‹ Histoire de GignyChapitre 211 sur 356 · chapitre lv. Art · texte numérisé non relu

chapitre lv. Art

il suffisait de constater les degrés de noblesse et l'absence d'infirmités et de payer les droits d'entrée. Le grand-prieur cloltrier donnait ensuite l'habit de novice au récipiendaire, après lui avoir fait un discours convenable sur l'état qu'il embrassait et une exhortation à s'y comporter dignement Après avoir vécu un an sans donner de scandale dans le cloître, il était admis à faire les vœux. Selon nos religieux, c 143. il n'y avait même plus , en 1760 , de maître ni de maison pour les novices ; et cependant , à la même époque , ils mettaient l'entretien du toit de cette maison au nombre des charges de l'office d'ouvrier.

Art. III. — Profession. — Vœux. — Droits d'entrée.

$ !. C'était un pieux et touchant spectacle que celui de la profession ou prise d'habit monastique. Le novice bénédictin renonçait au monde et à ses pompes, pour s'ensevelir vivant dans le cloître dont il ne devait plus sortir. En conséquence , il faisait d'abord un testament solennel par lequel il donnait aux pauvres ou à son futur monastère c, 33. les biens qui pouvaient lui appartenir (m>. On lui célébrait ensuite , comme à un défunt, un service funèbre pendant lequel il était étendu sur un tapis , recouvert d'un linceul , et entouré de cierges allumés. Après cette cérémonie, il faisait sa profession devant toute la communauté , publiquement, soit de vive voix, soit encore par un écrit de sa propre main qu'il déposait sur l'autel. On lui rasait ensuite les c. 33.

(i 74) La profession d'an religieux équivalait à «ne mort civile. Dèe-lors ^ e*it n'unit pas disposé auparavant, ce succession était dévolue à sea héritiers naturels, et même, en cas de renuée dans le siècle, il ne pouvait réclamer les biens qui lui auraient appartenu. Par une jurisprudence honorable pour la rie religieuse, on a assimilé U mort civile des moines a la mort des militaires pour U défense de la paute. Il a été décidé en couséquenec que les premiers drr.ient être comptés , comme les seconds pour exempter leurs pères de la tutelle, Voy. C«4. civ. art é3f . Justin. Instil. I. c, sS.

346 HISTOIRE DE GIGMY.

cheveux ; on proclamait son admission par l'expression solennelle Tontoratus est ; les autres religieux le déshabillaient et le revêtaient du froc ou de la coule bénédictine ; on dressait un procès-verbal de réception ; enfin , on chantait des prières en réjouissance.

S 2. La règle de saint Benoit , même après les modifications de 817, n'astreignait le récipiendaire qu'a la profession du vœu d'obciuaîtcc, avec promesse de stabilité dans l'établissement religieux et de conversion des mœurs < 175 . Plus tard , on y ajouta les deux vœux de chasteté et de pauvreté , qui d'ailleurs résultaient déjà nécessairement, soit de la vie commune, soit de l'isolement rigoureux des sexes, prescrits par les lois de Jusiinien , contemporain de saint Benoît («•>.

Cette renonciation aux biens de ce monde prouve , au reste, le peu de foi qu'on doit ajouter aux légendes et aux chroniques, suivant lesquelles Bernon aurait été moine à Saint-Savin, a Autun et à Baume, avant de l'être à Gigny. En effet, s'il eût déjà fait profession en ces lieux, il n'aurait plus possédé les biens dont il dota l'abbaye de laquelle il fut fondateur et premier abbé. 11 est même fort à croire qu'il n'a jamais resté à Baume.

$3. Il était défendu , sous des peines sévères , de rien exiger pour la réception d'un nouveau moine; on ne pouvait accepter qu'un don purement volontaire. Le concile de Trente, en 1563 , recommande même expressément aux religieux de ne recevoir aucune donation des novices avant la profession , si ce n'est pour la nourriture et le vête-

(17S) Voici la formule «Tan* profession religieuse faite en ia6) t Ego /rater N~* facto pro/ettionemt promitlo tlubilitalêm et convtrsionem mo~ Hun meorum, et obedientiam stcundum régula* tnneli Denedicli, coram Dea et omnibus smnetis in hoc monastmrio quod est comslructwm in honore tancti

AU, im prenait d domini N~ mbéeUis, ei obediemtiam eidem abb*ri ut que ad mon

07«> NovtU Céntùuu, S. la*, i M.

Page 1