CHAPITRE L Y I
étaient qualifiés de grands, parce qu'ils faisaient partie d'un insigne monastère, d'un grand-prieuré. Ainsi , on disait jusques dans les derniers temps, le grand-prieur cloltricr, le grand-chambrier, le grand-aumônier, le grand-trésorier ou sacristain et le grand-ouvrier. Postérieurement , dans le seizième siècle, le nombre des officiers claustraux fut réduit à huit, par la suppression du pitancier et du cellérier. 11 y avait un ordre hiérarchique dans ces offices, et en consé- c. 144. quence les titulaires prenaient rang au chœur, aux assemblées capitulai res et aux processions ou autres cérémonies, selon leur supériorité. Ainsi, le grand-prieur avait la préséance, ensuite le chambrier, l'aumônier, le sacristain, l'infirmier, l'ouvrier, etc.
Dans quelques établissements, il y avait divers autres officiers claustraux, dont quelques-uns étaient pris parmi les frères lais ou couvers : le maître des novices, le maître de la maladière, le maréchal ou sénéchal de l'abbé, le secrétaire ou greffier, grammairien, le séchai ou majordome, Yarmerarier, le drapier, le cuisinier, le saucier, le barbier, le fontamier, l'fcorloger, l'organiste, le boulanger, le sartre ou tailleur, etc.
Les officiers du cloître, dans le principe, étaient a la nomination de l'abbé et révocables à sa volonté ; c'est pour cela qu'on les appelait aussi obédienciers. Mais , dès le c. 98. quatorzième siècle environ , ils devinrent inamovibles et en titre perpétuel, à la nomination du pape ou des évéques, sur la présentation de l'abbé. Leurs fonctions étaient aussi primitivement gratuites, et c'est seulement en 1308 que l'abbé de Cluny, par ses statuts nouveaux, leur attribua un modique traitement.
En conséquence et à cette époque, ceux de Gigny furent assez bien dotés, surtout trois d'entre eux. Leurs revenus , qui, en 1760, furent évalués a 9008 fr., s'élevaient en 1788 à 18,627 fr., dont 7847 fr. en Franche-Comté, 5400 fr. en Bourgogne, et 5380 fr. en Bresse. Ils avaient presque tous
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des prés h Gigny, qui portent encore les noms de leurs offices.
Le parlement de Dijon décida, en 1593, que les officiers claustraux de l'abbaye de Satnt-Éticnnc de celte ville avaient l'administration temporelle et spirituelle, pendant la vacance du siège abbatial, a l'exclusion des autres religieux.
Art. I. — De l'abbé ou du prieur.
§ 1. Saint Benoît et l'empereur Justinien statuèrent, à la môme époque, que le chef d'un monastère devait être élu par tous les membres de la communauté, saffs égard pour l'âge et en ne considérant que le mérite. Ce principe d'élecc. 37. tion fut formellement reconnu, en 895, par le pape Forroose, en faveur de l'abbaye qui tenait d'être fondée à Gigny, et il y fut mis en pratique pendant près de deux siècles.
Pour parvenir à celte élection, les moines étaient tous convoqués en chapitre, et présidés par le prévôt ou le prieur cloltrier. On célébrait d'abord une messe du Saint-Esprit ; on communiait ; on promettait par serment d'élire en conscience le sujet le plus convenable ; puis on essayait de nommer le dignitaire par acclamation. S'il n'y avait pas unanimité, on en venait à un scrutin secret, et les suffrages écrits étaient recueillis par le président qui proclamait celui qui avait obtenu la majorité des suffrages. On chantait ensuite un Te Deum en actions de grâces, on intronisait l'élu sur la chaire abbatiale, on annonçait l'élection au clergé et au peuple, et il ne restait plus qu'à faire consacrer et ordonner le nouvel abbé par un évéque quelconque. Ce prélat recevait son serment de joyeux avènement, et lui remettait alors le bâton porterai, autrement la crosse abbatiale ï|8*), puis
(iSf) Le* abbet et le» ablettes, autei bien que les évèqnes, avaient le droit d« porter la crotte on férule {Bmculus curât piutoralis, ptd.tm, cambofat cnm- Vocm, cambottm ). liait, pour porter la mitre et l'annota épitcopeJ, il fallait des