CHAPITRE XIII
POKCE de MOYSIA , prieur.
Maison de Moysta. — Prieuré de Cnatonnay. — Munlagna-le-Templier. — nommage de Guillaume de G raye. — Château de Cressia.
S 1. La maison de Moysia, Moysie, Moyse,Momj, dont était membre Ponce , successeur probable d'Aymon , était bien connue dans les douzième, treizième, quatorzième et quinzième siècles. Guy de M. fut témoin, en 1 189, avec Garin, chapelain de Cuiseaux, Ponce de Joudes ou Jeldcs, et Aymon de Ûominartin, d'une charte de Ponce, seigneur de Cuiseaux, en faveur de la chartreuse de Vaucluse. On trouve ensuite un autre Guy de 3/. en 1236 , et Hugues de M., damoiseau, en 1240, tous deux bienfaiteurs de la même abbaye ; Poncct de 3/., qui, en 1272, fit hommage au sire deBaugé, sauf la foi due au seigneur de Cuiseaux ; Pierre de M., dont on verra la veuve faire, eu 1311 , une reconnaissance de fief au profit de noire prieuré ; Jean de M., damoiseau , fils de feu Huyues de M., chevalier, lequel déclara, en 1324, tenir en fief du duc de Bourgogne les villes de Joudes, Villeys, Chalanches et Yarcnnes , avec leurs dépendances ; Louis de J/., qui renouvella , on ne sait à quelle date, mais certainement avant 1485, la reconnaissance faite en 1311; Guillaume de 3/., de la paroisse de Yarennes-Saint-Sauvcur, en 1410; Pierre de 3/., noble homme, dont les enfants reconnurent, en 1473 , le fief de Chichevicre, où ils demeuraient, au profit du prieuré de Gigny ; Ijouis de 3/., écuyer, demeurant h Cuiseaux , fils de feu noble homme Jean de M., seigneur de Mons près Sagy, lequel reconnut , en 1473
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1212 et 1503, tenir en fief des seigneurs de Cuiseaux différents immeubles en cette ville; Pierre de M., ouvrier de notre monastère, en 1499-1527; etc....
De quel lieu cette ancienne maison avait-elle pris son nomî Était-ce de Moysia ou la Pérouse dont il a été parlé au chapitre précédent ? Était-ce de Momj, hameau de Dommartin et de Cuiseaux? On l'ignore, mais il est plus à croire que c'était de ce dernier lieu, quoiqu'on n'y trouve pas plus de vestige d'ancien château que dans le premier. 1219 § 2. Le premier titre qui mentionne notre prieur Ponce c* 91 ' est une charte de l'abbaye de Tournus, par laquelle on voit qu'au mois de novembre 1219, il rendit, avec Guillaume, archiprétre de Coligny, et Joceran, archiprètre de Sandrens, une sentence au sujet de la cure de Chavarines près de Pont-de-Vaux. Celte cure était l'objet d'un différend entre l'abbé de Tournus et le custode de Saint-Étienne de Lyon , et c'était pour le terminer que l'archevêque Renaud avait nommé ces trois arbitres. Ils examinèrent les titres, firent une enquête, donnèrent gain de cause a l'abbé de Tournus et dressèrent une sentence à laquelle chacun d'eux apposa so»n sceau (•»).
S 3. On trouve sur un inventaire des titres de Gigny la 1223 mention d'un acte de reconnaissance de fief faite, en 1223, en faveur de notre prieuré et sans doute de Ponce qui en était le chef, par Guillaume de Graye, damoiseau, pour son nuix de Léchaux, chargé d'un cens de deux sols et d'une mesure d'avoine, dû précédemment aux chartreux de Montmerle. Or, cette mention est précieuse en ce qu'elle fournit la plus ancienne date connue sur le village et la
(61) Dans le moyen âge, les différends n'étaient pas terminés per des juges proprement dits, du moins entre les gens d'église on les seigneurs, mai» bien par des arbitres choisis le plus souvent parmi les ecclésiastiques. Or, on remarque généralement que, dans ces cas, les gens d'église obtenaient Bain de cause contre les laïcs.
