CHAPITRE XII
et seigneur d'Orgelet, n'avait pu recevoir en sa garde, sans 1 1 92 l'expresse volonté des religieux, des hommes dépendants du prieuré de Gigny.
S 6. Quant à la garde des biens de ce monastère situés ailleurs que dans le département du Jura, elle appartenait aux princes souverains des divers lieux, ou aux seigneurs qui les représentaient dans les derniers temps. Ainsi, on voit, par des titres de 1416, 1503 et 1563, que celle du prieuré de Donsurre , autre membre de celui de Gigny , était réclamée par le seigneur de Coligny et par celui de Saint-Trivier, et que, pour cette cause, le prieur du lieu devait à ce dernier deux livres de cire. On lit aussi dans un autre terrier de 1504 et dans un ouvrage historique l56), que le monastère de Gigny devait, aussi bien que celui du Miroir, dix livres de cire pour droit de garde au duc de Bourgogne , et dans les derniers temps au roi de France comme seigneur de Sagy. Le prieuré de Gigny payait encore en 1760 la valeur de cette cire à l'église de Sagy. C'était sans doute a cause des biens qu'il possédait dans la châtellenie de ce nom et notamment dans le canton actuel de Cuiseaux qui en dépendait (57).
$ 7. A la garde du monastère de Gigny se rattachaient sans doute les murailles, les fossés, et les trois -portes de ce bourg. Si l'on en croyait une charte de 1517, les premières c. i*g. auraient été presque contemporaines de l'abbaye ; mais les
(Sf) Courlepie. Descript. d« Bourg. Tona v, p. CS. 7*.
($7) La ehilellenie de Sagy comprenait / i." les deux cantons tont entiers de Bca a repaire et de Cuiseaux ; a.° la commune de Sainte- Croix dans celai de Mont pont ; 1.° partie de le commune de Simard dans celui deMonlret i4<0Far* lie* des communes de Frangy et de Sainl»Germain-du-Bois dans celui de ce dernier nom ; 5.° enfin les communes de Saint-Usuge, Viuctlles , MonUgny, Rai te, Château- Renaud el Bruailles dans celui de Louhans, y compris la moitié orientale de cette ville, dont Tautre moitié dépendait de la chnleUeniede Cuiscry , Selon «ne charte de 1 31 7, le puis dit de la Girmrde, au milieu de cette ville, formait la limite de ces deux chileUenies royales.
60 HISTOIRE »E CICNY.
i « 92 vieillards de nos jours ne parlent que par tradition confuse de la muraille qui longeait le chemin au sud de Gigny. Il est certain, en effet, qu'elle était déjà démolie lors de la confection du terrier de 1691, mais qu'à cette époque le fossé existait encore en partie. On constata toutefois en 1772 quelques vestiges d'un mur attenant à la porte méridionale et se dirigeant à l'orient. Aucun souvenir ne reste des autres murailles.
Quant aux portes, les vieillards ne parlent non plus que par tradition de deux d'entre elles que rien n'indique
Pian a. maintenant, mais dont l'une fermait le chemin venant de
Pian b. Pymorin et d'Orgelet, et l'autre celui de Graye et Cuiscaux.
Les maisons au nord-est de la première composaient le /iwbourg de la Creuse i»), et celles à l'ouest de la seconde constituaient le faubourg du Moulin. Il y avait un troisième chemin essentiel à intercepter; c'était celui de Saint-Julien, lequel en
Pian c. effet était fermé par une troisième porte qui subsiste encore de nos jours. Celle-ci, appelée porte de buis onde bonis (W), a été reconstruite en 1776 telle qu'elle est. Couverte en
fi*, x laves ou pierres plates, elle a une largeur de près de sept mètres, sur une hauteur un peu moindre et une épaisseur de plus d'un mètre. Son portail intérieur a quatre mètres de largeur et de hauteur. En dedans et au nord était un autre portail de mômes dimensions que celui de la porte elle-même, entièrement composé d'un seul rang de pierres de taille presque cubiques, démoli depuis peu d'années, et séparé de la vraie porte par un espace de quinze centimètres
(58) Ce mmon, portant encore celle dénomination qui signifie une montée, une rampe, on chemin rapide et ermsé par les eaux.
D'où dérive ce nom déjà usité en i<9, f Serait-ce du voisinage d'une famille Dubnii quieaistait à Gigny dam le xvit.* siècle? Serait-ce plutôt parce qu'on passait sous cette porte pour aller A la CeW«.J»W# , en suivant la Chvrrièrt-du'RmiLier, usuipée en i«66, et en traversant la rivière snr le Ponl dtAa -Pierre, détruit depuis leng-temps î