‹ Histoire de GignyChapitre 62 sur 356 · CHAPITRE XTII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XTII

été réclamée dans les dispositions des dernières volontés , 1 270 mais moyennant une modique rétribution , et à la charge de présenter préalablement les corps a l'église du prieuré. On en trouve des exemples dans des actes de 1516 , 1646 , 1661 , 1703 , etc.... Les paroissiens avaient droit de faire sonner, pour ces inhumations , non-seulement la cloche de l'église paroissiale, mais encore celles de l'église prieurale.

En conformité de l'ordonnance de 1776 sur les cimetières, les nobles chanoines, réunis aux habitants de Gigny, demandèrent, en 1783, à révèquc de Saint-Claude, la translation de ceux de leur bourg à une certaine distance des habitations. Le curé de l'époque , avec son esprit tracassîer , s'y étant opposé, l'évèque nomma celui d'Andelot pour faîre une ». enquête a cet égard. Le rapport en fut favorable à la demande ; mais, plein de dépit, le curé de Gigny se plaignit, dans une lettre du mois de septembre de la même année , des espèces de violences qu'avait faites sur lui et sur d'autres personnes un des chanoines (P.-M. de Montfaucon), en empêchant de recevoir les objections. Il ajouta même que le portrait du aire d'Andelot aurait aussi bien figuré dans cette mission que lui-meme.

En conséquence, et par ordre de l'autorité supérieure, le prieur commendataire et le noble chapitre furent obligés de fournir, en 1784, remplacement du cimetière actuel , à cause Pian n. de leur qualité de gros décimateurs et de curés primitifs percevant les droits de sépulture. La clôture en fut mise à la charge de la paroisse, niais elle en négligea l'exécution. 11 en résulta que , les anciens cimetières ayant été interdits, on fut obligé, en 1787 et 1788, de conduire les corps pour les inhumer dans le cimetière de Véria. Ce fut seulement le 24 octobre 1788, que le curé, assisté de son vicaire, fit la bénédiction du cimetière nouveau.

§ 11. En revenant à l'ordre naturel des temps dont cette 127&longue digression sur l'église paroissiale nous a détournés, on peut raisonnablement penser que Guichard était encore prieur

88 HISTOIRE DE GIGNV.

1 27*2 de Gigny, en l'année 1 272, lorsque Béatrix, veuve du seigneur

<>• 88. de Luaysi , jura foi et hommage à Amé , comte de Savoie , devenu époux de Sybille de Baugé. Elle reconnut tenir en fief-lige de ce prince, à cause delà sircrie de Bagé, le château de Belvier avec ses dépendances, mais sauf le fief qu'elle tenait du prieur de (jigny. Elle reconnut encore tenir les fiefs de Logalos et de Lopelachaz , lieux inconnus à l'auteur de cette histoire qui ignore de même , si ce château de Belvier est celui de Beauvoir près Coligny , ou de Belvay près Cormoz. Quant à cette veuve Béatrix , il est plutôt à croire qu'elle était dame de Loysia <7i\ près Gigny, que de Loisy sur la Seille où l'abbaye de Gigny n'a jamais rien possédé.

c. 88. S 12. Dans la même année et par le même acte, Poncet

de Gigny fit aussi un hommage-lige et jura fidélité au même comte de Savoie, sauf la foi qu'il devait aussi au seigneur de Saint-Amour, et il reconnut tenir en fief tout ce qu'il possédait , du chef de sa femme , au village et territoire d'Avignon, hameau de Beaupont. On ignore si ce Poncet

M* est le même que Poncet de Gigny, dont on trouve un autre acte de foi et hommage malheureusement sans date, indiqué

<7») Il est cependant difficile d*iccorder cette piétomption avec la connaissance qu'on a des seigneurs de Loysia. On s vu que Pierre de Montmoret, mort en taea environ, possédait cette terre daiii lexu.c siècle* Il laissa, pour lui succéder, de Béatrix de Coligny, sa femme, qui vivait encoi e en 1 204, Humbert de M-, dit Art agon, auvsï seigneur de Loysia et de Ci il la en iaSS* Jacques de */-, sou (ils, possédait les mêmes seigneuries en ia$3 et 1179* et ne pouvait par conséquent avoir laksé de veuve Béatrix eu 1171. 11 fut probablement pere de Marguerite de Lojtia, mai lée a J ne, met de lu Poc/ie-du-Fannel en Auxois. Celui-ci donna Loysia en dot à Jeanne de la Rcclic, sa fille, lorsqu'cu U98 elle se maria en seconde* noces avec Jean de Colign), seigneur d' Andrlot. CeUe d«me jouit long-temps de cette seigneurie, car elle ne mourut qu'en 1 i74> • l'ige de cent ans, api es avoir fait diverses donations a l'église de Loysia. Cette terre resta dès-lors dans la um*on de Coligny jusqu'à l'exliuctian de celle-ci eu 1664.

