CHAPITRE lyii. Art
parait avoir été un évéquc de Vienne, nommé Neetariut dans la chronique d'Adon , lequel assista, en 350, au synode de Vaison, et mourut en 368. C'est probablement de lui qu'il est dit dans le martyrologe de saint Jérôme : Ad 5 num, Vfcnnœ depos'aio Neclar'û et Nicetœ. Néanmoins, cet évéque n'a point de culte à Vienne. D'ailleurs, on ne peut pas le confondre avec saint Nizier, parce que ce dernier est fété le 2 avril.
Outre le buste doré de saint Nithier, représenté avec la mitre et la crosse épiscopales, il y a encore dans l'église un bnste de saint Guérin, abbé, représenté avec son bâton pastoral. On porte ces deux bustes dans les processions, mais celui de saint Guérin ne provient pas de l'église de Poitte, et il n'existe aucune pratique de dévotion, aucun apport, aucune fôte, en l'honneur de ce saint abbé, a Clairvaux.
L'église de ce lieu présente peu d'antiquités: quelques inscriptions lumulaires en caractères gothiques à demi effacés, des stalles provenant de l'abbaye de Baume , et quelques fenêtres de chapelles construites en ogives et en style gothique. La voûtedela nef principale est en plein ceintreet parait avoir été reconstruite postérieurement, sans doute après l'incendie de 1637. C'est probablement alors que le chœur fut déplacé et établi a l'occident, et la porte à l'orient, comme à Véria et à Pont-d'Ain. Une inscription latine, accompagnée d'un écusson armorié, dans une chapelle au nord, fait connaître que celle-ci fut détruite et ruinée par la guerre de 1637 et rétablie en 1672.
Le corps de Philibert de Chalon, ramené de Florence à Lons-le-Saunier, en 1530, fut présenté à l'église de Saint-Nithier de Clairvaux, parce que, dit la relation de cette pompe funèbre, cette église devait des prières à son seigneur. Ce motif indique peut-être la fondation et dotation du prieuré par un des ancêtres du défunt.
La mauon priettrale, contiguë a l'église du côté du nord, existe encore, et l'on voit la porte, actuellement murée, par
4*it> HISTOIRE DE GIGNY.
laquelle le prieur passait de sa chambre dans l'ancien chœur, saus doute séparé de la nef par un cancel. Depuis le changement des lieux, cette porte permettait au prieur et aux gens de sa maison, d'aller assister à l'office dans la tribune placée au dessus de la porte de l'église.
L'église ou la cure de Clairvauxétaitdn patronage du prieur du lieu , et dépendait du monastère de Gigny. Un ancien pouillé de celui-ci la mentionne ainsi : Eccletiam de Claravalle in Montana. On a trouvé dans les titres les noms des anciens curés qui suivent : Hahnon en 1208, Ponce 1212, Guy 1244, 1259, Je an 1272, Baron 1281, Jean 1304, Humbert 1360, Don 1374, Pierre Chesne 1544, 1566, 1568, Jean Cordclier, 1666.
Art. X. — Prieuré de la Cluse-Sainl-Bernard.
c. I3i . Ce prieuré n'est connu que par son insertion dans l'ancien catalogue des bénéfices de Ciuny, comme immédiatement dépendant de Gigny, dans le diocèse de Genève. C'est sans doute ce prieuré que l'historien Dunod voulait indiquer, lorsqu'il disait, en 1735, que nos religieux avaient possédé autrefois des prieurés jusque dans le Genevois. Nous avons encore lu dans une histoire ecclésiastique des diocèses de Genève, Ta ren taise et Maurienne, publiée en 1759, la mention d'un prieuré rural de bénédictins à la Cluse-Saint-Bernard, au décanat d'Aubonne. Mais c'est tout ce qui en est parvenu à notre connaissance, et nous ignorons absolument quand et comment le monastère de Gigny l'avait obtenu , à quelle époque et pourquoi il a cessé de lui appartenir, quels en ont été les titulaires, en quelles mains il a passé, etc., etc-
Prieuré de Cuiseaux.
Voyez ci-après, prieuré de Mouz.