‹ Histoire de GignyChapitre 219 sur 356 · CHAPITRE lv. Art · texte numérisé non relu

CHAPITRE lv. Art

h celui de pitance , etc. Ces saignées étaient un des services réclamés du chirurgien prébendé du monastère, lequel existait a Gigny comme ailleurs.

Art. XI. — Maladies.

Bans les établissements religieux il y avait une chambre particulière , nommée infirmerie, pour les malades. L'un des frères , désigné sous le nom iïmfirmier, en avait un soin spécial , et leur fournissait le bouillon , la viande , le vin et le pain convenables, tandis que le médecin ou chirurgien du couvent leur donnait les secours de son art. Au reste, la régularité du régime de vie, l'abstinence du vin et de la viande, la sobriété et un travail modéré rendaient les maladies rares chez les moines. Il en est de même de nos jours h la Trappe, où, très rarement malades, ils atteignent une grande longévité. Ils y ont môme été jusqu'à présent inaccessibles aux épidémies graves qui ont dépeuplé le voisinage de leur cloître, notamment au choléra lmK

Les moines malades et convalescents portaient un bâton à la maio , comme indice de leur état.

Quelques cénobites, selon saint Bernard , simulaient des maladies pour entrer h l'infirmerie , dans le seul but d'y manger de la viande, d'y boire du vin , et de satisfaire ainsi leur gourmandise.

Art. XII. — Travail.

S 1. Saint Benoît a été loué avec raison, pour avoir

< i If ) En l'année 1 8 1 7 . de funeste mémoire pour la Franche-Comté* la Bresse et le Bugcy, il n'y eut point de maladies régnantes et tiëa peu de maladies sporadiques. La sobriété, résultai forcé d'uue famine inouïe, en fut certainement la cause principale. Le peuple ne se soutint, pendant sept ou huit mois, que de quelques alimenta farineux insuffisants, et de substances herbacée*, sans user de viande ni de vin*

prescrit le travail aux moines de l'occident et ne les avoir pas livrés a la vie contemplative et ascétique de ceux de l'orient. Ce saint législateur dit même qu'ils ne sont véritablement moines que quand ils vivent du travail de leurs mains. C'est a ce précepte salutaire , propre a prévenir les suites du désœuvrement, généralisé dix ans plus tard par Justinien, et pratiqué de nos jours par les trappistes, qu'on a dû le défrichement des bois, l'assainissement des marais, le peuplement des déserts, le perfectionnement de l'agriculture, la conservation des livres grecs et latins, et par suite la civilisation des peuples sauvages.

Les moines , selon la règle , devaient travailler, de leurs propres mains, durant sept heures par jour, réparties ainsi qu'il suit : en été, c'est-à-dire depuis Pâques au l.w octobre , ils commençaient à travailler a six heures du matin ; rentraient au monastère à dix ; vaquaient à la lecture pendant deux heures, dînaient a midi , se reposaient ensuite sur leurs lits , en gardant le silence ou en faisant encore une lecture ; récitaient l'office de none par avance, à une heure après midi ; puis retournaient au travail des champs jusqu'au soir. Ceux qui travaillaient trop loin pour se rendre à l'oratoire aux heures marquées , se mettaient à genoux et récitaient leurs prières dans les lieux oii ils se trouvaient. En hiver, c'est-a-dire depuis le 1." octobre à Pâques, les sept heures de travail étaient occupées sans interruption. En toute saison , on chantait des psaumes en allant et en revenant, même en travaillant.

L'abbé n'était pas plus exempt du travail que les moines, et il imposait a chacun son genre d'occupation, au lieu de le laisser choisir. Ceux même qui savaient des métiers ne pouvaient les exercer qu'avec sa permission. Un doyen était établi pour surveiller le travail de dix moines. Les ouvrages les plus faciles étaient donnés de préférence aux plus faibles ou plus délicats. Le travail était plus modéré les jours de

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