‹ Histoire de GignyChapitre 221 sur 356 · CHAPITRE i.v. Art · texte numérisé non relu

CHAPITRE i.v. Art

les octaves do Noël et de Pâques. En tous autres lieux et tous autres temps, ils ne pouvaient parler qu'à certaines heures, savoir, de six à neuf du matin, et de trois après midi au coucher du soleil. Lorsqu'ils étaient obligés de se Taire comprendre, dans les circonstances où le silence était de rigueur, ils s'interrogeaient et se répondaient par signes comme les muets. Le silence n'était observé par les chanoines réguliers que depuis Complies au lendemain matin après Prime.

Art. XIV.— Office dwin.— Collations.— Messes . — Confession .

S 1. Les bénédictins passaient une grande partie de leur c sa. temps, occupés a la prière et a la psalmodie ; ce sont même eux qui ont réglé l'office divin tel que l'Église l'a adopté définitivement. Ils devaient réciter Y Office de sami Benoît et le bréviaire spécial de tordre de Cluny ; mais, dans quelques monastères et notamment dans celui de Gigny, ils suivaient le rit, le missel et le bréviaire romains. Il y avait, pour les fêtes, un office plus solennel qu'on appelait office plénier.

Depuis le 1." novembre jusqu'à Pâques, les moines se levaient a deux heures du matin ou môme à minuit, allaient à l'église, chantaient d'abord les Nocturnes ou Matines, puis les Laudes à la pointe du jour seulement. Dans l'intervalle de ces deux parties de l'office, on faisait des lectures de piété, on méditait, ou bien on apprenait par cœur des psaumes, et ce n'est que dans les derniers temps que ce» deux offices nocturnes ont été réunis. En été, c'est^-dire, depuis Pâques au 1 .*r novembre, l'office était moins long, h cause de la brièveté de la nuit. Bien plus, à Cluny et probablement aussi a Gigny, lors de la féte de saint Pierre au 29 juin, les matines commençaient et finissaient de jour, de sorte qu'on ne dormait pas.

A six heures du matin, qui étaient la première heure du jour équinoxial, on psalmodiait l'office de Prime, a neuf

heures relui de Tierce, à midi celui de Sexte, à trois heurts celui de Pïonc, au soleil couchant celui de Vêpres, et à l'entrée de la nuit celui de Complies, ou le complément de l'office.

Dans les derniers temps de l'abbaye de Baume, on y disait les matines à trois heures en été, et à quatre heures en hiver. Les moines deGigny étaient plus paresseux. Ils déclarèrent, en 1760, que, depuis un temps immémorial, l'office des matines y était psalmodié à six heures et demie en toute saison, et celui de prime, tierce, sexte et none, immédiatement après, avec distribution de quatre sols a chaque religieux qui y assistait. L'office de vêpres et de complies qui avait lieu à trois heures et demie, était suivi d'une semblable distribution. Le produit des absences tournait au profit de kt mense capitulaire, et non des moines présents.

S 2. On chantait anciennement Y office debout, sans bûto» pour s'appuyer, a moins d'infirmité ou de faiblesse. Mais, cet usage, toujours suivi à la Trappe, cessa de bonne heure d'être rigoureusement observé, car on lit qu'en 1062, oo reprochait déjà aux moines de s'asseoir pendant l'office. On accorda donc, par indulgence, \c& Stalles qui se lèvent et s'abaissent à volonté. Leur appui, en cul de lampe, s'appelle patience, indulgence, miséricorde, parce qu'il n'a été permis que par compassion.

Le psautier devait être récité tout entier dans la semaine au moins. Mais, il est difficile de croire que, du temps de Uernon, on récitât 138 psaumes en 24 heures, comme il est dit dans une légende contemporaine. Ce qui est certain, c'est que l'office des moines était beaucoup plus long que celui des ecclésiastiques de nos jours.

