EN GÉNÉRAL, ET DE CEUX DE GIGNY EN PARTICULIER
Il y a bien peu de personnes en nos jours qui aient vu, en 1789, les moines dans leurs cloîtres, et il y en a moins encore qui aient vu pratiquer la vie monacale usitée maintenant dans les monastères de la Trappe , à peu près
fti2 HISTOIRE DE GIGNT.
seuls établissements en France où on puisse l'observer. La plupart des geus ne connaissent les moines que sous des rapports désavantageux , et on croit même généralement aujourd'hui que ces pieux cénobites menaient dans leurs couvents une vie toute consacrée il l'oisiveté , au sommeil , à la gourmandise et a la luxure. Je pense donc faire une chose utile et même agréable a beaucoup de lecteurs, en leur Taisant connaître la véritable vie monastique . les mœurs et coutumes des religieux dans |es monastères bénédictins en général, et dans l'abbaye ou le prieuré de Gigny en particulier. On jugera qu'il y a bien à rabattre des idées qu'on s'en fait actuellement. On verra qu'ils se livraient au travail plutôt qu'a l'oisiveté , a la prière nocturne plutôt qu'au sommeil , au jeûne et à l'abstinence plutôt qu'à la gourmandise ; qu'ils opposaient la pureté à la corruption des mœurs, la pauvreté à la richesse, la soumission à l'indiscipline , l'étude et la culture des lettres à l'ignorance ; etc.
L'abbaye de Gigny, comme on a vu, avait été fondée par 30 Bernon, pour être soumise a la règle de saint Benoit composée, en l'an 530 , par ce chef célèbre des moines de l'occident , pour lesquels, depuis l'an 743, elle devint obligatoire. Cette règle est aussi appelée règle de Bernon dans un opuscule de l'an 1 100 , parce que notre fondateur l'avait grandement mise en pratique dans ses nombreux monastères. C'est donc d'elle que je vais donner une idée , ainsi que des modifications que lui ont fait subir saint Benoit d'Aniane ou saint Eutique en 817, saint Uldaric en 1070, Pierrc-le- Vénérable en 1132, et par la suite plusieurs autres abbés de Cluuy, de même que le concile de Trente.
Art. I.» — Oblais.
c. 43. Le père ou la mère pouvaient offrir un enfant eu bas