‹ Histoire de GignyChapitre 44 sur 356 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ce prieuré rural membre de celui de Gigny. Les prieurs se 1198 réservèrent également en propre les droits ecclésiastiques, les oblations, dîmes, sépultures, prés, maisons, condamines, la tache des meix f*1), et la moitié des cens et autres revenus du village W. Ils réservèrent aussi que les gens de la mcnse prieurale ne seraient point amendables du comte. Celui-ci, de son côté, se retint, avec l'autre moitié des cens et revenus, la justice, ainsi que les amendes et droits dûs pour vols, adultères, meurtres et crimes commis sur les grands chemins. Quant aux autres amendes, elles restèrent communes et indivises par moitié entre les associés, de manière que le prévôt de l'un d'eux ne pourrait en traiter ni s'en départir sans le consentement de l'autre. Enfin, le comte et le prieur se jurèrent fidélité réciproque pour le château de Saint-Laurent, avec déclaration que chaque nouveau préposé du comte renouvellerait ce serment de foi envers le prieur.

Dans cette charte, il n'est pas dit que le comte Étienne serait chargé de la garde du monastère ; mais on doit l'entendre ainsi, car il ne pouvait pas veiller à ses propres droits, sans veiller également à ceux des religieux, en grande partie indivis avec les siens.

S 5. Le comte Étienne ayant encore fait, en 1226, comme c w* nous le verrons bientôt, de concert avec Jean de Chalon son filst*3), un. acte semblable d'association protectrice, pour

(Si) La tdeh» des meix était le droit de lever, outre la dîme, U vingtième gerbe ; elle te confondait peut-être avec la gerberie.

(5s) Celle moitié de revenus fut évaluée par la cuite a huit pareils ou bichels de froment et huit d'avoine, autrement 64 mesures du premier et 96 de la dernière, que les religieux de Gigny ont toujours perçues et prélevées sur les greniers du chiteau de Ssiut-Laurent.

(SI) Jean de Chalon, dit le Sage ou r Antique, fils d'Étienne et de Béatrix, Tut le dernier comte de Cbalon. à cause de l'échange qu'U fit, en ia37,avecle duc de Bourgogne, de ce comté contre la seigneurie de Salins. Par cet échange, il »e réserva la qualité de comte de Chalon pour lui et le nom de Chalon pour ses successeurs. Il mourut eu taf;.

58 HISTOIRE Dfi GIGNY.

1193 Cressia et son château, avec le prieur Ponce, successeur d'Aymon , il devint dès-lors le protecteur et le gardien d'une grande partie des biens du monastère de Gigny situés en

c 86 Franche-Comté. Son célèbre fils, en 1264, ratifia et renouvella ces trois chartes, et succéda à son père, au môme titre.

c. w. Quinze ans plus tard, le prieur Guillaume et ses religieux reconnurent que le comte d'Auxerre, seigneur d'Orgelet, avait légitimement le môme droit de garde de leur prieuré que Jean de Chalon, comte de Bourgogne, son père, et qu'il en était en bonne possession, sans pouvoir néanmoins commettre de prise ni d'exaction. Dès-lors, tous les princes de la maison de Chalon ou de Nassau qui, après lui,, furent seigneurs d'Orgelet , môme les princes d'Isenghien , dont l'un avait acquis cette baronie M, en 1684, comme créancier de la maison de Nassau, furent gardiens ou protecteurs du monastère de Gigny. Aussi, lit-on, dans un ancien livre de fiefs , que la garde du prieuré de Gigny est mise au nombre des fiefs de la seigneurie d'Orgelet, possédée par la maison de Chalon f55). D'un autre côté, dans le dénombrement qu'un membre .de cette riche et célèbre maison présenta, en 1390, à Philippe-le-Hardi, duc et comte de Bourgogne, de la baronie d'Orgelet, il fut dit que la garde et la souveraineté du prieuré de Gigny cl de ses dipendanees situes dans la baronie ressortissaient au cliâteau d'Orgelet, môme celle du prieuré de Chatonnay, membre de Gigny. Enfin, le prince d'Isenghien, dans son dénombrement de 1738 et de 1757, en dit autant.

Au reste, ce droit de garde et de souveraineté était limité parles conventions de 1191, 1 192 et 1226, et il fut jugé, en 1326, que Jean de Chalon, comte d'Auxerre et de Tonnerre,

(54) De la baronie d'Orgelet dépendaient le* châteaux d'Alivze, Saint-Amour,'] Arinlhod, l'Aubépin, Cbambeiia, Cicwta, Dramelay, Saint-Julien, Maxigna, Moutflcur, Saint-Laurent, Nancuiae, Prctilljr, Valtcfiu, Virechàtel, etc.

(51) Dunod. Hi»t. du C. de Bcurgogue. Pi euv. p. €07.

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