CHAPITRE LXV. Où
de S. Vivant en 863, celles de S. Philibert en 871 , celles de S. Florent en 880 et celles de S. Quentin en 890. D'un autre côté, l'évêque Guntbert est connu pour avoir assisté, de 847 à 862, à divers conciles. Au reste, les reliques de S. Taurin ne furent pas les seules qu'on dirigea d'abord en Auvergne, puisqu'on lit que celles de S. Vivant et de S. Philibert y furent aussi portées dans le principe. Il en résulte donc que l'Auvergne, la Bourgogne et surtout la Franehe-Comté , furent les provinces de France où les Normands ne pénétrèrent pas ou pénétrèrent à peine. La Saône paraît avoir été la limite qu'ils n'ont guère dépassée, quoiqu'ils aient saccagé le village de Saint-Vivant-en-Amour près Dole, ainsi que les villes d'Autun et deChalon, en 888. Celle de Tournus fit aussi alors des fortifications pour leur résister.
Une fois déposées à Lezoux, hors de France, comme dit une de nos chartes, les reliques de S. Taurin, au rapport de quelques légendes, y opérèrent, comme a Evreux, un grand nombre de miracles. Ainsi, elles y remédièrent à la morsure des serpents venimeux 1***); elles rendirent la vue à un grand nombre d'aveugles, la parole h beaucoup de muets, le mouvement à des paralytiques, elc, etc. Ces miracles y attirèrent uu grand concours de peuples voisins.
Translation des même» reliques de Lezoux àCIgny.
Cependant , la guerre avec les Normands prit tin. D'un côté, en effet , ces conquérants avaient éprouvé de
côté, la reliques de S. Florent, ai célèbre dam l'Anjou, et peut-être pere de Ste. Florence, arrivèrent aussi à Tournu» à la même époque.
(aia) Au rapport du moine Oui. Viul, S Taurin préserva la ville d'Ëvreux de tout ri-ptilc vcn.meux. Si mime on y en apporte un par quelque hasard ou circonstance, il périt aussitôt en y entrant. 17.
grands échecs k diverses reprises, comme en Belgique en 881, à S.-Florenlin et devant Paris en 888, en Lorraine en 893, a Chartres en 905, dans le Charollais en 9 11, etc. D'un autre coté, les Français, lassés de ce funeste état de choses si prolongé, suppliaient leur roi de faire la paix, à tout prix. En conséquence, Charlcs-le-Simplc et Rollon, chef des Normands, outrèrent en négociations, et cette longue guerre fut terminée, comme beaucoup d'autres, par un mariage. Le roi de France donna sa ûlie au chef normand et la dota de la Neustrie en toute souveraineté et de la Bretagne en ûef relevant de la couronne. 11 exigea seulement de lui qu'auparavant il se ferait baptiser et embrasserait la religion chrétienne, ce qu'il accepta sans doute d'autant plus volontiers que cette conversion était toute dans son intérêt. Cette grande transaction fut faite en l'an 912, et dès-lors la belle c. 20. province de Neustrte prit le nom de ses nouveaux maîtres.
La paix permit donc aux peuples de reprendre l'exercice de leur culte religieux et de reconstruire ou réparer les églises et les monastères. On chercha aussi ù recouvrer les saintes reliques qui avaient été transportées au loin, et on le fit avec d'autant plus de zèle qu'elles attiraient des offrandes des pèlerinages et par conséquent des richesses dans les églises. Leur possession était si précieuse que, pour les obtenir, on mettait tout en œuvre, même le mensonge, la fraude et le larcin, c to. Trois jeunes ecclésiastiques d'Evrcux, les plus rusés qu'on put trouver, furent donc envoyés a Lezoux avec la mission secrète d'en rapporter les reliques de S. Taurin et de ses compagnons. La collégiale de chanoines, qui a subsisté dans cette petite ville jusqu'en 1789, y existait déjà (*|3\ et les trois étrangers firent accroire qu'ils y étaient venus pour s'instruire et se perfectionner dans les éludes religieuses.
(ai 3) LYglitc de S -Pierre de Lesoux e«l raenlionnvc dans pltiticurs autres litres, iioljnimtiit ct.ui» l'un de 1401.