‹ Histoire de GignyChapitre 260 sur 356 · CHAPITRE LVII. Al't · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVII. Al't

Art. XI. — Prieuré de Cuisia.

S 1. Il a été dit, auchapitre|V|ci-dcvant, que Manassès de Coligny avait fait don, en 974,\le l'église de Trcffort à l'abbaye de Gigny. Cependant, d'un autre côté, d'après le cartulaire do Nantira, cette église aurait été donnée, avant le milieu du cinquième siècle, par Gondicaire, roi de Bourgogne, àcelle de Nantira, en même temps que celles de Saint- Albanen Maçonnais, et du Sain t-Joyre en Lyonnais. Cequi est certain, c'est que l'abbaye de Nantira y a possédé long-temps un prieuré établi dans un lieu appelé encore aujourd'hui le Moncstay, dont on cite deux titulaires en 1258 et en 1273 ; ce qui est certain encore, c'est que, postérieurement, mais déjà avant le quinzième siècle, comme le prouve l'ancien catalogue des bénéfices de Cluny, ce prieuré fut réuni à la mense capitulaire des religieux de Nantua, qui en ont joui jusqu'à la fin. Néanmoins, ce même catalogue place aussi un prieuré de Treflbrt au nombre de ceux qui sont immédiate- c. !3t ment soumis à Gigny. Or, on peut présumer qu'il s'agit du prieuré de Cuisia, peut-être démembré de celui de Trcffort, dont il n'est distant que de trois kilomètres.

% 2. Ce prieuré a été réuni de bonne heure a la mense de Gigny, car il n'est pas même nommé dans les ouvrages de Guichenon, de Carreau , de Dunod, etc. , non plus que dans le catalogue précité, à moins, comme on a dit, qu'il ne soit désigné en ce dernier sous le nom de 'Treflbrt. Cependant , la maison pneu raie n'a été démolie que depuis peu d'années. Elle était contiguë au mur méridional de l'église actuelle. Les noms des prieurs sont inconnus, et les litres de Gigny n'en mentionnent aucun. Les inventaires ne citent même point de titres anciens relatifs à cet établissement, à l'exception de quelques terriers en latin de 1434, 1457, 1511 et 1545. Ils relatent aussi une transaction faite

458 msTOinn de gigsy.

en 1*376 entre le prieur de Gigny et M. de Rosy, au sujet du cens du au prieur de Cuisia.

$ 3. L'église de Cuïsh, sous le vocable de saint Clément, pape, cl dôM le prieur de Gigny avait le patronage, est ancienne. Ses fenêtres sont toutes en ogives ; on y voit quelques lombes du seizième siècle ; et, sous le porche, à côté de la porte d'entrée, se trouve une pierre pupitrale, attenante au mur, destinée a recevoir lo livre, lors de la cérémonie du jeudi saint. De semblables pierres existent aux églises de Trcflbrt, Cotirmangoux, Fronlcnaud et Saint-Laurent-la-Rochc. Les fonds baptismaux sont formés d'un marbre octogone poli , sur les panneaux duquel sont très bien sculptées des figures religieuses et des inscriptions en lettres antiques, notamment le monogramme IHS.

La statue de Notre-Dame de Montfort a été transférée, depuis quelques années, dans l'église de Cuisia. Elle était auparavant dans une chapelle particulière sur la côte, en approchant les ruines de l'antique château dont celle-ci dépendait. On y allait en procession le jour de la Fête-Dieu, et l'historien Guichenon dit que, de son temps, on y avait une grande dévotion.

S 4. Au sud-ouest de l'église, à mi-cotc, là où on voit aujourd'hui uuc croix , existait un ermitage dépendant du prieuré de Gigny, au sujet duquel, en 1618, il y eut un procès. Les revenus en furent réunis à la mensc capitulaire en 1769, après qu'Honoré Dumont, chirurgiens Cuisia, qui en jouissait, y eut consenti et en eut donné la démission. Ces biens consistaient alors en uns maison , un jardin , un clos planté de vigne et une rente de 12 10" Ils furent loués, en la même année, par les nobles chanoines, moyennant 60 francs. Au reste, il ne subsiste aucun usage relatif a cet ermitage, dont la localité a seulement conservé le nom. On n'y fait aucune procession, on ne va point y manger les œufs le lendemain de Pâques, etc..

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