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Chapitre lxv

le rît semi-double. Il y a dans l'église de Lezoux une chapelle spéciale, sous le vocable de ce saint évêque, et, dans le sanctuaire, sa statue de grandeur naturelle se trouve à côté de celle de S. Pierre, premier patrou , et à côté de celle de S. Jean-Baptiste.

4. ° A quelques myriamètres à l'orient de Lezoux, niais N dans le ci-devant Forez, existe la petite commune de S. Thurin, annexée h la paroisse de S. Martin-la-Sauvcté , au diocèse de Lyon. Cette commune fait, au 11 août, la fétc de S. Taurin dont elle porte le nom. On peut présumer qu'en raison de ce culte, tant h S. Thurin qu'à Gigny qui étaient autrefois du môme diocèse, l'apôtre de la Normandie se trouve inscrit au calendrier d'un bréviaire très ancien de Lyon.

5. ° Dans la belle église prieurale de S. Marcel près Chalon-sur-Saône, qui remplace actuellement celle qui fut bâtie, en 577, parle roi Gontran, on lit l'inscription suivante, en lettres capitales du douzième ou du treizième siècle au plus tard :

H: ATARE: CONSECRATv Ê : IN HONORE : SCOR'. JOH'IS BB : MARTiNI : NICHOLAI : TAVRINF: LVPI : SILVESTRI : AGRICOLE : EPCOrt' : BENEDICTL ABBIS : 7. S. GVNDRANI REG. RELiQi + E S. LVPI.

Autrement : Hoc altare consccratum est in honore sanctorum Johanttis Baptistœ, Martini, Ntcolai, Taurini, Lupt, SUvcsiri , Agricole, episcoporum; Benedicti abbatis; et sancti Gundrani régis. Reliquue f sancti Lupi. Cette inscription, gravée sur une petite pierre carrée du parement intérieur, au mur méridional de l'église, prouve donc qu'un autel y a été élevé, au douzième siècle environ ou même plus tôt, en l'honneur soit de S. Taurin, évéque , soit de plusieurs autres bienheureux. La qualité d'évéquc, donnée au premier, doit faire plutôt attribuer cette inscription à l'apôtre de la Neustrie qu'au martyr de Porto ou d'Autun. L'éloignement des lieux empêche d'au-

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tant mieux aussi de la rapporter à S. Taurin d'Ausch , que cet évéque a toujours été inconnu dans les pays circonvoisins, tandis que S. Taurin d'Evreux y a été honoré dès le dixième siècle , notamment à Lezoux , a S. Tliuriu, à Chcvignes et à Gigny. Au reste, notre patron n'a maintenant aucun culte a S. Marcel et n'y est connu par aucune tradition, par aucun souvenir. L'intérêt de la vérité m'oblige aussi de mentionner une grave inadvertance d'un célèbre archéologue de notre époque et de notre voisinage, de M. /. Bord, qui, en expliquant cette inscription, a pris pour le chiffre arabe 7, le signe usité au douzième et au treizième siècle comme représentatif de la conjonction et. Il a été conduit ainsi à transformer le célèbre S. Benoit, abbé du Mont-Cassin et chef des moines de l'occident, en un autre S. Benoît, prétendu abbé de S. Marcel. Mais revenons a notre saint évéque.

6.* On a vu, a l'art, du prieuré de Ch&teau-sur-Salins , (S 3, 9), qu'il était patron de la paroisse de Prétin, que les habitants en faisaient la féte au 11 août, mais qu'en 1709 ils le renoncèrent pour adopter S. Etienne. Nous renvoyons à ec qui en a été dit.

a 7.° La ville deRemircmont en Lorraine, dit la notice publiée en 1685, étant affligée et désolée de peste, deux ou trois siècles auparavant , en fut tout a coup délivrée miraculeusement par un vœu solennel et public à S. Taurin. On y pratiquait tous les ans, le 11 août, une procession, pour remercier Dieu de ce qu'il avait délivré les habitants par l'intercession toute-puissante de ce grand saint. » On parlera bientôt aussi de la députation qui était envoyée annuellcracntà Gigny, en exécution de ce vœu et en reconnaissance de ce bienfait.

8.° A Gigny, comme à Evreux et comme à Lezoux, S. Taurin a toujours été grandement honoré et fété, soit le 11 août, soit le 5 septembre. A la vérité, lorsque l'église

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