CHAPITRE LT II. Art
se désistèrent de la bulle d'union qu'ils avaient obtenue , moyennant la cession des biens et droits quelconques du prieuré de Château, à Chissey, Souvans, Marnoz , Villere- Robert et Vadans, y compris le patronage de ces cures , et à charge, par les religieux de Gigny, de procurer des bulles d'union et d'incorporation de tous ces bénéfices à leur mense canoniale. Il fut aussi convenu que nos mêmes religieux paieraient une somme de 2000 fr. en monnaie de Bourgogne , pour indemniser le chapitre de Salins , du coust de la bulle obtenue (|93> et des frais supportés. Ils constituèrent, en outre, une pension viagère de 400 fr. en faveur du cardinal Picolomini, prieur commendataire, mais il fut réservé qu'ils pourraient recouvrer le membre de Chissey, dans l'espace de vingt ans , en payant une somme de 1200 fr. En conséquence , après la double ratification donnée par les c- 133 chanoines de Saint-Maurice et par les moines de Gigny, trois bulles, datées du 12 mars 1482 , furent obtenues en cour de Rome , Tune pour approuver la transaction , l'autre pour soumettre de nouveau le prieuré de Château à celui de Gigny , et la troisième pour réunir au chapitre canonial les églises et droits cédés.
Pour subvenir à tous ces frais, nos religieux remirent, en août 1482 , moyennant 3000 fr. , au prêtre Hugues Daguel d'Orgelet, une rente de trois florins et deux blancs à eux due à Barésia, et une autre de huit quartaux de blé , par moitié froment et avoine , et de sept bichons de froment et dix rez et demi d'avoine , leur appartenant à Soussonne.
$ 8. Quelques années après, les moines de Gigny trouvèrent peu avantageux pour eux cet ancien membre de leur établissement, parce que les guerres de Louis XI, les frais de procès et le coût des bulles obtenues en avaient ruiné ou ab-
(19]) Ce chapitre avait paye 3^oo ducat* d'or, pour le couit de cette bulle- Le cardinal de Sienne aynnt été obligé d'en faire l'avance, n'en obtint le remboursement qu'âpre* avoir fait taisir let revenus d,c§ chanoines, ^ £H
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sorbë les revenus, diminués aussi par la pension viagère du cardinal Picolomini. C'est pourquoi, ils le cédèrent t ou plutôt le vendirent à l'abbaye de Cluny ou à Antoine de Roche, son grand-prieur, titulaire aussi des prieurés de Morteau et de la Charité-sur-Loire. Celui-ci l'acquit pour l'unir au collège de Saint-Jérôme de Dole, fondé par lui , en 1490, en laveur des hautes études ecclésiastiques, puis envahi par les jésuites en 1582, et converti ensuite en collège de l'Arc. Cette cession, faite le 1." juin 1496 , fut approuvée par l'abbé de Cluny dans la même année et revêtue, le 13 avril 1499, d'une bulle apostolique. On y réserva des bourses au collège de Dole, a la nomination du prieur de Gigny. Il parai», que nos religieux se réservèrent aussi leur droit de responsion , car on trouve mentionnée, sur un de nos inventaires , « une o saisie faite en 1644, à leur requête, sur ceux de Chair teau-sur-Salins, pour obtenir paiement de la somme de « 29 fr. et 2 gros de la censé annuelle de sept florins d'or, o
Le supérieur du collège de Saint-Jérôme devint ainsi celui du prieuré de Château. On y établit ensuite une communauté régulière et la réforme de Saint- Vannes y fut introduite en 1635, en même temps qu'au collège de Dole. Mais, en 1685, ce prieuré sortit de cette congrégation de Saint- Vannes et rentra dans l'ordre de Cluny. Avant la réforme , on envoyait les religieux les plus aptes prendre leurs grades en l'université de Dole, aûn qu'il fussent ensuite plus capables pour les offices de prieur et de sacristain.
Au reste, la vente du prieuré de Château au grand-prieur de Cluny, par les religieux de Gigny, renouvela le procès avecle chapitre de Saint-Maurice de Salins, qui prétendit que l'abbaye de Cluny n'avait pu obtenir ce bénéfice à prix d'argent. Ce procès, contre les bénédictins de Dole, ruina le chapitre canonial et dura plus de deux siècles. On voit qu'en 1721, ces chanoines envoyèrent encore leur doyen a Paris, pour présenter au prince régent, avec la recomman-