‹ Histoire de GignyChapitre 257 sur 356 · CHAPITRE LVII. Alt · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVII. Alt

sous le nom de Castanetum, fut donné, en 930, à l'église de Màcon, par le comte Albéric, avec un autre village du canton lyonnais nommé Swriacum. Cette opinion, qui a été celle de J.-B. Béchet, nous parait peu fondée, parce qu'on ne trouve aucun autre indice qne ce lieu ait été jamais possédé par l'église de Màcon. Au contraire, on a vu [page 68) qu'en 1231, Etienne, comte de Bourgogne, avait déjà donné aux moines de Gigny une rente annuelle de cent sols, en ne se réservant aucun droit sur Cbatonnay, si ce n'est la garde de l'église. L'auteur ou annotateur précité est donc encore tombé dans l'erreur en pensant que ce dernier lieu a été le Chatonnay recensé, dans une charte de 1280, comme membre de l'ancien domaine de l'abbaye de Saiut-Oyen.

S 2. Ainsi, on peut tenir pour certain que le prieuré de Cbatonnay a appartenu à Gigny dès le commencement du treizième siècle au moins, et qu'il a été probablement fondé à cette époque ensuite des libéralités du comte Étienne. C'est pour cela que les successeurs de ce souverain en ont conservé la Garde, et que Jean de Cbalon la plaça parmi ses seigneuries, dont il donna le dénombrement, en 1390, à Philippe-le-Hardi, duc et comte de Bourgogne.

Ce bénéfice, dont nous n'avons trouvé de titulaires que dès le commencement du quatorzième siècle, fut probablement possédé en commende , ou du moins par des prieurs non résidants, dès le milieu du quinzième. Mais le dernier titulaire ayant donné sa démission en 1765 , moyennant une pension viagère, ce prieuré fut sécularisé en 1766 et réuni à la mense capitulaire de Gigny.

S 3. Le prieur de Chatonnay était seigneur de la terre de ce nom, composée de Chatonnay, la Boissière, Dramelay-la- Ville, Soussonne, Genod , Ugna et Savigna. Il y avait la justice haute, moyenne et basse, dont il nommait les officiers, comme le prouve une enquête faite le 5 octobre 1624, par un conseiller du parlement de Dole. Aussi nos inven-

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la ires citent des registres de tenue de cette justice de 1475 à 1720, pour délits ruraux et forestiers, contraventions de chasse, de pèche et de voirie ; pour dation de tuteurs, établissements de bliefs, de messiers, etc.... Un titre de 1505 mentionne même la condamnation à l'amende d'un individu étranger qui avait tue un cerf dans la seigneurie.

Les habitants de celle-ci étaient non-seulement justiciables du prieur, mais encore corvéables, taillables, mainmortables et assujettis à la tâche, a la banalité du moulin, aux cens , lods, etc... Une sentence du 19 février 1419 les déclara gens de mainmorte et de serve condition. D'autres jugemeuts les condamnèrent aux corvées en 1421, 1464, etc..

$ 4. Le droit de justice fut contesté, en différents temps , au prieur de Chatonnay, par le seigneur d'Arinthod. D'un côté, ou trouve que, déjà en 1505, une sentence sur mandement fut rendue contre les officiers de ce dernier, à la requête du prieur. D'un autre côté , on trouve aussi qu'en 1512, le juge châtelain du seigneur déclara que les habitants de Chatonnay étaient obligés, comme les sujets même de la terre d'Arinthod, d'ai'dcr aux fortifications du château de ce lieu. Cependant, les prétentions de ce seigneur furent rejetées par plusieurs autres sentences, en 1521, 1522, 1526 et 1530. Le marquis J.-Cl. de Montaigu, devenu seigneur d'Arinthod en 1698, se prétendit de nouveau haut-justicier de la terre de Chatonnay et se permit, en 1705, d'y taxer le pain et le vin. Or, le prieur lui intenta de suite une action et intervint dans celle que ce seigneur forma lui-même, en 1706, pour fait de pêche dans la rivière de Chatonnay. Il paraît que cette contestation fut engagée pour long-temps , ou bien qu'elle fut ensuite renouvelée. En effet, on voit qu'après la sécularisation du monastère, les débats avaient recommencé entre le procureur d'office d'Arinthod et les nobles chanoines ; que ceux-ci, par un acte du 7 avril 1*67 , appelèrent d'un jugement rendu a leur préjudice par le juge

