CHAPITRE lvii. Art
< hel , Montigny-les-Àrsures , Mouchard , Nevy , Ounans , Paroy, Grangc-de-Pareau, Prétin, Salins, Souvans, Vadans, Valempoulières et Villers-RobcrL Ils s'élevaient à' environ 10000 francs en 1780, cl le bénéfice valait au prieur commeudalaire 1200 francs en 1635, 2000 francs en 1712, 3000 francs en 1737, et 4000 francs en 1789.
Le titulaire avait la haute , moyenne et basse justice dans les terres de Prétin et de Mouchard, et dans tout le district du prieuré. Il l'y faisait rendre , comme on a dit , avec le double degré de juridiction , par un châtelain et un bailli ; et son signe patibulaire , à deux piliers, était élevé sur les grandes Toppes' de Roussillon. En sa qualité de seigneur hautjusticier , il percevait les amendes, les tailles, et la geline de carémentrant ; exigeait les corvées; instituait des messiers , des gardes champêtres et des officiers judiciaires ; avait seul le droit de chasse, de pèche, de ban de vendanges, de banalité du four, du moulin , et du pressoir ; et recueillait les échu tes de mainmorte. Tousses droits lui compétaient a Aiglepierre, Couvetaine, Marnoz , Saint-Michel et Prétin, soit d'après des titres de 1393 et 1398, soit surtout d'après un terrier ou rentier dressé, en 1432, par Guillaume de Prétin, notaire. Quelques difficultés s'étant élevées, en 1393, au sujet des corvées, entre le prieur de Château et les habitants de Prétin , Henri de Sarsey , prieur de Gigny, qui visitait alors le monastère subordonné, fut choisi pour arbitre commun. Or, il régla que les habitants devaient quatre corvées annuelles dans les vignes, par feu, tant de bras que de chars attelés de bœufs ou de mulets , savoir : une le lendemain de carnaval , la seconde le troisième jour de Quasimodo, une autre le troisième jour de la Pentecôte, et la quatrième à l'époque des vendanges. Il statua que le prieur, devant nourrir les corvéables et leurs bestiaux , leur fournirait non-seulement le foin, l'avoine, le pain et le vin, mais encore un morceau de viande salée le jour de carémentrant.
432 HISTOIRE DE CICffT.
Quant au patronage des aire* , le prieur de Château avait nnciennement la collation de celles d'Aiglepicrre , Chissey , Marnoz, Mouchard , Ounans , Paroy , Prétin, Sou vans, Vadans, Valempoulièrcs et Villers-Robert. Mais on verra bientôt qu'en 1482, il céda celles de Chissey, Marnoz, Souvans, Vadanset Villers-Robert.
§ 5. La (jarûc du prieuré de Château appartenait au comte c. wbli- palatin de Bourgogne , comme on le voit par une déclaration donnée par ce souverain en 1293, confirmée en 1338 par l'un de ses successeurs. Mais, malgré ce droit de garde, il ne lui était pas permis de porter atteinte, ni aux biens, ni aux personnes appartenant au prieuré, sans la permission expresse du prieur ( V. chap. XII, $ 5, 6. )
Ce bénéfice, disait-on en 1477, membre spécial et tans moyen de celui de Gigny, était, de droit et de toute ancienneté, à la collation, disposition et ordinanee de révérend père Monseigneur le prieur de Gigny. Mais, dans les derniers temps, et sans doute depuis le concordat de 1517, quoique en pays d'obédience, il était à la nomination du roi , parce qu'il se trouvait conc 13t. ventuel. Cette convcntuaUtc était composée de huit religieux, y compris le prieur, dans le douzième comme dans le quinzième siècle. Après que la réforme de Saint- Vannes y eut été admise en 1635, ce nombre fût porté a quatorze, mais il ne s'y trouvait que dix ou douze religieux en 1750. Dans le quatorzième siècle, un office de sacristain y fut établi, comme dans les autres maisons de l'ordre de Cluny. C'était le seul office claustral qui y existât , avec un vicaire perpétuel pour le service de la paroisse. Ce monastère fut donné en commende, en 1 36 1 , au cardinal Guy de Boulogne ou d'Auvergne, ancien archevêque de Lyon, mort en 1373.
S 6. Sur la fin du quinzième siècle, le prieuré de Château devint l'objet de graves débats entre celui de Gigny et le chapitre de l'église royale et collégiale de Saint-Maurice de Salins. HuguesFolain, prieur commendataire de ce bénéfice,