‹ Histoire de GignyChapitre 305 sur 356 · CHAPITRE LX V · texte numérisé non relu

CHAPITRE LX V

pirates. Ils massacraient impitoyablement les moines ci les prêtres dans leurs cloîtres et jusqu'au pied des autels, profanant les choses sacrées, dispersant les reliques des saints et s'avançant à la lueur des incendies.

Cette guerre d'extermination obligea donc les peuples et surtout les ecclésiastiques à émigrer au loin et à emporter avec eux leurs choses les plus précieuses, et au uombre de celles-ci , leurs reliques vénérées. C'est cette émigration qui transporta en Auvergne, en Bourgogne et en Franche-Comté, celles de plusieurs saints originairement en vénération dans la Bretagne, la Neustrieet l'Anjou, lesquels ont même donné ensuite leurs noms à quelques-uns des lieux où leurs reliques ont été apportées. Ainsi, dans le 9.a siècle, eclles de c ^ S. Philibert et de S. Florent arrivèrent à ïournus ; celles de S. Martin de Tours à Auxerre ; celles de S. Médard , de S. Sylvain et de S. Prudent à Dijon ; celles de S. l'Iocel à Beaune; celles de 3. Quentin a Besançon ; celles de S. Renobert, de S. Maur, de S. Vivant et de S. Ylie dans les villages de ces noms près Quingey, Lons-le-Saunier et Dole. C'est aussi à la même époque qu'eut lieu la translatiou c. 10, ti.i?, u, de celles de S. Taurin, de S. Aquilin (8,0>, et de Sic. Flo- ao.

(110) S. Aquilin , né en Sto i Bayeux, fut d'abord militaire tous le règne ^ jq j-j de Clovis II, devint ensuite eveque d'Evreux, et assista, en cette qualité, au coocile de Rouen tenu en 689, avec un éveque Taurin qu'il ne faut pas confon» dieavec celui dont nous écrivons ici l'histoire. Apres un épiscopal de 4s ans, S. Aquilin mourut k Evreux, en SjS, et fut inhumé dans une chapelle qu'il avait fait ériger au faubourg de cette ville. Cette chapelle est devenue par la suite une église paroissiale sous le vocable de son saint fondateur, dépendante de l'abbaye de S. Taurin d'Evreux. ç# 53.

La coramémoraison deS. Aquilin e t indiquée daos le martyrologe romain et dans les bréviaires d'Evreux et de Besancon, à la date du 19 octobre, comme £ 5t |f»f 13. féle double-mineure dans le premier île ces diocèses, et comme *cmi-doubl<i dans le second. On lit aussi quelque part que ce confesseur «ist fêté le 1 5 mal eu Auvergne, sous le nom de S. 4g o fin, et Ici iS février et 18 juillet, i Evreux, sous relui de S. Aqtttlin. Cependant, ni le» cnlendriers ni les bréviaires de Cl er m oui et a'Evreux n'en font tncu'.ioti a ces dernières date». Au

S 5 -2 HISTOIRE DE CIGHY.

miee mK d'Evreux h Lczoux en Auvergne dans l'arrondissement actuel tic Thiers. Elle fut effectuée par le zèle et les soins de tiuntbert, évéque d'Evreux, originaire d'Auvergne, accompagné de quelques moines de l'abbaye de celle ville.

<:. *<>■ On ne connaît pas Tannée précise de cette translation. Mais il est à croire qu'elle fut postérieure à Tan 841 , époque de la première invasion des Normands à Rouen, et antérieure a 890. En effet, on trouve qu'avant celte dernière date, les reliques des autres saints avaient déjà été apportées, soit en Bourgogne, soit en Auvergne, notamment celles de S. Martin eu 853, celles de S. Maur, de S. Ylie et

reste, il n'était point chômé a Gigny où l'on possédait néanmoins sc« relique» Ùl>, 131- ' *rcc ««Hé» de S T»uriu. Elles ont été profanée» et dispersées, le* une» et les autres, en 1794, et aujourd'hui on toit seulement dans l'église le buste doré de l'évcque du septième siècle.

Deux commune» du département de l'Eure portent le nom de S . JquMat l'une daus l'ai rondîssemcnt d'Evreux, et l'autre dan» celui de Bernay.

(ai 1) Le martyrologe romain cite, à la date du to novembre, Sie, Ftorfnce^ comme ayant été martyrisée avec Tibère et Modeste, lor» de la persécution de Dioclélicu, dau» le voisinage d'Agile en Languedoc Ou cornu il une autre Sic. Florent c, vierge, baptisée par S. Hilaire en 3So environ , laquelle »e confiera à la vie de* recluses à Comblé, village du Poitou entre Vivôuc et Lu»ignan, où elle mourut en l'an SI7. Plu» tard, on bitit une église sur son ton- 1h»u et sous son vocable, laquelle fut eusuite celle d'un prieuré dependaut de l'abbaye de Novaillé et a subsisté jusqu'en 1789. Dans le onzième siècle, le tombeau de Ste Florence fut ouvert, et ses relique* dépotées solennellement »ou« le crand aniel «le l'omise cathédiale de Poitiers où elles sont encore. Elle y est fèlee le i.er décembre, juur de sa mort, «ou» le rit Mjienticl-mineui , et dan» le reste du dtocese w fêle n'c»t que double-mineure. Elle a donné et doiiue encore tou nom, suit à beaucoup de personnes du Poitou, toit aussi i plusieurs communes de cette province.

Comme Ste. Florence n'est l'objet d'aucun culte ni à Gigny, ni dans la Franche-Comté, non plus que dans l'Auvergne, on ne peut pas affirmer que les relique» transportées dan» le neuvième «iècle aient appartenu à l'une ou à l'autre des vierge* dont on vient déparier. San» l'exIiumMiou pratiquée* Comblé dau» le < u/.r -ne siccle, il «erait plu» a creireque c'étaient celle* de Sic. Florence du Poitou, parce qu'on comprendrait plus naturellement le transport primitif de ces rc!i jues à Evrcux, que de celles de Sic. Florence d'Agde. D'un aulie

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