‹ Histoire de GignyChapitre 212 sur 356 · cenl écus d'or (environ 1000 francs de monnaie du pays · texte numérisé non relu

cenl écus d'or (environ 1000 francs de monnaie du pays

2. ° cent francs pour don à l'église ; 3.° une pistole (20fr. ) pour chaque religieux prêtre ; 4.° une dcmi-pistole pour chaque moine laïc et autres droits accoutumés. Dans les derniers temps, comme en 1717, on voit qu'un récipiendaire donna 1000 francs de droit d'entrée, et qu'il fut doté en outre par ses parents d'une pension annuelle de 100 francs. Il en fut de même d'une réception en 1730 , excepté que les sommes furent réduites aux deux tiers , par la conversion de la monnaie comtoise en monnaie de France. Souvent , au lieu d'exiger le capital du droit d'entrée , les religieux se contentaient d'une rente perpétuelle de 50 francs ( autrement 33 livres , 6 8 *• ) , créée par le père et la mère du récipiendaire , au profit du prieuré. Je n'ai pas trouvé qu'à Gigny le prieur fût tenu de payer un droit de réception et de bienvenue à ses coreligieux, comme à Saint-Etienne de Dijon , où le nouvel abbé devait leur payer cent écus d'or; mais il est à croire que cet usage y était aussi observé. En effet , on a vu qu'après la sécularisation , non-seulement chaque chanoine devait 500 francs a son entrée , pour droit de -chape , mais que le doyen était encore tenu à une semblable somme, lors de la prise de possession de cette dignité.

Les jeunes profès, ainsi que les novices, restaient encore sous la surveillance d'un custode ou gardien, tant qu'on le jugeait nécessaire.

Art. IV. — Noblesse.

S 1 . L'ancienne société se trouvant divisée en plusieurs cas-

348 HISTOIRE DE OlOWT.

tes , il fallait nécessairement qu'il y eût des abbayes distinctes pour chacune d'elles. Les enfants de la noblesse ne pouvaient, sans déroger ou s'avilir , aller se cloîtrer pendant la vie entière avec ceux des bourgeois et des artisans. De la les abbayes nobles de Saint-Claude , de Nantua , de Neuville , de Lons-le-Saunier, de Baume-les-Messieurs , de Baume-Ies- Dames, de Chàteau-Chalon , de Migette , de Montigny , de Lure, de Morbach, de Porentruy , de Reniiremont , etc.. De là, les chanoines nobles avec titres de comte» à Lyon â a Maçon, a Brioude, à Cologne, etc...

Le prieuré de Gigny était aussi un hôpital ou un asile de la haute classe sociale des deux Bourgognes , et , de temps immémorial , un grand degré de double noblesse était une condition de rigueur pour y être admis. On en trouve facilement la preuve en parcourant la liste des religieux qui l'ont habité, et qu'on voit fous nobles de nom et d'armes. L'historien de la Bresse dit que c'est un argument indubitable que le fondateur du monastère était prince. Il en résulterait donc que le comte Bernon, fondateurde Gigny, aurait été réellement de la race royale Carlovingicnne , comme quelques auteurs l'ont soupçonné. A la vérité, l'abbaye de Cluny n'était pas réservée pour la noblesse, mais aussi Bernon n'en a été que le premier abbé et non le fondateur.

$ 2. On ne peut guère douter que le monastère de Gigny n'ait été destiné- à la noblesse, dès l'institution de celle-ci , puisqu'on y voit déjà des religieux nobles dès le milieu du douzième siècle. Une charte de 1157 semble aussi indiquer qu'à cette époque et même bien avant , l'abbaye de Baume avait la môme destination, nobiliter fundatam. Le titre de comtes de Lyon n'a été accordé , il est vrai , aux chanoines du 'chapitre de Saint-Jean , que sur la fin du douzième siècle ; mais d'un autre côté , le vieil historien Saint-Julien de Balleure dit positivement que « ce « fut sous Gausmar de Salornay, deuxième prieur de Saint-

Page 1