CHAPITRE ltii. Art
minutes de cette justice moyenne et basse pour les années 1651, 1747, 1765. Il avait aussi le droit de moinmorte réelle et personnelle, dont le prieur Cl. de La Tour affranchit In famille Bucliot, en 1611 , moyennant une renie annuelle do 100 francs.
Outre ce seigneur ecclésiastique, Maynal avait un ou plusieurs seigneurs civils, ayant châteaux , terriers et justices propres. Cette seigneurie multiple appartint d'abord aux maisons de Rosay, Varax etPoligny, dont Guillaume de Rosay, vivant en 1403; Marguerite de Varax, en 1419; Guigonne de Varax, dame de Rosay et Maynal , en 1487; Jeande Poligny, écuyer, marié avec Alix de Salins- Vincelles, lequel testa en 1434, étant seigneur de Coges, d'Augea et de Ménay ; Guyot de P., fils de Jean, seigneur des niâmes lieux, encore en 1460; Hugues de P., chevalier, seigneur d'Augea, fils du précédent et père de François de P., qui se maria en 1551 avec Madeleine de Salins- Vincelles; Claude de P.. seigneur de Coges, qui reprit de fief du comte de Bourgogne en 1571, et qui fut marié avec Françoise de Montjeu , dame de Maynal.
A ces seigneurs, succédèrent les barons de Cressia de la maison de Coligny, que nous avons vus aussi seigneurs de Flacey. Etienne Berton, de Lyon , acheta, en 1670, l'une et l'autre seigneurie de la veuve du dernier des Coligny. Sa fille fut mariée a Antoine de Laurencin, dont l'héritière reprit de fief en 1722 et vendit la seigneurie de Maynal a François- Louis deVauchicr, qui se qualifiait seigneur deGrandchamp et de Maynal, au milieu du dix-huitième siècle. Enfin la demoiselle de Vauehier porta en dot la même seigneurie au comte d'Amandre, mort en 1823.
On lit sur le mur méridional de l'église, derrière une boiserie, une inscription qui prouve qu'Antoinette de Seyturier ou de Cornod, troisième femme de Claude de Salins, seigneur de Vincclles-sur-Seille, Vaugrigneuse et Marigna ,
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a clé i ii lui niée dans celle église. Celle dame, qui se remaria on 1538, fut mère de Madeleine de Salins, donl on a parlé, et dÉlien nette de Salins, mariée avec Joaehiin de Bernaut, seigneur de Rosay, toutes deux dames de Maynal. Ce Ait ce Claude de Salins qui, au désir exprimé par la dame au monde qu'il aimait le plut, donna en 1 S 11 un brillant tournoi ou }ms d'armes, dans la cour de son château de Vineellcs, en présence de l'empereur Maximilien , juge des combattants. Or, nous remarquerons ici que ce haut fait de chevalerie se passa au château de Vincelles, près Louhans, et non à Vincelles, près Maynal, comme quelques auteurs l'ont écrit.
Les seigneurs civils et ecclésiastiques de ce dernier lieu étaient sous la suzeraineté du seigneur ou baron d'Orgelet, de la maison de Chalon ou de celle qui lui succéda. Ce dernier, seul, avait la haute justice et le droit d'ériger le signe patibulaire. Il possédait aussi la garde du pré du Brcuil , l'échantillonnage des mesures et le droit de garde à Maynal, la veille, le jour et le lendemain de l'Ascension, avec pouvoir exclusif d'y faire tenir les assises et d'y percevoir les amendes pendant ces trois jours.
S 4. La maiten prieurale existe encore au sud-est, près de l'église, et il paraît que de cette maison le prieur passait dans la partie cancellée de celle-ci, par une porte spéciale de communication. Cette habitation a une apparence d'antiquité, mais on n'y trouve aucun millésime ni auoune inscription. Dans le dix-huilième siècle, elle était occupée, de l'agrément de l'aumônier de Gigny , par M. de Grandchamp, ou autre seigneur. Un beau clos de vigne aliénait a ce prieuré et en dépendait.
