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chapitre lv. Art

Magdeleine , comme aussi lors des funérailles d'un moine. Nous verrons bientôt aussi une donation faite pour un anniversaire , en 1339, à notre prieuré de Chàteau-sur-Salins , a la condition que, le jour de cet anniversaire, le prieur donnerait a ses moines une pitance extraordinaire et surtout du bon vin. Enfin , un demi-siècle plus lard , un autre abbé de Cluny permit aux religieux d'en boire tous les jours de la semaine, excepté le vendredi. Cependant, quelques moines scrupuleux se soumettant avec peine à ces infractions nombreuses de la règle , on obtint , en 1414 , une bulle du pape Jean XXIII, qui soulagea les consciences, en déclarant qu'il était licite a tous les moines de l'ordre de Cluny, d'user de viande , de potages gras et d'œufs.

$ 5. Les chanoines réguliers prenaient aussi , comme les moines, deux repas dans un réfectoire commun; mais ils vivaient mieux. Ils mangeaient de la viande tous les jours de l'année , a l'exception du mercredi et du vendredi et à l'exception encore des deux carêmes et des autres jours de jeûne. Ils buvaient suffisamment de vin ou de bière; ils usaient d'œufs, de fromage , de harengs ou de poissons, en tout temps , etc.

Art. IX. — LUs. — Dortoir.

II n'y avait pas plus de sensualité dans les lits des moines que dans leurs aliments. Ces lits , placés dans un dortoir commun, nullement divisé en cellules distinctes, ne consistaient qu'en une paillasse piquée , un drap de serge , un chevet et une couverture unicolore , sans rideaux. Ceux des trappistes de nos jours sont peut-être encore plus durs, et ne consistent, pour ainsi dire, qu'en une table ou une planche. Chaque moine avait son lit où il couchait tout habillé , avec sa ceinture de cuir ou de corde , afin d'être toujours prêt a se lever pour aller à l'office de matines;

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mais il se couchait sans couteau , de peur de se blesser en dormant. Les anciens moines , et môme l'abbé , couchaient également dans le dortoir commun , avec les jeunes religieux. On y observait le plus grand silence et on se surveillait réciproquement. Une lampe y éclairait toute la nuit , pour faciliter cette surveillance , et Pierre-le-Vénérable s'écriait , dans sa pieuse sollicitude, qu'il fallait plutôt aller chercher la lampe de l'église que de laisser le dortoir sans lumière. Les chanoines réguliers couchaient également dans un dortoir commun, où régnait aussi le plus grand silence.

Art. X. — Bains. — Saignées.

La privation de chemises et de draps de lits en toile , ou de linge proprement dit , nécessitait des soins de propreté dans les monastères. C'est sans doute pour cette raison que les cénobites prenaient régulièrement des bains, notamment avant Noël et avant Pâques. Ils se lavaient aussi les pieds les uns aux autres, surtout en carême, en chantant des antiennes. Ce dernier usage continue de nos jours à la Trappe chaque samedi ; mais celui des grands bains réguliers n'y est point pratiqué, et cependant , dit-on , les trappistes ne sont pas plus affectés de maladies cutanées que les personnes qui portent du linge.

Quant aux saignées ou rnmutums qu'on pratiquait tous les mois , elles avaient sans doute pour but de calmer, réprimer et prévenir les désirs vénériens. Elles y coopéraient avec le jeûne , l'abstinence , le travail, les privations de toute espèce et les nombreuses pratiques de mortification. Elles étaient usitées aussi dans les abbayes de chanoines réguliers, car on voit que les abbés de celle de Saint-Étienne de Dijon , lors de leur installation , promettaient par serment , dans le quatorzième siècle , en faveur des chanoines , de satisfaire à leur droit de saignées [flebolomns), comme a celui de vêtements,

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