‹ Histoire de GignyChapitre 312 sur 356 · CHAPITRE LXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXV

paraît avoir eu peu de durée; car on voit que, par un règlement capitulaire des religieux du prieuré de 1083, la messe hebdomadaire établie par ces statuts fut restreinte à une messe célébrée le premier mardi de chaque mois. On voit, en outre, qu'en 1685, il existait une confrérie de S. Renobert à Gigny ; mais rien ne prouve non plus que cette pieuse institution ait subsisté jusqu'au milieu, ou à la fin du dixhuitième siècle.

On peut juger encore de la haute vénération du pays pour S. Taurin, en ce que, de tout temps, les habitants de Gigny et des villages voisins, de l'un et de l'autre sexe, ont été mis sous sa protection et ont reçu son nom avec les eaux du baptême. Les chartes du seizième siècle et les registres civils de Gigny et de Véria, dans le dix-septième et le dix* huitième, en font foi. Cet usage a toujours existé aussi et existe encore maintenant a Lezoux.

Enfin, les habitants de Gigny donnèrent un autre témoignage de leur piété envers S. Taurin , lorsqu'il fut question, en 1780, de consacrer leur nouvelle église. Bien qu'elle eût été placée d'abord sous le vocable de la Vierge, ils présentèrent une requête à l'évêque de S. Claude, pour obtenir qu'elle fût mise sous celui de S. Taurin. Ils firent appuyer leur demande par M. de Falctans, haut-doyen, qui, le 22 octobre 1780, écrivit la lettre suivante au prélat :

« Monseigneur,

« Les habitants de Gigny m'ont prié de vous écrire, pour appuyer auprès de vous la requête qu'ils ont l'honneur de vous présenter, pour que vous ordonniez que l'on continue, dans la paroisse, de reconnaître pour patron de leur nouvelle église S. Taurin, comme cela s'est pratiqué depuis huit cents ans qui remontent jusqu'à l'époque où la relique a été déposée dans notre église. Les miracles qui s'opérèrent alors

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tirent proclamer par la voix de tous les peuples S. Taurin pour patron de la paroisse. Jamais il n'y a eu , depuis ce temps là, d'interruption pour en faire la fôte le li août et le 5 septembre qui ejt le jour de la translation, c'est-à-dire, le jour où la relique a été déposée à Gigny.

o Un vicaire du lieu mal conseillé a voulu, en 1778, intervertir l'ordre sur cet objet, ce qui a élevé des murmures dans la paroisse, qui auraient été plus loin, si on n'avait pas contenu le peuple.

« Pourquoi vouloir, par esprit de vertige, éteindre une dévotion qui attire des étrangers de toutes parts, qui font concours à Gigny dans le temps de cette féte ? Ce serait encore Taire élever des cris de toute la contrée qui a une même confiance dans la protection de ce saint.

a Le parlement, par arrêt, a ordonné au curé du lieu d'assister, comme ils ont toujours fait, aux processions que l'on fait ces jours-là, depuis notre église, où l'on porte la relique. »

Le prélat ayant consulté sur cette demande le curé Morel, cet ecclésiastique entêté, animé d'un esprit de contradiction, probablement instigateur de son vicaire en 1778, ayant peut-être encore à coeur l'arrêt de 1763 qu'on lui rappelait, répondit: a qu'on ne savait pas pourquoi les paroissiens voulaient changer leur divine protectrice et introduire un nouveau culte dans leur église, parce qu'elle était neuve ; que l'ancienne église avait été dédiée à la Vierge ; que de tout temps, soit avant la translation des reliques de S. Taurin de la cathédrale de Luçon à Gigny, soit après, l'église paroissiale de Gigny avait été sous ce dernier vocable W). Si l'on a célébré, ajoutait-il, des offices en l'honneur de S. Taurin, ça toujours été comme protec-

(ia4' ^ Cc cu,<^ **t~il donc trouvé qu'il existait une cg1i«e paroissiale à Gigny, avant la translation des reliques de S. Taurin, c'est-à-dire, avant le dixième siècle ? Où e-l-il encore trouve que ces reliques avaient été déposées quelquefois dsni (a cathédrale de fcuçnn ? Aurajt-U confondu Leroux avec Luçou ?

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