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châtelain du seigneur, en soutenant être haut-justiciers de la terre de Chatonnay; que, le 16 janvier 1768, il nommèrent, de concert avec le seigneur, des arbitres chargés de décider cette vieille contestation ; qu'enfin, en 1778, ils faisaient encore rédiger des mémoires à l'appui de leur cause. Or, il est à croire que la sentence arbitrale fut rendue en leur faveur, car en louant les revenus de leur prieuré, en 1780, ils se réservèrent l'exercice et le produit de la justice qui leur appartenait, disaient-ils.

$ 5. Le prieuré rural de Chatonnay , a la collation du pape, faisant partie de l'ancien diocèse de Besançon , était c. Ml. occupé par deux moines , y compris le prieur. Ses revenus consistaient en dîmes, cens, lods, vends, prés, échutesde mainmorte, droits de justice, etc.... Ils valaient 500 fr. en 1712, 700 fr. en 1737, 500 fr. nets en 1760, et ils furent loués avec quelques réserves, 800 fr. en 1765, et 1000 fr. en 1780. Une usine à fouler le drap et des moulins banaux acensés en 1444, 1473, 1489, en dépendaient, mais ils furent vendus en 1588. Les divers terriers de cette seigneurie confectionnés en 1502, 1515, 1527 et 1598, furent renouvelés en 1708 et 1709.

S 6. Voici les noms de quelques prieurs de Chatonnay:

Guillaume de Grave, damoiseau, en 1330. G.

Aimé de Baume, 1349.

N... Buseau-Bouvard, 1482, 1499.

Etienne de Yauchier, 1534, 1545.

Jean-Antoine de Binans, 1616, 1619, 1620, 1625, 1638. (De son temps, les titres du prieuré furent incendiés).

François-Gaspard de Joux , dit de Graptomont, évéque d'Aréthuse , chanoine métropolitain, prieur de Vauxs.-Poiigny, 1686, 1727.

Pierre Dupuys, 1734, 1737.

N... La Feuilles, 1748.

Antoine Jacquier , supérieur de la congrégation de la

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mission a Paris, sous lequel le prieuré fut sécularisé et uni a la raense de Gigny, 1757, 1765. c us. Nonobslant la démission de ce dernier titulaire, moyennant une pension viagère de 540 fr. , M. Monnier a encore trouvé que M. La Feuille, général des Petils-Àuguslins, était qualifié prieur de Chatonnay en 1785, jouissant des revenus du bénéfice que les nobles chanoines de Gigny louaient et percevaient cependant par baux authentiques en 1765 et

§ 7. De l'ancien prieuré de Chatonnay, il ne reste que \% église, avec le puits de la maison prieurale, construite à soir, laquelle a été démolie dans le dix-huitième siècle.

L'église, sous le vocable de Saint-Maurice, dont le pavé est inférieur d'une marche au sol du dehors, paraît fort ancienne. Sa voûte est en ogive très aiguë ; on y voit une tombe avec inscription en caractères très gothiques en partie effacés, et sur une pierre extérieure de la sacristie, on trouva le chiffre 1581, avec les quatre lettres M. H. B. P., qui indiquent peut-être un prieur ou un curé de l'époque. La cloche, fondue depuis peu d'années, portait aussi une inscription en lettres gothiques. Une chapelle en l'honneur de sainte Barbe y a été érigée, il y a environ un siècle, par Boisson de Dramelay.

§ 8. Le prieur de Gigny avait le patronage de la cure de Chatonnay et en nommait ou présentait le desservant. Le village de Dramelay dépendait de cette paroisse et y amenait inhumer ses morts. Le presbytère actuel a été construit , après la réunion du prieuré au chapitre de Gigny, par N.... Guichard, curé d'Ârinthod , originaire de Chatonnay. Celui 4e ce dernier lieu céda, eu 1776, la dime des novales a nos nobles chanoines, moyennant une rente perpétuelle ée cent francs. Nous avons trouvé quelques anciens desservants , savoir: Guillaume de Vtllars, curé et notaire en 1382; Élienne Mord, qui résigna, en 1554, en faveur de frère Gas-

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