‹ Histoire de GignyChapitre 252 sur 356 · CHAPITRE LTII. Art · texte numérisé non relu

CHAPITRE LTII. Art

haut-doyen de Besançon , protonotaire apostolique, familier du saint Père, et eseripteur de bulles , étant mort à Rome le 29 novembre 1476, le pape Sixte IV , h la prière , dit-on, de Charles-le-Teméraire, délivra des bulles d'union du prieuré de Château au chapitre de Saint-Maurice. En même temps, il en nomma prieur commendalaire le cardinal François Picolomini , évéque de Sienne, qui fut ensuite pape, en 1503, pendant 25 jours seulement , sous le nom de Pie III. Cette union fut effectuée pour servir à doter la dignité de prévôt, les deux offices de chantre et de trésorier, et cinq prébendes nouvelles dans ce chapitre fondé, au onzième siècle , pour huit chanoines seulement. Cet établissement canonial prit donc possession du prieuré uni , et en loua même les dîmes en l'année 1477.

Cependant les religieux de Cluny , de Gigny et de Château ne purent souffrir une pareille atteinte portée à leurs droits, et ils contestèrent au pape le pouvoir d'avoir pu opérer une pareille union sans leur agrément. En conséquence, messin» Alexandre d'Ornans, prieur cloltrier de Gigny, en sa qualité de vicaire-général de messire Benoît de Montferrand, évêque et comte de Lausanne, et commendalaire de Gigny, nomma, comme de coutume, un prieur à Château, dans la personne d'Etienne de Raynans, religieux de Gigny, en remplacement d'Hugues de Folain. Le nouveau titulaire prit aussi possession et obtint un mandement de nouvelleté contre le chapitre de Saint-Maurice. Les chanoines de Salins, comprenant l'importance de l'union d'un si beau bénéfice , s'empressèrent , soit de prévenir le pape de la désobéissance qu'on apportait à sa bulle , soit d'appeler Etienne de Raynans en justice , pour le faire condamner au déguerpissement.

Le souverain pontife commença , dans un monitoire du 8 février 1477 , par excommunier le grand-prieur de Cluny, qui s'était permis de lui nier le pouvoir d'opérer l'union dont il s'agissait. En même temps il adressa au bailli d'Aval et à

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Jean de Cbalon , prince d'Orange , gouverneur de Franche- Comté, des lettres de recommandation en faveur du chapitre de Saint-Maurice. Et en effet, celui-ci obtint, en 1477, une sentence qui lui adjugea le prieuré, mais dont nos religieux appelèrent au parlement de Dole, et sur laquelle il ne fut statué que quatre ans plus tard.

Pendant cet intervalle les chanoines obtinrent force mandements de garde de la part de Marie de Bourgogne , de Jean de Chalon , de l'archiduc Maximilien, et de Louis XI , auxquels le pape recommandait de faire exécuter sa bulle d'union. Néanmoins , les religieux de Gigny, de Château et de Cluny, convaincus de leurs bons droits, n'eurent pas plus d'égard aux censures du pape qu'aux mandements de l'autorité séculière. Ils se livrèrent même à des voies de fait assez scandaleuses, car on lit qu'en 1477, il fut fait une information juridique sur un vol des vases sacrés et des reliques du prieuré,imputé aux moines de Château et de Gigny. On apprend aussi qu'en 1479, ceux de Cluny, soutenus de la garnison du fort de Bracon, chassèrent , à main armée, les chanoines de Saint-Maurice du monastère dont ils s'étaient emparés. On comprend difficilement, de nos jours, qu'une garnison militaire ait pu déférer h la réquisition de quelques moines , et que le bâton pastoral d'un abbé ou d'un prieur ait produit sur des soldats le même effet que le bâton d'un maréchal de France, mais cela vient sans doute de ce qu'on ne connaît pas toutes les circonstances de cet événement.

S 7. La sentence du bailli d'Aval ayant été confirmée en appel , le 21 mai 1481, les parties, fatiguées sans doute d'un c mbit* état si longuement hostile , se rapprochèrent et firent une transaction. Elle fut passée, le 21 août, devant le notaire Du Borget, munie des sceaux du prieuré de Gigny et du chapitre de Saint-Maurice , ainsi que de celui du Tabeltionnat de Franche-Comté , et ratifiée le 31 août par le grand-prieur de Cluny. Selon cet accord, les chanoines de Saint-Maurice

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