‹ Histoire de GignyChapitre 276 sur 356 · CHAPITRE lvii. Art · texte numérisé non relu

CHAPITRE lvii. Art

Il est à croire que cette église a été la mère de celles de Cuiscaux et de Champagna, et que les moines de ce prieuré ont été les desservants de ces deux paroisses jusqu'à l'époque du concile de Latran. On peut donc présumer qu'à cette époque, c'est-à-dire, à la fin du douzième siècle, les églises de Cuiscaux et de Ghampagna ont été construites et ont commencé a avoir des chapelains ou vicaires perpétuels en titre, présentés par le prieur de Mouz, ou plutôt par celui de Gigny, son supérieur, puis institués par l'ordinaire. On trouve, en effet, pour la première fois Garin, chapelain de Cuisel en 1189 , ensuite André en 1222 et 1238, Ansellin à c. 77. Champagna en cette dernière année, ceux-ci témoins d'une de nos chartes. D'un autre côté, un bon juge en pareille matière, M. J. Bard, affirme que l'église de Cuiscaux est du commencement du treizième siècle.

L'existence du prieuré de Mouz, h un petit éloigneraient de Cuiscaux, a probablement donné lieu de dire que cette ville s'étendait jadis jusqu'au monticule de la Madeleine. Mais cette tradition ne mérite pas foi , tant à cause de la charte de 1265 , que parce qu'on n'a découvert aucunes ruiues dans les champs intermédiaires.

S 2. Le prieuré de Mouz, dont on ne connaît aucun titulaire résidant, mais qui existait probablement encore en 1265, parait avoir été réuni de bonne heure a f office du chambrier de Gigny, c'est-à-dire, dans le quatorzième siècle, comme celui de Cliàtcl, ou du moins, de temps immémorial, ainsi que disaient nos religieux lors de leur sécularisation. Il n'en est fait aucune mention, ni dans l'ancien pouillé de

de Maroc et lieutenant d' A M é rame, et que ce nom serait une nouvelle preuve de l'invasion des Sarrasins dans nos pays.' Bien que je sois très convaincu de celle invasion {k laquelle néanmoins on ne doit pas la plante céréale qui porte le nom de ces peuples) , je n'émettrai aucune opinion sur celte étymologie, et je mécontenterai de dire qu'il existait aussi une *»i//e de Mous dans le voisinage de Sagy, bien connue dans le quatorzième siècle. (Voyez page 15 cidevant.)

HISTOIRE DE GIGKY.

c. tu. Cluny, ni dans notre charte de 1424, relative a l'érection de la collégiale de Cuiseaux. Le prieur de Mouz ne figura aucunement dans celle-ci, pour donner quelque adhésion ; celui de Gigny seul, avec tous ses religieux, y parut et consentit a ladite érection. L'église de Mouz, après l'union du prieuré, fut convertie en une chapelle sous le vocable de la Maydeleine, laquelle a subsisté jusqu'en 1760. Le cbambrier en conserva le patronage temporel et prit, jusqu'à la fin, le C tio, U4. litre de prieur de la Magdcleme sous Oiseau, prieur de Samle- Magdeleine de Mouz. Il conserva aussi a Cuiseaux les dîmes dites de la Magdelc'me et de Foissia, avec quelques cens et quelques vignes, le tout évalué, en 1760, à 125 francs de revenu annuel. Ce titulaire reconnut, a cette époque, qu'il était chargé de faire célébrer chaque année , à Cuiseaux, des messes en valeur de 30 fr. Or, c'était probablement pour la desserte de l'ancien prieure, comme on a vu que cela était pratiqué a Donsurre, Uay etMarboz. Ce petit bénéfice était certainement le prieuré de la Madeleine que l'historien Dunod plaçait, en 1735, au nombre de ceux qui dépendaient de Gigny ; mais il s'est trompé en ajoutant qu'il était réuni à l'oflice de l'aumônier; il a voulu dire du cbambrier. On découvrit, il y a environ un siècle, au voisinage de la chapelle, des fondements de constructions qui étaient sans doute celles de l'ancien monastère. Celui-ci n'at-il été placé, sous son dernier vocable, que depuis 1468, lorsqu'un seigneur de Clémencey apporta a Cuiseaux une statue en argent de sainte Madeleine, prise au pillage de l'église de Saint-Lambert de Liège, lors du sac de cette ville par Charles-lc-Téméraire ? Je l'ignore.

S 3, Si, dans les derniers siècles, le prieuré de Mouz ou de la Madeleine n'était pas richement doté, c'est que la mense capitulaire de Gigny absorbait presque tous les revenus locaux qui provenaient peut-être de l'ancien monastère. En effet, nos religieux étaient gros déchnatcurs et même seigneurs

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