‹ Histoire de GignyChapitre 311 sur 356 · CHAPITRE LXV. SG · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXV. SG

paroissiale fut érigée, à la fin du douzième siècle environ , elle ne fut point mise sous le vocable de ce saint évoque , mais sous celui de la vierge ou de Notre-Dame du 15 août, sous lequel elle resta exclusivement jusqu'en l'année 1780. À la vérité , S. Taurin demeura le patron spécial ou le protecteur de l'église du prieuré, dans laquelle ses reliques avaient été déposées du temps de Bernon, et on a vu qu'en 1452, une personne pieuse avait fait une donation au sacristain de cette église, pour l'entretien du luminaire du saint pontife. Néanmoins, non-seulement les religieux du monastère, mais encore les habitants, ont toujours célébré sa féte plus solennellement que celle de Marie.

En effet, cette féte était chômée, comme féte principale et de première classe, le 1 1 août et le 5 septembre, avec toute la solennité possible. On chantait des grand'messes à notes à l'autel spécial du saint, avec diacre et sous-diacre ; on faisait des processions générales dans les rues de <iigny, où Ton portait pieusement la chasse contenant ses reliques , en chantant continuellement ses louanges ; etc. Ces grandes cérémonies devaient être annoncées d'avance par le desservant de la paroisse, qui était tenu d'y assister et d'y conduire ses paroissiens. Le vicaire de 1778 s'étant permis de ne pas se conformer a cet ancien usage, les paroissiens, jaloux du culte de leur saint, dénoncèrent cette innovation à l'évéquo de S. Claude, qui arrangea l'affaire. Celte procession, pour la féte solennelle de monsieur S. Taur'm au 11.* d'août , se trouve mentionnée dans un acte de l'officialité de Lyon , a la date du 31 mars 1621. On y lit que les habitants de Véria et d'Andclot y assistaient avec leurs croix et leurs gonfalons; que la procession partait de l'église du prieuré, allait près de l'église paroissiale, sans y entrer, et retournait ensuite h la première ; que le curé devait s'y trouver avec ses paroissiens et que les nobles religieux y avaient le pas ou la préséance.

La double fêle de S. Taurin à Gigny y a toujours donné lien ù un grand concours des fidèles du voisinage, pénétrés, pour ses reliques, d'une profonde vénération. La dévotiou <*n amenait aussi beaucoup de la Bresse, comme si le souvenir des nombreux miracles opérés en 1158| s'était conservé dans ce pays. La ville et l'abbaye de Kemiremont elles-mêmes avaient soin d'y envoyer également, chaque année, un député chargé de déposer une offrande et de faire célébrer deux messes à l'autel du saint évéque qui les avait jadis délivrées de la peste. C'était l'exéculiou d'un vœu perpétuel, et le député ne partait de Gigny qu'après s'être muni d'une attestation qu'il s'en était acquitté exactement. On a parlé précédemment de vœux analogues faits, en 1629, par les habitants de la Bourgogne et les RR. PP. Cordelicrs. Au reste, à Gigny, comme à Evreux, le concours de peuple né de la dévotion à S. Taurin a amené, ainsi qu'on a déjà dit, l'établissement d'une foire le lendemain de la fétc.

Au nombre des pièces justificatives de celte histoire, on trouvera les statuts d'une confrérie établie à Gigny, en 1582, en L'honneur , louange et révérence du glorieux ami de Dieu , Monsieur Sahu Taurin. On remarque dans ces statuts : 1 la distinction des confrères, avec droit de préséance, selon les trois ordres du clergé, de la noblesse et du tiers-état; 2.° la solennisation de la féte du saint patron, le 5 septembre, jour de la translation de ses reliques, par une grand'messe, avec procession jusqu'en l'église paroissiale, suivie d'un pieux cl frugal banquet; 3.* la célébration d'une messe de requieut, le 6 septembre , pour les confrères défunts, précédée des sept psaumes pénitentiaux et suivie de l'absoute des morts ; 4.° la célébration d'une grand'messe le mardi de chaque semaine; 5.° la louable invitation faite à tous les membres de concilier les confrères qui auraient des proies entre eux ; etc.... Quelques rentes furent constituées au profil de celte association religieuse, de 139') à 1623. Mais, au reste, elle

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