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maison de Graye; mais elle ne suffit pas pour convaincre 1-23 qu'il y soit question de la grange de Léchmuc,près Nancuise et Monnetay, ou d'un autre lieu homonyme plus rapproché de Mont me rie.
$ 4. En l'année 1226, le prieur Ponce était devenu abbé 12-26 de Baume et cumulait les deux bénéfices, paraissant néanmoins faire son séjour plus habituel à Gigny. Une charte- (- cspartie insérée dans le recueil de nos preuves nous apprend qu'alors, avec cette double qualité, il négocia et authentiqua un accord entre l'abbaye de Vaucluse et Ponce, sire de Cuiscaux, accompagné de Laurence, sa femme, et de Hugues, leur fils. Cet accord fut fait à Gigny même et scellé du sceau du seigneur de Cuiseaux, de celui de notre prieur abbé et de celui de son prieuré.
S 5. En la même année, Ponce et ses religieux firent, c. gj. comme on l'a déjà. dit, un acte d'association pour Cressia, avec Etienne, comte de Bourgogne, et Jean, comtedeChalon, son fils. Par cet acte analogue à ceux de 1191 et 1192, le monastère de Gigny concéda ce village aux deux comtes et à leurs successeurs , moyennant 1.° la moitié des revenus présents et futurs ; 2.° la moitié des amendes à percevoir ; 3.° la réserve de la totalité des dimes et autres droits ecclésiastiques. Il fut aussi stipulé que le comte Etienne ni ses successeurs ne pourraient aliéner les biens ainsi cédés, et qu'ils ne pourraient recevoir ni retenir en leur garde aucun des hommes du prieuré, sans l'assentiment des religieux. De leur coté, Etienne et son fils jurèrent de proléger et de défendre les biens ainsi que l'église du monastère. On se fit réciproquement le devoir de fief pour le château de Cressia, construit probablement depuis peu d'années, et les deux comtes, ainsi que le prieur, apposèrent leurs sceaux respectifs à cet acte d'association.
Les seigneurs de Cressia devinrent ainsi gardiens du prieuré de Gigny, et c'est sans doute en conséquence de cet
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1226 acte qu'en 1647, l'un d'eux, le dernier des Coligny, baron <.. la*. (|c Cressia, se qualifiait protecteur et ami de notre monastère,
et qu'auparavant, a cause des guerres, il avait donné asile dans son château aux religieux et aux reliques de leur église.
1227 § 6. Une année après l'acte d'association pour Cressia, c- 70 le prieur Ponce, de concert avec Jean de Chalon, comte de
Bourgogne, Amé, sire de Coligny et d'Andeïot, et lingues de Rougemont, grand-maître du temple, donna par son sceau l'authenticité à une célèbre donation. Ce fut a celle que Manasscs de Coligny, frère d'Amé, fit à l'ordre du temple, en s'y faisant recevoir chevalier, de la suzeraineté de Montagna , Broissia , Éperigna et Sainte-Fontaine. Cette charte de l'an 1227 contient en même temps la délimitation dos biens donnés. Elle est l'une des plus anciennes écrites en langue française , elle mentionne un grand nombre de localités du pays et présente de l'intérêt sous plus d'un rapport. Depuis cette donation , le village de Montagna fut surnommé le Templier, par distinction de Montagna, le llcconduh, près Saint-Amour, et autres lieux de ce nom. 1231 S 7. Une charte de 1231 nous apprend ensuite que c 7t. Cuy de Tramelay, chevalier, et Ponce de Moysia, furent en cette année médiateurs d'un accord entre l'abbé de Saint- Claude et Amédéc , sire de Coligny, au sujet du village de Jasscron. Ce titre est même le seul qui fasse connaître que Ponce était de la maison de Moysia. A la vérité, il n'y est qualifié que de vénérable abbé de Baume, et non de prieur de (iigny; mais les chartes précédentes, ainsi que celles qui suivront, ne permettent pas de douter de l'identité du personnage.
Une note extraite d'un inventaire des litres du prieuré de Gigny porte aussi que le l.fraoùt de la même année 1231, Etienne , comte de Bourgogne, fit donation aux religieux d une rente de cent sols, avec déclaration qu'il ne se réservait aucun droit sur l'église de Châtonnaij, si ce n'est sa