CHAPITRE L X V. SGI
Après un certain séjour, nos religieux songèrent a revenir à Gigny, afin de réinstaller leurs précieuses reliques dans la basilique de Bernon. Us exécutèrent ce retour par Montluel, par S. Christophe , membre de l'abbaye de S. Rambert, par Meximieux, Chalamont et autres lieux W), où les miracles continuèrent à manifester la vertu du saint patron. Un concours immense de fidèles en Ait témoin tout le long de la route , et cette longue marche Ait réellement comme triomphale. Les deux derniers miracles furent opérés sur un prêtre de Jujurieux et sur une femme de Cuiseaux.
Les habitants de Gigny, qui avaient été privés si longtemps de leur bienheureux patron, n'eurent pas plutôt appris son prochain retour, qu'ils se portèrent spontanément en foule à la rencontre de sa châsse, à une demi-lieue environ, avec tous les religieux du monastère vêtus d'aubes. Ce fut un grand jour de fête et de joie que celui où ils possédèrent de nouveau ses précieuses reliques qui furent rétablies solennellement dans l'église prieurale.
Culte de 8. Taurin à Gigny et ailleurs. - Confrérie. - Dédicace de la nourelîe
église paroissiale.
Depuis bien des siècles, S. Taurin est honoré et fêté dans c , f 3 4 5 un grand nombre de lieux. On célébrait, ou même on célè- », »«, ".'«*. t*.
bre encore sa fête, soit le 11 août, jour de sa mort , soit le ' ' ' 5 septembre, jour de l'invention ou de la translation de ses reliques, notamment àÉvreux, à Fécamp, à Rouen, àBayeux et dans toute la Normandie ; comme encore à Lezoux et dans tout le diocèse de Glermont; a S. Thurin en Forez, à Gigny,
(aa3) Il est difficile de déterminer le* lieux désignés, dans la légende, sons les noms de VtUtÎM d« Curneias et de Giii+cunu La notice de i685 a traduit ce dernier mot par Jujurieux, et le premier pourrait (aire penser à Cbâtillon de CorncUc, mais ces lieux concordent mal ayee l'itinéraire suivi*
5G2 HISTOIRE !>B GlGNT*.
à Préiin et dans loulc la Franche-Comté; même à Cluny, à S. Marcel près Chalon-s.-S., h Remi remont » h Tours, à Chartres, à Rome et jusqu'en Irlande.
1. ° S. Taurin est principalement en honneur dans la Normandie en général et dans le département de l'Eure, dont il a été l'apôtre, en particulier. Une commune de ce département porte le nom de S. Taur'm de* //*, dans l'arrondissement de Rernay. A Evreux, il csl qualifié de premier patron de la
c. 10. ville et du diocèse. Il y est fêté, en conséquence, le 1 1 août, sous le rit solennel-majeur, avec légende et hymnes spéciales aux premières et secondes vêpres, ainsi qu'aux nocturnes et aux laudes, et à cette occasion, est tenue la foire célèbre dont on a parlé. Le 18 août, l'octave de la féte de cet apôtre e<t célébrée en même temps que la féte de tous les saints évêquesd'Evreux, sous le rit double-majeur. Enfin, le 5 septembre, l'invention de ses reliques est chômée, comme féte double-mineure, avec légende aux nocturnes et hymnes propres à laudes et à vêpres. H parait néanmoins que , pendant long-temps, le culte de ce patron a été borné a la ville épiscopale seule ; car on lit qu'en 1278, l'évêque d'Évreux de-
c wl manda et obtint aux états de l'ordre de Citeaux, que la féte s'en ferait dans tout son diocèse.
2. ° A Fécamp , à Rouen, à Bayeux et autres lieux de la Normandie , S. Taurin est fété sous le rit solennel-mi-
c. 3~», 30. neur, ou sous le rit double-majeur. Une légende contemporaine porte que ce saint évéque avait déjà un autel spécial à Fécamp, en l'année 1031, c'est-à-dire, même avant la soumission de l'abbaye d'Evreux, et que S. Guillaume , abbé de S. Bénigne de Dijon, fut enterré devant cet autel.
3. ° S. Taurin est protecteur et patron secondaire de l'église de Lezoux, et sa mémoire y est honorée tout aussi solennellement et d'une manière aussi distinguée, que s'il en était titulaire, soit le 11 août, soit le 5 septembre. Mais dans le reste du diocèse de Clermont, il n'est chômé que sous