‹ Histoire de GignyChapitre 230 sur 356 · chapitre lvi. Art · texte numérisé non relu

chapitre lvi. Art

deux témoins, se présentait à la porte d'entrée de l'église prieuralc. Il y était reçu par le prieur cloltricr, accompagné des autres religieux venus aussi en costume et processionnellenient, avec la croix et les reliques, et au son des cloches. Là, il leur exhibait la bulle du pape, l'acte de sa fuimination par Poffleial de l'archevêque de Lyon, le brevet du roi de France ou d'Espagne, l'acte de consentement donné par l'abbé de Cluny, et autres pièces relatives à la nomination; puis il priait le prieur cloîlrier de le mettre en possession réelle et corporelle du monastère. Cet officier claustral, après av >ir donné ou fait donner par le notaire lecture de toutes ces pièces, répondait, au nom de la communauté , qu'il y consentait, puisque cela plaisait au souverain pontife ; mais qu avant tout, il invitait le récipiendaire à prêter , comme ses prédécesseurs, le germent de joyeux avènement.

Celui-ci jurait alors de vive voix, sur les saints Évangiles, par mémoire, ou en lisant une formule écrite : d'administrer convenablement le prieuré ; de maintenir et conserver son église, ses biens, droits, usages, libertés et privilèges; de ne rien aliéner, et même de recouvrer, autant que possible, ce qui aurait été usurpé ; de n'agir que de l'agrément du chapitre, excepté dans les affaires de pure administration ; de fournir aux religieux les pitances, vêtements et prébendes quelconques dues et accoutumées; de maintenir eu possession les officiers et bénéficier* du prieuré, sans pouvoir les destituer, à moins de motifs graves ; de n'admettre aucun religieux nouveau et de n'en point corriger, si ce n'est du consentement du chapitre ; de n'en point présentera l'admission, dont un parent jusqu'à la quatrième génération aurait fait quelqu'injure à l'un des membres de la communauté ; etc.

Après la prestation de ce serment, le prieur cloltricr donnait la croix à baiser au récipiendaire; puis, le prenant par la main, il l'introduisait dans l'église, lui offrait l'eau bénite,

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et le conduisait proccssionnellcmcnt jusqu'au utuilrc-aulcl, au son dos cloches et au chant du Te Dcum. Après y avoir fait sa prière, le nouveau titulaire baisait l'autel au milieu et aux deux extrémités, était ensuite conduit aux stalles ou fo rmes du chœur, sur le siège prieural décoré de lapis, coussin et dossier, et enfin dons la chambre capitulai re, au réfectoire, dans la maison prieurale, etc.

Toutes ces formalités étant remplies, le notaire, a la demande de toutes parties, en dressait un acte authentique , dont il donna it lecture à haute voix.

plan l. r »

On a déjà dit que le château était la maison prieurale à Gigny, et que le prieur payait probablement un droit de chape ou de bienvenue, lors de son installation.

S 5. La cérémonie de prise de possession avait subi plusieurs modifications, selon les temps, selon qu'elle avait eu lieu sous le régime de l'élection ou de la nomination royale, comme encore suivant qu'il avait fallu iuslallerun prieur régulier ou un prieur commendataire. Les binéticiers de cette dernière espèce prenaient quelquefois possession par procureur spécial. On en a même vus ne point prendre cette peine par eux-mêmes, ni par fondés de pouvoir ; mnis les religieux de l'établissement leur députer des mandataires, pour aller recevoir leur serment.

Au reste, non-seulement le prieur de Gigny prenait possession de sa dignité, mais encore chaque officier claustral de son office, et même chaque religieux de sa place monacale. Après la sécularisation, le haut-doyen du chapitre et les nobles chanoines se faisaient aussi installer et mettre en possession. Or, dans tous ces cas, les formalités variaient selon le genre de dignités; mais il suffisait, comme on a vu au chapitre LUI, d'un ou deux membres quelconques de l'établissement religieux, pour l'installation des nouveaux titulaires. A la même époque et sous le mémo ordre de choses, les curés et les chapelains prenaient aussi possession de

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