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CHAPITRE LXV

nastère, à l'exception de l'église et de quelques maisons isolées. Or, les religieux et las habitants se trouvant ainsi réduits à la plus triste position , quelques-uns proposèrent d'aller à Cluny en procession, avec les reliques de S. Taurin, soit pour solliciter des secours réparateurs de l'abbaye chef-d'ordre, soit pour faire une pieuse collecte dans le voyage. Cette proposition industrielle fut goûtée et accueillie ; quelques moines, délégués à cet effet, se mirent en route, et après de nombreux et éclatant* miracles opérés en chemin , ils arrivèrent a Cluny. Hugues { IIL* du nom ) , qui en était le onzième abbé , vînt à la rencontre de la sainte châsse , avec toute la solennité possible, accompagné de ses religieux et des habitants de la ville et du voisinage. S. Taurin et ses bienheureux compagnons continuèrent à y opérer des miracles qui attirèrent un grand concours de fidèles et produisirent sans doute d'abondantes oblations.

Après que nos moines eurent séjourné quelque temps dans l'abbaye de Cluny, l'archevêque de Lyon, lïéracliusde Montboissicr, qui prenait sans doute intérêt au prieuré de Gîgny situé dans son diocèse, et dont il avait été l'arbitre deux ans auparavant dans l'affaire du Miroir, témoigna le désir d'être visité par eux. Il les invita donc a se diriger sur Lyon, pour retourner à Gigny, ce qu'ils firent d'autant plus volontiers que cette démarche était toute dans leur intérêt.

De Cluny ils vinrent donc à Mâcon, puis a Bagé-le-Châtel, puis a Chaveyria, doyenné de la dépendance de Cluny,

(219) La via de S. Tauiin publiée à Gigny, en t€8f, rapporte que l'incendie arriva tonque S. Huguc* était abbé de Cluny; maie c'ert une erreur, car cet abbé était mort eu 1 1 09, comme on a vu précédemment. Il a été confonds avec Hugues de Fiazan ou de Monltbéi y, dont on a parlé a la page 5l, succeteeur de Robcrt-le-Gro» qui avait remplacé lui-môme, en uSG, rierre-le-Vénérable. Celte erreur eat même constatée par la légende latine qui porte positivement qu'en l'année 1 1 5", Hugues devint abbé de Cluny, de simple moine Qu'il était auparavant.

560 HISTOIRE DE OIGHT.

puisaNeuvillc-les-Dames, monastère de religieuses bénédictines, relevant de l'abbaye de Saint-Claude, puis a Montbcrthod, prieuré de celle deCIuny dans la commune actuelle de Riottier près la Saône i**0', puis à Trévoux, bourg alors nouveau puis a Legnieu et enfin à Lyon.

Dans tous ces lieux, on fit des stations, et les saintes reliques prodiguaient continuellement des miracles. C'étaient des aveugles, des sourds et des paralytiques qu'elles guérissaient ; c'étaient des blasphémateurs ou des mécréants qu'elles frappaient de mort subite; c'étaient des tempêtes qu'elles apaisaient; c'étaient des passants qu'elles préservaient de la chute des maisons en ruines, etc... La légende porte qu'on entendait bruire les ossements dans la chasse, lorsque le miracle s'opérait.

Le cortège arriva à Lyon quand les troupes alliées de l'archevêque et de Girard, comte de Mâcon, venaient d'élre battues et mises en déroute par celles de Guigues, comte de Forez, devant le château d'Iseron qu'elles avaient tenté de prendre d'assaut. La sainte châsse fut déposée dans l'église de S.-Nizier de cette ville, et le bienheureux Taurin apporta de grands soulagements aux maux causés par la guerre. La légende ajoute qu'il y ressuscita un enfant mort et qu'il y guérit cinq paralytiques.

(»»o) Ce prieuré ou doyenné nommé Mons B*rtraUi% dans notre légende, cet appelé Mon» BerlÂodi et Mont Beriandi dans de* chartes du tretaième tiède, et Mont Berlrandi dent nn pouillô de 167 1.

(an) Le notice publiée en i6S5 a traduit Triverium par Saint-Trivier-cn- Dombes; mai» il est évident, par la marche que suivaient les religieux, qu'il s'agit de Trévoux situé en effet eutre Riottier et Légnieu, et qu'ils avaient déjà laissé. S.-Trivier bien loin derrière eux. D'ailleurs, ce dernier lieu, mentiouué d*ut des titres du sixième et du septième siècle, est d'une autre aucien* neté que Trévoux qui, selon la légende, venait d'être fondé au commencement du douzième siècle. Aussi, le plus aucien titre ©à Trévoux soit nommé, et qu'ait rencontré M. de la Teyssonnière, ne date que de n88.

(na) Ce lieu dépendait autrefois du pays dit le Franc-Lyonnais, dont Neuville était capitale. Il y existait un ancien château appartenant aux sires de Yillara, et donné en 1 1 86 à l'abbaye de l'Iile-Barbe.

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