‹ Histoire de GignyChapitre 220 sur 356 · chapitre lv. Art · texte numérisé non relu

chapitre lv. Art

jeûne , et en carême il finissait à trois heures. Si oit vendait quelque ouvrage provenant du travail des mains, on le donnait à meilleur marché que ne le donnaient les artisans séculiers , sans rien retenir en fraude du monastère.

S 2. Les moines bénédictins qui, dans le principe, n'étaient pas prêtres, mais simples raanouvriers laïcs , étaient surtout occupés aux travaux de l'agriculture et de l'économie rural<\ au défrichement des bois et des terrains vagues , ainsi qu'au jardinage , à la boulangerie , à la cuisine et autres emplois de l'économie domestique du cloître. Dans le huitième siècle, ils continuaient à se livrer aux mêmes occupations f comme» on le voit dans les écrits du vénérable Bède et de saint Boniface; mais, un siècle plus tard, le travail des mains tomba en désuétude ou cessa peu à peu. Les moines n'étaient plus admis dans les cloîtres qu'avec un certain degré d'instruction , et la plupart étaient prêtres ou liés aux ordres sacrés. On regarda donc le travail manuel comme dérogeant à l'instruction et au sacerdoce, d'autant mieux que les bois et les terrains vagues du voisinage des couvents étaient défrichés et plus ou moins peuplés. Aussi , dès le onzième siècle , on voit que les moines à Cluny n'exerçaient déjà plus de travaux manuels que dans l'intérieur de l'abbaye , comme ceux de cultiver le jardin , de pétrir le pain , d'écosser des fèves on de faire les hosties ou le pain sacré.

Il n'est donc pas à croire que le travail manuel ait jamais été pratiqué, selon la règle de saint Benoît, dans l'abbaye de Gigny, puisqu'elle n'a été fondée que sur la fin du neuvième siècle. D'un autre côté , Bernon n'en parle point dans son testament, ne le recommande pas à ses disciples, et on ne peut guères présumer que les mains des nobles cénobites qui la peuplaient aient jamais tenu la charrue ou la houe. Si cependant la règle y a été quelquefois suivie en ce sens, il est probable que les religieux s'occupaient principalement de la

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fi t. culture de leurs belles condamne», dont Tune était toul-a-fair cuniiguë à leur'cloître.

S 3. Dans le douzième siècle, Pierre-le-Vénérable essaie de rétablir à Cluny, du moins en partie et autant que possible , comme il le dit , le travail des mains. A l'imitation de saint Ferréol , il conseille à ceux qui ne peuvent s'occuper des travaux des champs, de se livrer h ceux des arts mécaniques, comme du tonnelier, du tourneur, du tabletier, etc. Pour combattre davantage Vowvetè , ennemie de Vame, il leur recommande aussi les travaux de l'esprit , l'étude , la lecture, l'écriture , etc. C'est l'exécution de ce sage précepte qui a conservé les livres de l'antiquité , à travers les ténèbres du moyen âge , parce que la* transcription des vieux manuscrits était une des occupations principales des moines bénédictins. Pour suppléer encore au travail des mains , on ajouta des psaumes à toutes les heures de l'office.

Quant aux chanoines, même réguliers, ils n'ont jamais été assujettis aux travaux manuels.

Art. XIII. — Taâturniié. — Silence.

Le silence était rigoureusement observé dans les anciens monastères de Bénédictins, tel qu'il l'est aujourd'hui dans t m, c eux de la Trappe, et ce fut même l'une des pratiques qui s'y conservèrent le mieux. Elle avait pour but d'empêcher les calomnies, les médisances, les bouffonneries, les injures et les discours oiseux ou impertinents. Prescrite par saint Benoit, recommandée par Bernon, dans son testament, elle était toujours exactement suivie dans les onzième et douzième siècles.

Les moiues ne parlaient aucunement en certains lieux, comme a la cuisine, au réfectoire, au dortoir, à l'infirmerie, à l'église et à la chambre des novices; ni en certains temps, comme de nuit, après Compiles, pendant le carême et durant

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