Les de Loj titi, dit Guichetion, étaient d'ancien* gentils-hommes du comté. Marguerite de L., dame du Boisonjdc Prcssia, fut mariée, avant 1 a? 3, à Guillaume d'Audclot. Celle maison poitait d'argent au lion de sable aimé cl couronné de gueule*:

CUAPITRE XVII. 89

pour un fief à Fleiria et Marnoissia, dans un inventaire de 1272 1485 des titres de la maison de Vienne-Chevreau.

Quoiqu'il en soit , Poncet est le premier membre bien counu de la maison de Gigny. A la vérité, on connaît déjà un Dalma* de Gigny, chanoine de Chalon en 1080, et un autre de mêmes noms, marié, a peu près à la même époque, avec N... de Brancion ; mais ils étaient peut-être d'une maison de Gigny sur Saône qui n aurait cependant laissé aucun autre indice de son existence.

Poncet de G. a pu être père des trois membres qui suivent et qui vivaient à peu près dans le même temps :

1. ° Humbcri de Gigny, chanoine de Saint-Paul, de Lyon, qui, en 1308, fut présent a un traité entre Ilumbert, sire de Thoire et Villars, et Henri d'Antigny II, seigneur de Sainte-Croix. 11 assista, en 1320, à un autre traité fait entre le même sire de Thoire et l'abbé de Saint-Claude. Enfin, en 1339, étant sacristain à Saint-Paul, il fut témoin d'une sentence arbitrale rendue par l'archevêque de Lyon, en faveur du seigneur de Dortan contre ledit sire de Thoire et Villars.

2. ° Jean de Gigny, qui était prieur de Nantua en 1328 et 1329, et qui, en cette qualité, fit avec l'abbé de Chesiry une délimitation de paroisses dépendantes de leurs monastères. Il n'était plus prieur en 1335, sans doute parce qu'il était devenu abbé de Saint-Rambert-de-Joux, car en 1336 il se trouva présent, avec cette dernière qualification, a l'hommage que plusieurs seigneurs du Bugey rendirent au sire Humbert. Il mourut en 1341.

3. ° Pcrrand ou Pcrrcl de Gigny, chevalier, marié a Béatrix de Monlburon, auquel le même sire de Thoire et Villars inféoda, en 1330 environ, le village d'Aromas , en toute justice, a l'exception du dernier supplice. II fui présent : 1.° en 1336, à un hommage rendu h ce sire par un seigneur du Bugey;.... 2.° en 1356, à une délimitation des terres de

90 HISTOIRE DE G1GMY.

1272 Montréal, Nantira , Brion et Saint-Martin-du-Fréne, entr« Humbert VI, sire de Thoire et Villars, et Jean de Nngent, prieur de Nantua;.... 3.9 en 1358, à un acte d'association entre ce môme sire et ce m<*mc prieur, relatif aux revenus d'Apremont et de Saint-Martin-du-Frêne. On trouve encore un Pcrraud de Gigny qualifié chancelier du sire de Villars, présent h une charte de 1377 relative à la Balme sur Cerdon. Mais il n'est pas certain que ce soit le même que le précédent.

g 13. Quoiqu'il en soit, le chevalier Perraud de Gigny laissa de son mariage avec ladite Béatrix de Montburon , Humbert de Gigny, qui lui succéda comme chevalier et comme seigneur d'Aromas. On le trouve présent a l'hommage que le sire Humbert VII fit, le 16 octobre 1375, au comte de Savoie, pour ses sireries do Thoire et de Villars. Il eut pour femme Allemande de Lavieu, et de ce mariage naquirent deux filles, Antoinette et Béatrix de Gigny, par lesquelles a fini cette maison.

Antoinette de Gigny, dame d'Aromas, fut mariée en 1400 avec Antoinette du Chiel, chevalier, seigneur de Chauves eu Bugey, de Bcau'.icu en Lyonnais, co-seigneur de Montellier eu Bresse, et qui devint ainsi seigneur d'Aromas. Ces deux époux testèrent en 1128 et mentionnèrent six enfants dans leur tes ta ment.

Quant à Béatrix de Gigny ou Gignia C73^ elle fut mariée

(7 3) J'ai entendu bien des personnes remarquer, avec une sorte d'étonnetnent, que les noms d'un tria grand nombre de lieux voisins de Gigny, no'ammenl djnslcs ariouditsemcnts de Bourg, de Nanlua, et turtoul de Lons-le-Saunier, élaieut termine» eu a et eu ia, comme Gigutu, Loysia, Cres«ia, Floi enti*, Véria, Maiigna, Montegna, etc.- Or, il e*t facile de s'eu tendre raison en réfléchissant que ces noms sout dérivés des dénoiniualion» lalines de* lieux dont on a retranché simplement la terminaison. Ain»i, de Giguia-ctim ou a fait Gignia, de bojrtiarum, Loya»a,de 9l0nlag ninn-nm ,Mou\»gn», etc. .

Quelquefois on a retranché la lettre n elle-même, et on a fait Gigny, Lojti ^ Montagnj; Coligny, Fetig"^, Ctunjr, etc ...

