‹ Histoire de GignyChapitre 249 sur 356 · CHAPITRE LVII. Art · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVII. Art

n'osons pas affirmer que ce mot soit dérivé de ira ( furie ) et qu'il soit l'ancien nom de la petite rivière de cette vallée qui est appelée maintenant la Furieuse; néanmoins, cette étymologie est très probable. Le prieuré de Château-sur-Salins , situé à trois kilomètres au soir de cette ville, sur la montagne de Roussillon (|90>, portait aussi , dans le moyen âge , le même nom, et ses religieux étaient appelés Moines dHéri ( Monachi Herienses).

Selon une opinion probable, ce monastère aurait été établi sur les ruines d'un ancien château de Gérard de Roussillon, et il en aurait tiré son nom. L'historien Dunod pense même que ce château aurait été concédé à Bernon par Rodolphe, roi de la Bourgogne jurane , pour y construire un monastère qu'il aurait aussi doté. Il se fonde sur ce que c'est un ancien membre de Gigny, et sur ce que le prieur y faisait rendre la justice, d'abord par un châtelain, et en appel par un bailli, double degré de juridiction, qui indique une fondation royale. Cependant, cette opinion n'est appuyée d'aucun titre apparent, et Bernon ne parle aucunement de ce monastère dans son testament. Quoiqu'il en soit, il était fort ancien, puisqu'en l'année 1040, Rodolphe III, roi de la Bourgogne jurane , lui fit une riche donation, et qu'en 1161, il s'y trouvait déjà sept religieux sous un prieur.

§ 2. Le prieuré de Château était sous le vocable de la Vierge, fêtée le 8 septembre, et patrone de l'église. Aussi, il est désigné dans les anciennes chartes latines, sous les dénominations de Prioratus beaiœ Mariœ de Castro suprà Satinas, Castri suprà Salmum, Castri Satinerais, de Castello suprà Sal'mas. Une seule charte de 1219 le désigne par erreur Sotu-Salins, Ecclesia sanciœ Mariœ de Chastia sub Salins. c. es1

(ijo) Cette montagne, dit J.-B Oécliel, présente au nord un roc escarpe', d'où l'on jouit d'une vue étendue. Elle o.Tic, au midi, des précipices el des grottes daus l'une desquelles est uu abîme euviionné par («nature de colonnes eu forme de port ique.

Le lendemain de la fête patronale, il s'y tenait une foire dite la Cliàteau î»»1). Le prieur, en 1241, avait donné en fief a Pierre de Villers-Farlay, chevalier, la gardienneté de celte foire, avec le droit d'y rendre la justice, pendant qu'elle durait. Mais on lit qu'en 134V, le chef du monastère céda à Jean de la Grange, d'Arbois, aussi chevalier, le tiers indivis des droits de celte garde, pour en jouir également en fief et seigneurie. Ce fief était possédé, dans le dix-huitième siècle, par les seigneurs de Vaugrcnans et de Poupet, dont les châtelains établissaient un juge spécial à cet effet. Après la destruction du monastère, cette foire a été tenue à Salins, le 9 septembre, sons le nom de la Château, jusqu'en 1839, et dèslors, elle a été renvoyée au troisième lundi du mois. C'est ainsi que l'administration de notre époque sait conserver les traditions historiques et religieuses.

§ 3. On a toujours considéré le prieuré de Château comme étant de fondation et de dotation royale, et il a déjà été parlé des liliéralités du roi Rodolphe à son égard. Ce prince, en effet, lui donna, en 1040, les terres de Prétin et de Mouchard, pour la subsistance des religieux. Postérieurement il fut encore enrichi par les dons de plusieurs personnes pieuses, comme quelques documents, fruit de nos recherches, en fournissent la preuve :

c ccb't* L° En 1219, Etienne, comte de Bourgogne, et Jean, comte de Chalon, son fils, donnèrent à cet établissement les dîmes de Villers-Robeitet de l'Abcrgement, en échange de cequo les religieux possédaient à Souvans, à l'exception de dix arpents de terre, de quatre soi turcs de pré, d'un chasal, des dîmes et de tous les droits ecclésiastiques.

c. 8iMl- 2.° En 1230, Hugues de Souvans, chevalier, ctPerreche, sa femme, firent don de plusieurs biens immeubles situés a Souvans, ainsi que de plusieurs serfs qui y étaient attachés,

(If i) Voytt nott if J.

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