‹ Histoire de GignyChapitre 214 sur 356 · chapitre l v. Art · texte numérisé non relu

chapitre l v. Art

$ 4. La preuve des quartiers de noblesse se faisait a Gigny, conformément aux statuts de la confrérie de saint Georges. A cet effet, l'aspirant au noviciat, ou ses parents, remettaient c m* les titres entre les mains du prieur, ce dernier, h la réunion du prochain chapitre, misait élire deux commissaires qui les examinaient soigneusement et en rendaient compte au chapitre suivant. Si le rapport était favorable et agréé , quatre gentilshommes étaient nommés, lesquels faisaient aussi un rapport de la vérification des titres , et affirmaient , par serment prêté sur les saints Évangiles, devant le prieur et en présence des religieux, que le postulant avait la noblesse requise. Un arrêt du conseil d'état décida t en 1692, qu'après le rapport et le serment des* gentilshommes , les cours et tribunaux ne devaient jamais , en cas de contestation , nommer de commissaires , parce que ce rapport terminait tout différend sur les titres. Cet arrêt fut rendu ensuite M* d'une plainte que l'abbé de Baume , le prieur de Gigny et l'ai) b esse de Chûteau-Chalon avaient adressée a Louis XIV, en lui exposant que le parlement de Besançon s'ingérait dans l'admission des religieux en leurs monastères, et les obligeait d'en recevoir dont la noblesse n'était pas bien prouvée.

Le mode de prouver les quartiers de noblesse était le même dans les autres monastères nobles de Franche-Comté, ainsi qu'a NeuvilIe-les-Dames. Il était encore le même à Tournus, avant la sécularisation, et a Morbach en Alsace , a l'exception que , dans ce dernier monastère, on nommait sept gentilshommes vérificateurs, au lieu de quatre.

Art. V. - Habit. — Costume. — Tonsure.

§ 1. Les vêtements des moines bénédictins consistaient pig. 4,11. principalement en une tunique , une cuculle , et un scapulaire. La ttmiqne était une espèce de chemise de laine blan-

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cbe , sans manches , qu'on portait sur la peau an lieu de linge, et qui descendait jusqu'aux talons. La cuculle, coule, chape, ou le froc , était la robe extérieure garnie d'un capuchon, laquelle revêtait tout le corps, ainsi que la téte et les bras. Enfin , le scapidabre , également muni d'un capuchon, servait surtout a couvrir les épaules , pour garantir la tunique dans le port des fardeaux. C'était le vêtement usité pendant le travail, tandis que la cuculle l'était surtout à l'église et hors de la maison. Postérieurement, les moines ont regardé le scapulaire comme la partie la plus essentielle de leur habit, et ils ne l'ont plus quitté, peut-être par souvenir du travail des mains qui leur avait été imposé. Néanmoins, la coule ou cuculle constituait réellement Yhabit monacal.

Chaque moine avait deux tuniques et deux cueillies, pour en changer, lorsque l'une avait besoin d'être lavée, et il les prenait au vestiaire commun. H recevait aussi de l'abbé ou du prieur, un mouchoir, un couteau, une aiguille, un stylet et une tablette pour écrire.

A ces articles prescrits par la règle de saint Benoit, on ajouta ensuite, selon les climats et les saisons : deux sergettes ou chemises en serge, deux paires de fémoraux ou caleçons, une pelisse ou robe fourrée en peau de mouton, enfin des ganit en été et des moufle* en hiver. On parle encore d'un fi*, il. ciliée ou d'une camisole de crin portée sur la peau, par esprit de mortification.

Quant à la chaussure dont saint Benoit n'avait pas parlé, elle fut fixée à deux paires de souliers pour le jour, et des pantoufles de feutre ou de peau d'agneau pour la nuit. Nous avons cru devoir reproduire ioi, extraite d'un ouvrage du plus célèbre peut-être des bénédictins (S. MabiUon) , la figure de deux moines du neuvième siècle, représentés avec des bottines ne s'élevant qu'au niveau des malléoles, tandis qu'un auteur du quinzièmesiècle ( Polyd. Virgile ) dit que

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les moines marchaient bottés ou guétrés jusqu'aux genoux, ocrcali genu tenus meedunt.

