CHAPITRE LXY
qui, en 280 environ, défit près de 700,000 barbares venus de la Germanie dans les Gaules.
Enfin, quelques-uns retardent encore l'apostolat de S. Taurin en Neustric. La légende du bréviaire de Cleruiont en en Auvergne fixe l'époque de sa mort au quatrième siècle. Celle du bréviaire de Besançon porte qu'il prêcha l'évangile c 12. à Evreux au commencement du cinquième, lorsque S. Vitric gouvernait encore la métropole de Rouen (en 383, 399, 404). En cela, cette dernière légende se trouve d'accord avec nn historien d'Evreux qui soutient que les églises su ff rayantes n'ont pas reçu les lumières de l'évangile avant leur église métropolitaine ; que, dans tout le troisième siècle, la Normandie était plongée dans les erreurs de l'idolâtrie , et que la mort de S. Taurin ne peut être placée qu'en l'année 408, époque de l'invasion des Vandales. Il faudrait la relarder encore plus, si réellement, comme d'autres le prétendent, S. Gaude , mort en 491 , a été son successeur immédiat au siège d'Evreux.
De cette variété d'opinions, il résulte que l'époque précise de S. Taurin est incertaine. Cependant, comme, d'un côté, on le trouve déjà inscrit dans les plus anciens martyrologes, notamment dans ceux qui sont attribués à S. Jérôme, et. mort en 422 ; dans celui du moine Usuard qui écrivait sous <: v. Charlemagne, à la fin du huitième siècle ; dans ceux de Bc- c 3, 4. v sançon, de Tours et autres ; comme l'invention de ses reli- r f8 ques remonte à l'an 600 environ ; comme une abbaye a été fondée à Évreux , en son honneur, bien avant l'an 690 ; c to, o. comme on parle de miracles qu'il aurait opérés en cette ville, la septième anuée du règne de Charlemagne ; comme encore il est certain que son église a été profanée par les Normands et ses reliques transportées en Auvergne dans le courant du neuvième siècle, on ne peut se refuser à reconnaître son existence, quatre à cinq cents ans après J.-C.
■5ÏH
îl ISTOIRF. I>F. UIGWT.
location de «et relique* — A» baye d'Érreui.
Le lieu de la sépulture de S. Taurin resta long-temps inconnu, ainsi qu'au rapport de Déodat il l'avait prédit. Ce ne fût que du temps du roi Clotaire II, c'est-à-dire, en l'an
c. la 600 environ, qu'il fut indiqué miraculeusement a S. Laudulfe, évéque d'Évreux, dont on fait la féte en cette ville , sous le rit double-mineur, le treizième jour d'août Les fouilles exécutées dans le lieu désigné firent, en effet, découvrir un sarcophage où on trouva l'inscription : Ici repose le bienheureux 7 nurni , premier évêque de la ville d'Évreux. Cette invention eut lieu le 11 août, jour anniversaire de la mort du saint apôtre , et on y éleva aussitôt une chapelle construite en bois qui, peu après, devint l'église d'une grande et célèbre abbaye, c io, i9. Cette abbaye existait déjà dans le septième siècle, puisque S.
Leuffroy , fondateur en 692 de celle de Sainte-Croix, près d'Évreux, mort en 738, et fété le SI juin, y avait reçu sa première instruction. Au milieu du neuvième siècle, elle fut
c. lo. pillée , incendiée et renversée de fond en comble , comme toutes les autres, par les Normands. Mais , un siècle après environ, Richard I, petit-fils de Rollon , duc de Normandie dès 945, et mort en 996, chercha à réparer, comme il put, les grands maux que son aïeul avait faits aux monastères. C'est pour cette raison qu'il mérita le surnom de père des
(108) Ce saint évoque d'Evreux ne doit pat être confondu avec S. Là ou Laud ( Laudus% Loulou), évèque de Coutances,mort en Sffl, fêlé le ai septembre, lequel avait assisté aux synode* d'Orléans en 533» 538, 549, et adonné son nom à la ville de Normandie, capitale du département actuel de la Manche, appelée auparavant Briovera, où existait aussi une abbaye d'Augustins sous son vocable. Les reliques de cet évèque de Coula 11 ces forent transportées d'abord a Rouen, puis à Angers avant le douzième siècle, époque à laquelle a été fondé le doyenné ou chapitre de S. Laud, de cette dernière ville.