‹ Histoire de GignyChapitre 258 sur 356 · chapitre ltii. Art · texte numérisé non relu

chapitre ltii. Art

pard de YAubépin; Benoît Pravet, en 1597; N... Jotix en 168G ; Cl.-Adritn Jmtli en 1700; N.... Gukhard en 1734, etc....— André de Châtonnay était curé d'Aumont en 1339.

Il n'y a plus maintenant de paroisse à Châtonnay, qui dépend de celle de la Boissière, ainsi que Dramelay. L'église de la Boissière, selon la tradition locale, a été construite par les moines de Gigny, dont le prieur avait en effet le patronage. Elle paraît ancienne, quoique sa voûte soit à plein ceintre; on n'y entre qu'en descendant trois ou quatre marches; et elle est aujourd'hui sous le vocable de Saint-Pierre et de Saint-Paul, autrefois sous celui de Saint-Christophe. La cloche, qui porte la date de 1633, a eu pour parrain noble Pierre de Balay, seigneur de Marigna et de la Boissière, et pour marraine dame Jacqueline de Franchet, son épouse. Elle offre aussi l'inscription : I. IL S. MAR, sancle Petre, sancle Chrislophore, orale pro nobis.

La famille de Balay possède, en cette église, une chapelle sous le vocable de Saint-Augustin, et porte la date de 1722.

Le nom de la Boissière dérive-t-il de buxus, buis, arbrisseau naturel au pays?

Art. IX. — Prieuré de Clairvaux-lèz-Vaux-d'Ain.

S 1. Un médecin estimable de Clairvaux, qui a écrit une notice intéressante sur le pays qu'il habitait, le docteur Pyot, pensait que Clairvaux était déjà une bourgade gauloise, puis romaine, en se fondant sur quelques objets d'antiquité qui y ont été trouvés. Mais, ce qui est certain, c'est que les chartes venues a noire connaissance ne mentionnent ce lieu que sur la (in du douzième siècle. Ponce, sire de Cuiseaux, Brangcs, Clairvaux et Virechalel, en 1172, en est le premier seigneur connu. Ses descendants jouirent de cette baronie, dont ils prirentle nom, pendant quatre générations, jusques et y compris Marguerite de Clairvaux, dernière du

nom, qui, par son mariage, au milieu du quatorzième siècle, la porta daus la maison de Villers-Sexel. A son tour, Jeanne de Villers-Sexel , par le sien, la fit entrer , au quinzième siècle, dans la maison de Bauflremont, qui Ta possédée jusqu'au renversement delà féodalité.

S 2. Quant au prieuré de Snint-Nithier de Clairvaux, on ignore aussi l'époque à laquelle il a été fondé et par qui il a été donné au monastère de Gigny. Les prieurs les plus anciens, dont il soit fait mention dans les titres, sont : Ponce en 1259; Ètietmcen 1272, auquel les chartreux de Bonlicu permirent un défrichement dans leur forêt; Humbert en 1279, qui transigea avec le seigneur de Clairvaux au sujet des dîmes novaJes de Châtel-de-Joux, et qui, en 1280, apposa son sceau a un acte de Bonlieu.

Ce prieuré était d'abord régulier, comme le prouve une sentence de l'ofllcialité de Besançon, rendue en 1544; et selon c. i3t l'ancien pouillé de Cluny, il devait y résider deux moines, y compris le prieur. Mais, dès le seizième siècle, it lut conféré en commende. Il était h la collation du pape, comme c iu, lie. tous les prieurés ruraux du diocèse de Besançon. Sa sécularisation fut prononcée en 1766, et ses revenus, déclarés unis à la mense du chapitre de Gigny après la mort, démission ou destitution du titulaire.

S 3. Le prieur de Clairvaux avait le patronage de la cure du lieu, laquelle fut unie au prieuré, déjà avant le seizième siècle. Il en était curé primitif et prenait le titre de primackr (m). La sentence de l'ofûcialité de 1544 défendit au vicaire et aux familiers de Clairvaux de recevoir aucune fondation sans l'agrément du prieur. Les statuts de cette familiarité avaient été rédigés en 1614, comme on l'a déjà dit, par l'ar-

(19S) Anciennement dans les colléçinles cl dam le» congrégations religieuses, on était dans l'usage d'eci ire les noms des membres sur des tablettes de cire. Or, celui qui était tutciit en tète était appelé primaciert primicier, de primu* in ttrt».