S 5. Véglue , sous le vocable de saint Cloud, et autrefois a la collation de l'aumônier, est belle quoique antique ; toute en ogives, couverte en laves; ayant la figure d'une croix latine formée de deux chapelles, dont l'une dite la Chapelle ou prieur; avec vestiges d'un cancel séparant la partie orientale,
CHAPITRE lvii. Art. 19. 489 réservée aux ecclésiastiques, de la partie occidentale, destinée aux paroissiens ; tombe de 1403 d'un membre de la maison de Pymorin, mais dont on ne peut lire toute rinscription. Les fenêtres du chœur ont été garnies depuis peu de beaux vitraux coloriés, mais où le rouge domine trop et fatigue la vue, et sur lesquels sont représentés en grand saint Clod, saint Denis, saint Pierre, saint Paul et la Vierge.
Une grosse tour carrée, très élevée, portant la date de 1574, sert de clocher et de vestibule à l'église. L'une des cloches porte le millésime de 1773 et le nom de M. de Faletans, prieur de Maynal et haut-doyen de Gigny.
Au reste, l'église et le prieuré sont construite sur une hauteur et lout-a-fait isolés du village. Il y a encore dans la commune des champs, des prés et des bois dits du prieur ou de Yaumàmer, même déjà dans un terrier du quinzième siècle. Quant aux curés, on en connaît plusieurs très auciens : Hayman /, chapelain en 1235; Haymon II , chapelain en Cm 7Jt 1266, 1270, 1292; Girtfrd Pelletier, d'Arinthod, avant 1374.
$6. La tradition, selon l'abbé Baverel, prétend que saint Laulhein a fondé ou établi le prieuré de Maynal et en a été le premier titulaire. Mais cette tradition n'a plus cours sur les lieux, et l'origine assignée est peu croyable, d'après ce quia été dit. Le même auteur a aussi écrit, maïs par erreur, que ce bénéfice ne valait que 200 francs à son titulaire en 1679, et 400 francs en 1760- En effet, en 1740, il était loué moyennant 1500 francs, en 1760 moyennant 1657, et en 1788 moyennant 2600.
Les revenus en provenaient 1.° des dîmes de Maynal et de ses hameaux, le Sorbief et Sellières ; de celles d'Augea et de ses sections, Changea et Bois-Laurent , depuis le quatorzième siècle au plus tôt ; de celles d'Orbagna et Crèvecœur ; de celles de Beaufort, Rambey et Champ-Bérard ; enfin de celles de toute la paroisse de Flacey ; 2.* des cens , lods , amendes et autres revenus féodaux ; 3.» des échutes de
mainmorte; 4.* de quelques acensements ou rentes, et, parmi ces dernières, de celle de 100 francs due par la famille Bucbot; 5.* des droits de patronage des églises dcMaynal, Beaufort et Flacey, montant ensemble à 27 francs; 6.° enfin de la maison et du clos du prieuré et de quelques prés ou autres biens fonds.
S 7. Quant aux charges, elles s'élevaient environ a 134 fr. en 1760, non compris la portion congrue due aux trois curés qui percevaient, sans doute en remplacement, une portion des dîmes. Le bénéficiaire devait , comme les autres prieurs subordonnés, un cens ou droit de responsion au monastère supérieur, lequel s'élevait à 4 francs, et que M. de Falelans, dernier titulaire, a payé jusqu'à la fin. Il devait, en outre, pour don gratuit, environ 50 francs par an, et il évalua, en la même année 1760, k 80 francs, a peu près, l'entretien annuel, a sa charge, du chœur , de la sacristie, des autels, linges et ornements dans les trois églises de son patronage.
On terminera cet article en observant que ce prieuré a c ni. été inscrit, par erreur typographique, dans le catalogue des bénéfices deCluny, sous le nom de Marnay, au lieu ûeMainay.
Am XX. — Prieuré de Mouz ou de la Madeleine.
§ 1 . On appelle encore Sous-Mou* les terres situées au bas du revers occidental de la butte sablonneuse nommée aujourd'hui la Madeleine, a un kilomètre à soir de la petite ville de Cuiseaux. C'est sur ce monticule isolé, près d'une croix où l'on foit, tous les ans, une procession des Rogations, qu'existait l'antique prieuré de Mou*. Dans l'acte des franchises et pmilégcs que Jean de Cuiseaux accorda à sa ville, en 1 265, Vctjlise de Mou* est désignée comme la limite occidentale de ces franchises
Uoo) M. Monnier pciuc que Mout pourrait bien èlie dérive Je Uou**% ▼ice-roi