‹ Histoire de GignyChapitre 46 sur 356 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

seulement. Cet espace paraissait destiné à loger ou recevoir 1 192 i l'huis ou lourde porte d'une seule pièce que, par des poulies ou leviers, on aurait hissée ou abaissée à volonté, comme un guichet dans ses rainures. Cependant, il résulte du témoignage des vieillards que ce mode de fermeture n'a jamais été usité, et l'inspection du monument ne donne pas lieu de le penser. Pourquoi cette porte seule a-t-elle été reconstruite en 1776? Je l'ignore.

L'ancienne porte de bouts qui existait avant celle d'aujourd'hui, et qui est mentionnée dans le terrier de 1691 , était réellement destinée à la défense de Gigny. Elle avait aussi treize pieds environ de largeur interne, mais elle était plus épaisse et plus élevée que la porte actuelle. Dans la partie supérieure au portail , on avait pratiqué au nord, et dans l'épaisseur du mur, une niche ou galerie assez grande pour loger un ou deux hommes qui, par des meurtrières au sud, pouvaient tirer avec des armes sur les assaillants. Cette porte se continuait, comme il a été dit, avec le mur dirigé à l'orient, et on voyait encore, en 1772, non-seulement des pierres saillantes qui se liaient avec lui, mais aussi le parement d'une canonnière.

S 8. Dans le temps qu'Aymon était prieur de Gigny, il 1198 survint un différend entre l'évéque de Genève d'une part, et c. 6t. les abbés de Saint-Claude et de Cluny ( a cause de Nantua ), d'autre part. Ce différend avait pour objet le droit de présenter à la nomination de l'évéque les chapelains d'un grand nombre de paroisses du diocèse de Genève, droit que revendiquaient les religieux et que leur contestait l'évéque. Renaud, archevêque de Lyon, Étienne, doyen de la même ville, et Josseran, abbé de l'Ile-Barbe-sur-Saône, nommés arbitres par le pape, décidèrent, en 1 198, à l'égard de quelles paroisses l'évéque de Genève et les abbés susdits auraient le droit contesté. Or, au nombre des vingt paroisses qui furent adjugées au prieuré de Nantua dépendant de Cluny, se trouve

1 198 celle de Gigny (Gignktci). Néanmoins, je suis convaincu qu'il ne s'agit point ici de notre Gigny, parce que 1 .• ce dernier lieu a toujours fait partie de l'archevêché de Lyon et non de l'éveché de Genève ; 2.° il n'a jamais dépendu de l'abbaye ni du prieuré de Nantua ; 3.° le chapelain ou curé en a toujours été à la nomination de son noble monastère et jamais à aucune autre ; 4.° le lieu homonyme de l'arbitrage , au contraire, est dénommé et groupé avec un grand nombre d'autres paroisses toutes du Bugcy, comme l'Abergement, Araeysicu, Arlos, Billiat, Brenod, Chandore, Chavonay, Corcelles, Dorches, Passif Romagnieu , Talissieu , Virieule-Petit, etc. Je n'ai donc inséré, au nombre de nos preuves, la sentence arbitrale relative à ce différend, que pour mettre le lecteur à môme d'apprécier mon opinion. Peut-on présumer qu'il s'agit dans cette sentence de Gigny proche Gex?

$ 9. Le prieur Aymon est encore connu pour avoir 120i acensé, en 1204, à Girard, prieur de Bon lieu, les dîmes c 65. d'Hay et tout ce que le prieuré de ce nom y possédait, jusqu'à Chiettes , à Saint-Cloud et autres localités désignées dans la charte. Cet acensement fut fait avec solennité dans le chapitre môme de Gigny, de l'avis des religieux et en présence de Ponce, curé de Joudes ou de Jeldes, de Pierre , curé de Loysia , de Ponce , aumônier de la dame de Montmoret , de Hurabert de Coligny, de Guignes de Rotallier, de Ponce, prévôt de Loysia , et d'Aimon de Doucicr. Il fut consenti, moyennant un cens de cinq sols, monnaie de Lons-le-Saunier, à déposer chaque année sur l'hôtel de Saint-Pierre, à Gigny, et moyennant encore une somme de 90 livres de la môme monnaie , une fois payée. Le prieur de Gigny donna pour garants de cette convention Béatrix de Coligny, veuve de Pierre de Montmoret , ainsi que ses deux fds Jacques et Humbert, surnommé Arragon. L'acte, revôtu du sceau de noire prieur et de celui du prieur

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