 imposables, savoir a Gigny, 1190; a Cropet, 278 ; au Villars, 98.

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