$ 9. Le saint législateur des moines de l'occident avait laissé a chaque abbé le soin de régler d'ailleurs les vêtements, selon la saison et la température des lieux. Il s'était borné a prescrire qu'ils seraient de l'étoffe la plus commune dans le pays et la moins chère. Il n'en avait pas fixé la couleur, mais l'usage du noir avait été adopté et suivi généralement, pour la cuculle et le scapulaire, jusqu'au douzième siècle. A cette époque, la couleur blanche du froc fut introduite dans l'ordre de Citeaux , par une innovation dénuée de motifs. Dès-lors, les bénédictins furent distingués en viornes noirs et en mornes blancs, et au nombre de ces derniers, se trouvent aujourd'hui en France ceux de la Trappe. Or, cette diversité de couleur dans l'habit devint une source de division entre les religieux de l'ordre de C'uny et ceux de» l'ordre de Citeaux, et spécialement entre Pierre-Ic-Vénérable et saint Bernard , leurs deux célèbres chefs. Les moines blancs prétendaient être plus parfaits et plus estimables que les autres, et ils se proclamaient les restaurateurs de l'observance régulière. Mais le digne abbé de Cluny leur répondait, avec raison, que ces pensées résultaient de l'orgueil et de l'envie, et qu'elles faisaient perdre l'humilité et la charité.

S 3. Les moines avaient la tête tonte rasée , a l'exception e t*, si d'un cercle complet de cheveux laissé, en manière de cou- ri* 4< flronne , au-dessus des oreilles, et occupant les tempes, le front et l'occiput. C'est de ce cercle capillaire qu'ils on' été désignés, dans quelques chartes du moyen âge, par le simple nom de couronnés [coronatîj. L'empereur Justinien dans ses lois, et Grégoire de Tours à l'occasion de saint Cloud, fils de Clodomir, parlent déjà de cette tonsure comme caractéristique de la profession des moines qui prenaient l'habit. Celle des ecclésiastiques de nos jours en est probablement un diminutif, en lire son origine, quoique quelques

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auteurs l'attribuent a l'apôtre saint Pierre. On Ut que l'abbé de Saint-Êticnne de Dijon prescrivait, en 1500, à ses chanoines réguliers, de porter de larges couronues , afin de continuer l'ancienne coutume du monastère.

A l'égard de la barbe, les moines se la rasaient réciproquement, tous les quinze ou vingt jours, excepté pendant le carême ; et durant celte opération de toilette, on chantait des psaumes ou des anticunes. Au commencement du quatorzième siècle, l'abbé de Cluny statua qu'à l'avenir la barbe serait faite à ses religieux par un barbier séculier plus expert qu'eux en cette partie, et auquel on alloua un traitement annuel de vingt livres tournois avec un habit.

§ 4. Le costume des moines de Gigny était certainement le même que celui de tous les moines noirs de l'ordre de Cluny, soumis à la règle de saint Benoit. On en a la preuve rM 4. dans le portrait de l'illustre prieur Jean de la Grange, peint sur les vitraux de l'église de Saint-Denis de la Châtre à Paris, et que nous a conservé le savant et infortuné historien André Duché ne. Mais, avec le temps, la régularité de ce costume y dégénéra comme ailleurs. L'historien Dunod a écrit, en 1735 , qu'au chœur nos religieux portaient l'habit des anciens bénédictins, et que, hors de l'église, ils étaient revêtus de celui des prêtres séculiers, à l'exception d'un scapulaire large de quatre doigts, sur le devant de leur soutane, et cousu à côté des boutons. Vingt années plus tard, en 1756, on a vu qu'ils disaient que ce petit scapulaire était la seule marque de leur état régulier.

$ 5. On trouve aujourd'hui ridicule ou du moins fort singulier le costume des moines, et on est porté à penser qu'ils ne l'avaient adopté que pour se distinguer et pour frapper les yeux du vulgaire («U. Mais des auteurs graves

M S M Un frondeur du commencement du seisièae siècle dit, en parlant det

moine» : Forint Ugtj, kmlUttuqu* c*p*s$utu

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