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chevéque de Besançon, coramendatairc de Gigny. D'après un titre de 1677, le prieur avait le droit de faire distribuer l'eau bénite dans le bourg; mais il n'était pas tenu d'entretenir le luminaire, ni la lampe ardente de l'église paroissiale, non plus que l'ouvrier de Gigny, ainsi qu'on a déjà vu. Cet entretien était a la charge des paroissiens. Dans le chapitre précédent, on a parlé du traité que ceux-ci firent, en 1677, avec cet officier claustral, au sujet de la marguillerie et autres droits.

Le titulaire de Saint-Nithier était aussi patron de la chapelle de l'ermitage de Veriamboz, et il devait la desservir, moyennant une rente de dix livres estevenantes, constituée en 1676 par les habitants de ce lieu.

Il avait encore le patronage de la chapelle de Samt-Maurke, au canton de Saint-Laurent, qu'une sentence de l'officialité, en 1654, le condamna à faire desservir. Dix ans plus tard, les habitants demandèrent qu'elle fût érigée en cure à leurs frais, ce qu'ils obtinrent en 1671. Cette enre (ut composée de Saint-Maurice, Crilla, Boujailles etTrétu ; et les premiers curés furent N.... Dayet en 1680, N.... Gmllet en 1686. Le prieur conserva le patronage de cette nouvelle cure ; mais, en sa qualité de décimateur, il fut condamné, en 1691, par une sentence dn bailliage d'Orgelet, a payer au curé de Saint- Maurice une somme annuelle de 100 francs, et les nouveaux paroissiens une autre de 200 fr., pour portion congrue. Dans la même année, une transaction ayant été faite entre les deux ecclésiastiques, celui de Clairvaux céda a celui de Saint-Maurice, pour lui tenir lieu de ladite pension de 100 fr., la totalité des grabadis de la nouvelle paroisse, avec le tiers qui lui appartenait dans la grosse dîme.

$ 4. Le bénéfice de Clairvaux valait 800 fr. à son titulaire en 1C36, 900 fr. en 1737; 1400 francs nets en 1760 ; et 2705 fr. en 1788. Cette dernière somme se trouva réduite a celle de 618 fr., après la suppression des dîmes et autres droits ecclésiastiques ou féodaux.

Ces revenus provenaient principalement de» dimes que le prieur percevait, non-seulement à Clairvaux, mais encore dans les villages voisins à Bissia, Boissiu, Boujaillcs, Cogna, Grilla, Chàtel-de-Joux, Élival, La Frasnée, lluutecourt, Saint- Maurice, Palornay, Piétcllc, Soyria, Thoiria, Trôtu, Uxelles et Vcrtamboz. Mais la totalité de la dune de ces divers lieux ne lui appartenait pas ; car à Élival, par exemple, l'abbaye de Saint-Claude en percevait une grande partie ; à Saint- Maurice et lieux de celte paroisse, la chartreuse de Bonlieu en recueillait les deux tiers; à Clairvaux et ailleurs, le seigneur et le curé partageaient avec lui les dîmes novales,' sur lesquelles les chartreux avaient encore des prétentions ; etc. La dime de l'avoine était levée au même laux que celle du blé, c'est-à-dire, à la onzième gerbe. A l'égard des grabadis, ou de la dime des menus grains, un arrêt de 1770 déclara qu'elle devait être acquittée ( sans doute ensuite de quelque abonnement) à raison d'une mesure par journal, dans tous les villages dépendants du prieuré. Enfin , au sujet de toutes ces dîmes, il fut constaté par une enquête, en 1773, que , dans les trois villages de Boujailles, Grilla et Trétu, il était d'usage de convertir, de temps en temps, les prés en terres et les terres en prés.

