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CHAPITRE LXV

mohie$. Il rétablit donc l'abbaye de S. Taurin et la dota convenablement, de sorte qu'il en a été considéré comme c «3. le fondateur Or, parmi les revenus et privilèges qu'il lui concéda, on trouve déjà ceux de la belle foire qui se tient a Evreux, comme a Gigny, le li août, à l'occasion de la fête de S. Taurin, foire toujours célèbre et bien fréquentée de nos jours, pour les affaires, comme pour les plaisirs t*09*.

En l'année 1035, le duc Robert (dit le diable) céda l'ab- C 10,51 baye de S. Taurin d'Evrcux à celle de Fécamp, en remplacement de celle de Moniivilliers que son père lui avait donnée, et le corps du S. évéque y aurait , dit-on , été transféré et déposé dans une châsse précieuse. Dès-lors, l'abbaye d'Evrcux fut soumise à celle de Fécamp, pendant environ deux cents ans, et ses abbés furent choisis parmi les moines de cette dernière. En vain, les religieux d'Evreux essayèrent de c 5| secouer le joug en 1106 ; ils ne parvinrent à réussir qu'en 1240, et seulement alors ils élurent un des leurs pour abbé, ce qui fut approuvé par le pape.

Ce monastère fut de nouveau détruit , en 1195, lorsque c< 10. Philippe-Auguste essaya de reconquérir la Normandie, pour . la réunir a la France. On le mit en commende en 1472, et on y introduisit en 1642 la réforme de S. Maur.

Au reste, cette antique abbaye était très riche, jouissait de nombreux privilèges et avait sous sa dépendance l'église de 9. Aquilin.

Trantlatioo des relique* de S. Taurin, de S. Aquilin et de Ste. Florence en

Auvergne. — Normands.

Dans le neuvième siècle, les Normands, appelés aussi Marckomans dans quelques anciennes chartes, peuplesguerriers et na-

(aoj) yojrti note i6 3.

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HISTOIRE DE GIGFC Y.

\ igaicurs, probablement originaires de la Norwége et du Danemark, apportèrent l'épouvante dans les provinces maritimes «le la France. Leurs premières apparitions sur les côtes de Neustrie et de Bretagne eurent lieu en 818, 834 et 835, leurs premières incursions en 837. Quatre années plus tard , en 8il, ils remontèrent la Seine, sous la conduite de leur chef Hasting, et brûlèrent la ville de Rouen. Dès-lors, pendant près d'un siècle, ils ne cessèrent de porter le fer et le feu dans presque toutes les parties de la France, plus souvent vainqueurs que vaincus. Ces intrépides pirates remontaient, avec leurs barques d'osier, tous les fleuves de l'Océan et de la Manche, ainsi qne leurs nombreux affluents ; puis ils débarquaient a l'improviste dans les villes et lieux sans défense situés sur leurs bords, les livraient au pillage et a l'incendie, et revenaient sur leurs vaisseaux lorsqu'ils s'étaient chargés de butin. Ils entrèrent même, en 858, dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar, remontèrent le Rhône, portèrent la désolation jusqu'il Valence, et, h leur retour, allèrent encore dévaster la ville de Pise en Italie. Lorsqu'une ville leur résistait quelque temps, ils en faisaient le siège, traînaient ou portaient leurs barques à terre, les remettaient à l'eau au-dessus de la ville , pour aller piller et guerroyer plus loin. C'est ainsi que, pendant les longues années qu'ils assiégèrent Paris en vain, on les vit se rembarquer en amont et aller saccager Meaux, Mclun, Sens et autres villes de la Champagne et de la Bourgogne.

Une telle audace couronnée de pareils succès, ou plutôt suivie de pareils fléaux, répandit une terreur générale dans toute la France, au point qu'on inséra dans les litanies et dans l'office de la messe la prière spéciale : Du glaive des Normands délivre i-noiu, Seigneur. Les églises et les monastères, où se trouvaient beaucoup de richesses, étaient surtout des objets de convoitise pour eux. Aussi, ces lieux furent principalement pillés, saccagés et incendiés par ces

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