S 3. En certains temps, dans les monastères, on faisait avant complies des conférences spirituelles qu'on appelait collations, lesquelles avaient surtout lieu en temps de jeûnes, depuis le commencement de l'Avent, jusqu'au jeudi saint

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Le dernier moine reçu y faisait des lectures tirées de l'histoire sainte ou des livres de morale religieuse. Après ces conférences, on permit d'abord de boire de l'eau, puis du vin, puis le meilleur de la cave; on permit encore de manger des fruits et des gâteaux ; enfin, elles dégénérèrent en abus, ce qui les fit supprimer en quelques lieux, notamment eu l'abbaye d'Auxerre, dans le milieu du seizième siècle. C'est de là qu'on a donné le nom de collation au léger repas du soir que prennent ceux qui jeûnent.

$ 4. Il y en a qui présument que lès moines n'entendaient la messe que le dimanche. Cependant la règle prescrivait une messe matutinale quotidienne dans les monastères, avant d'aller au travail, c'était la messe conventuelle. Une seconde fut spécialement instituée dans l'ordre de Cluny, c'était la Messe de Noire-Dame. Or, ces deux messes sont déjà mentionnées en usage du temps de Bernon, dans une de nos (; J;l anciennes légendes. On les célébrait toutes les deux à Gigny, chaque jour, l'une basse, à sept heures, après l'office de matines et prime; la seeonde, dite grand' messe, à dix heures, après l'office de tierce. Selon le règlement de 1266, on au- c ui. mit même dû y célébrer trois grand'messes à notes, mais ce règlement était tombé en désuétude depuis long-temps. Les religieux qui assistaient à la grandmesse de dix heures recevaient chacun quatre sols de distribution, comme pour l'assistance à matines et à vêpres. Outre ces deux messes, il devait s'en célébrer beaucoup d'autres à Gigny, par suite de fondations faites en différents temps, et dont il a été parlé au paragraphe 7 du chapitre XLVI ci-devant. Leur nombre s'élevait à 125 par an, et on peut lire ce qui en a été dit. On ajoutera seulement ici, qu'avantla sécularisation, on célébrait encore à l'église prieurale : l.# une messe basse à l'autel du rosaire, le lundi de chaque mois ; 2.° une grand'messe, a la chapellede saint Taurin, pour le repos du prieur Chatard, fondateur, le lundi après l'octave de la Toussaint, laquelle

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était précédée, la veille, des vêpres des morts, et le jour, des psaumes pénitentiaux, et était suivie de l'absoute des morts ; 3.° d'autres messes en l'honneur de saint Taurin et de sa confrérie, desquelles nous parlerons ailleurs ; 4.° les moines Taisaient une procession autour de l'église, en chantant les litanies de la Vierge et un De profond**, le premier dimanche de chaque mois, et lors des fêtes principales de l'année et de celles de la Vierge.

Quant aux fêtes chômées particulièrement dans les monastères bénédictins, voici celles qui sont indiquées dans le bréviaire monastique de l'ordre de Cluny, publié en 1686; 1.* celles de saint Benoît au 21 mars et 11 juillet, sous le rit solennel majeur; 2.° celles de saint Hugues au 29 avril, et de saint Pierre et saint Paul au 29 juin, sous le rit solennel mineur; 3.° celles de saint Maur au 15 janvier, de saint Paul au 25 du même mois, de saint Mathias au 24 février, de saint Mayeul au 1 1 mai, et desaintOdon au 18 novembre, comme fêtes majeures; 4.° enfin, celles de saint Odilon au 2 janvier, de sainte Scholastique, sœur de saint Benoît, 10 février, et de saint Bernard au 20 août, comme fêtes mineures.

On a parlé, au chapitre LU précédent, de l'office divin auquel étaient tenus les chanoines de Gigny, après la sécularisation. On rappellera ici que la messe canoniale y était chantée tous les jours à dix heures et les vêpres à trois, par deux chantres laïcs, qu'accompagnait la musique des orgues, conduite par un organiste gagé, comme les chantres, pour louer Dieu.

$ 5/Dans les premiers temps, les moines et les chanoines réguliers devaient se confesser tous les samedis à leur abbé ou prieur. Mais, par la suite, un moine ordonné prêtre fut délégué à cet effet, dans chaque couvent, et on lit que, sur la fin du onzième siècle, saint Uldaric avait cet emploi a Cluny. Le même usage était encore suivi, en 1500, à Saint- Êticnnc de Dijon ; mais nous n'avons rien constaté à son

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