CUAP1TRE XVII. Vi

a Jean, soigneur de Rogemont et de Leutenay en.Buguy, 1272 lequel flt hommage en 1392 au sire Humbert VII, testa en M 22 et laissa deux fils pour lui succéder.

§ 14. Il est donc certain qu'il a existé une maison noble du nom de Giguy dans le treizième et dans le quatorzième siècle, probablement même dans les siècles précédents. Si cependant l'espèce de généalogie qui vient d'en être donnée , d'après l'historien Guichcnon, ne suffisait pas pour en constater l'existence, on pourrait encore prendre en considération que I)unod, en dépouillant les titres de l'abbaye de Châleau-Chalon, y a trouvé mentionnées des religieuses du nom de Gigny, et il a placé la maison noble de ce nom dans la longue liste qu'il a donnée de celles qui ont fourni des sujets à cet insigne monastère. D'un autre côté, on voit aussi, par l'inventaire M. précité de 1485 des titres de la maison de Vienne-Chevreau, que messire Pra de Gigny, chevalier, fds de Guyol de Giyny, également chevalier, a fait le devoir pour un fief qu'il tenait a Digna. Mais cette déclaration de fief est malheureusement aussi sans date.

Nous ajouterons encore ici , plutôt pour ne rien omettre d'intéressant que pour confirmer l'existence de notre maison noble, (pie: 1.° 3Dchel de Gigny était bailli de Jean, comte d'Autun, en 1283;... 2.» Étienne de Gicpuj fut témoin , en 1289, avec le vicaire de Cuiseaux. d'une charte pour Vau- c. ur». cluse qu'ils authentiquèrent de leurs sceaux ;.... 3.ft Jacques c 97 de Gigney, curé d'Épy, testa en 1300, en faveur de Jean de

D'autres fois, la voyelle n a été changée en « muet, d'où Gignie% Loy$ies Colonie, Cfitnre, Virie, etc. . ou bien en è ouvert, d'où Gignic, lojsié% Clunii, etc.». qu'on a értit ensuite Gi%neyy loytey, Clugney% clc.

Enfin, dan» cettains pays, notamment dan* les arrondissements de Bourg, Bclley cl Trévou*, la terminaison latine ncum s'eat convertie ou traduî e en eu ou ««■, comme f '#>»>«, Fetignieu, Moningmeu, Mnximieux, etc.

Pourquoi ensuite, dan* de* localités assez voisine*, le môtnr nom se terminet il tantôt en a , tRniôt en i .tantôt en eu, comme Snngna, Snvigny , Savigntu* ? Je l'ignoic.

92 HISTOIRE DE G1GNT.

1272 Chaton, comte d'Auxerre, seigneur d'Orgelet, comme on peut le voir dans le recueil de nos preuves, et apposa à son testament le sceau emblématique dont on a parlé;... 4.°M/ Jean de G'umy, bailli dudit Jean de Clialon à Orgelet, donna, en 1302, à la chartreuse de Vaucluse, un viager qui lui appartenait dans la dimc de Fetigny, et fut. témoin, en 1316,

c **- d'une de nos chartes pour Montagna et Broissia ; ... 5.° Ilumbert de G'umy, curé de Saint-Amour, fut témoin d'un autre titre en 1308;... 6.- Enfin, Pierre de G'ujnij, chanoine de Saint-Paul de Lyon, fonda un anniversaire dans l'église de Saint-Claude, à une date inconnue <7*).

Au reste, l'existence d'une maison d'armes et de nom dans un lieu dont les religieux, très nobles eux-mêmes, paraissent avoir eu l'entière seigneurie dès l'origine, n'en est pas moins très remarquable. Cet exemple toutefois n'est pas unique, car il y avait aussi une maison de Baume (Jura), quoique les nobles moines de l'abbaye de ce nom fussent aussi seigneurs du lieu. On peut s'en convaincre en lisant les histoires de Salins et de Poligny. Il y avait encore la maison de Clngny, déjà célèbre et nombreuse dans le onzième siècle, qu'on croit originaire d'Autun, mais qui a pris son nom de Cluny, nommé Chigny dans beaucoup de titres anciens.

$ 15. On vient de dire que les religieux de Gigny paraissent avoir eu la seigneurie dès l'origine. En effet, Bernon, comme on a vu, était propriétaire et souverain, lorsqu'il a fondé l'abbaye. Il a doté celle-ci de ses propres biens, et il n'est pas croyable qu'un étranger soit ensuite devenu seigneur de ces immeubles ecclésiastiques inaliénables. Aussi, voit-on qu'en 1291, 1307 et 1310, années où flo-

(74) C'est ce qui e*t prouvé par nu article d'obi l usure de l'abbaye de Ssinl- Claude, communiqué par M. l'abbé Girod, vie. gèo. : Oltiit D. Petrus Je GiguMco canonicus S. Pauli Lttgdun. qui dédit nobis et ecclesiœ XXX sculos gros toi pro amurertario tuo ; lig ia pttttanfur.

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