Outre la grosse et la menue dîmes, les habitants devaient encore les charrues ou quarterons au prieur. Ce droit fut réglé en 1667, à l'officialilé, par un traité fait entre les habitants, d'une part , et le prieur et le curé de Clairvaux, de l'agrément du chapitre de Gigny, d'autre part. Il fut reconnu et convenu que les paroissiens ne tenant pas charrue devaient payer deux gros par feu ; que les laboureurs de Bissia , Boissia , Cbâtcl-de-Joux , Cogna , La Frasnée , Palornay , Piélelle, Soyria, Uxelles et Vcrtamboz, devaient livrer une mesure de froment, à la mesure du lieu ; que ceux de Boujailles, Crilla, Sainl-Maurice et Trêtu, devaient livrer, en outre, un rez d'avoine; qu'enfin ceux de Clairvaux, con-

CHAPITRE lyii. Art. 9. 453 lestant ce droit, seraient traduits en justice , pour être condamnés à l'acquitter, s'il y avait lieu.

En fait de droits féodaux, le prieur ne jouissait que de celui des langues de bôtes abattues dans les boucheries de Clairvaux. Il jouissait aussi de quelques cens. Ainsi, on voit qu'en 1601, « il abergea, sous la censé annuelle de dix sols tour- « nois, portant lods, vends, directe, seigneurie et retenues, « une bermiture et place, qui furent vignes autrefois, dépen- « dantesduprieurédeSaînt-Nithierde Clerval en montagne, a assises au territoire de Cuiseaux, proche les prés de Goz, « lieu dit la Clervaude, ou la vigne au prieur , ou Es Costci Gan- « dillet. »

On trouve, en outre, qu'en 1685, une terre située à Châtel-de-Joux était affectée envers lui d'un cens portant lods, amendes et retenue.

Entre autres immeubles, il possédait a Clairvaux le pré de la Combe, contenant 12 faulx (soitures) et demie et 49 perches.

Au reste, le bénéficier obtint, en 1666, un mandement ou moniloirc, par lequel l'archevêque de Besancon ordonna , sous peine d'être maudit et excommunié, de révéler ce qu'on savait sur les biens et droits de son prieuré.

En ce qui concerne les charges, le titulaire de Clairvaux devait, comme les autres , au monastère de Gigny, dont il relevait immédiatement, un cens annuel de sept florins d'or et de quatre pots d'huile, pour droit de responsion. Le prieur G. Pcrrier, s'élant refusé à le payer, y fut condamné, en 1645, par sentence du bailliage d'Orgelet, ainsi qucC.-D.- J. Dagay, un de ses successeurs, en 1733. S 3. S'ensuit la liste de plusieurs prieurs :

Ponce, en 1259.

Etiexnk, 1272.

Humdert, 1279, 1280.

Nicolas, 1368.

Etienne deVillars, 1374.

Etienne Vaillaht, 1431.

François du Brecl, protonotaire apostolique, 1535. N Bouelly, 15U.

Antoine duBreul, prieur commcndalaire en 1500, ainsi que de Nantua , lequel renonça à ses bénéfices pour devenir conseiller du duc de Savoie.

Louis Desbarres, chanoine de Besançon, 1566, 1568.

Joachim de Rte, abbé de Saint-Claude, 1580.

Claude Regnaudot, 1588.

Guibert de Chavirey, prieur clo Hier de Gigny, 1591 ,

Guillaume Perrier ou Perrin, 1604, 1613, 1614, 1645. Charles Rigolet, chanoine de Poligny, 1630, 1633, 1 636, 1664, 1667.

Phil. -Charles Dagay, docteur en théologie, doyen et chantre de Poligny, 1671, 1685, 1686, 1692, 1700 ; mort en 1721.

Charles-Denis-Joseph Dagay, chanoine de Besançon, doyen de Poligny, abbé de Sorrcze, 1733, 1747, 1755.

Philippe-François-Joseph Dagay, d'Épenoy, chanoine de Besançon, prieur commendataire d'IIéauville , 1757 , 1767, 1780, 1787, dernier titulaire, vivant encore en

$ G. L'église de Clairvaux est placée sous lin vocation de saintNilhier, dont on fait la féleleSmai, et duquel beaucoup d'habitants portaient autrefois le nom. Ses reliques existaient jadis presque toutes dans celte église, qui était en même temps prieurale et paroissiale ; mais, en 1637, l'autel ayant été calciné, pendant la guerre funeste de oette époque, elles furent en grande partie consumées ou détruites. On n'en retira qu'une petite portion intacte, qu'on conserve encore et qui a été déposée, en 1691, dans une loge ou boite pratiquée au bas du buste du saint patron. Au reste, saint Nilhier

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