CHAPITRE XVII
rissait encore la maison de Gigny, trois prieurs en sont 1272 qualifiés seigneurs. A plus forte raison, les chefs et religieux de ce monastère prennent-ils ou reçoivent-ils cette qualité dans des titres de 1336, 1488, 1497, 1518, 1531, 1543, 1546, 1547, 1645, 1647, 1655, 1687, 1691, etc.... C'est pour cette cause aussi que, dès Tannée 1336, on trouve le titulaire du prieuré désigné Monsieur de Gigny, Monseigneur de Gigny, et les religieux collectivement appelés Messieurs de Gigny, dénominations féodales qui ont été usitées jusque dans les derniers temps. Bien plus, en 1789, les religieuses de Lons-le-Saunier ayant remplacé nos nobles chanoines curent encore, mais pendant quelques mois seulement, la petite satisfaction de s'entendre appeler Mesdames de Gigny.
§ 16. A la seigneurie se rattachait le château ou la maison forte de Gigny, situé hors de l'enceinte et au dessus du cloître. Les habitants de toute la chatelleniey avaient droit de retraite pour leurs personnes et leurs biens ; mais aussi , ils y devaient faire le guet et la garde en temps d'imminent péril et fournir a ses menus emparements. Ce château a été reconstruit, tel qu'il est actuellement, il y a environ 66 ans, PJan , sur les fondations de l'ancien. On en a même conservé les caves, et on en voit encore la prison obscure appelée vulgairement Croton (du vieux mot Crotum, creux, voûte, souterrain). Cette prison est toujours garnie de sa porte de fer et avoisinée de la cuisine et chambre du geôlier. En visitant au flambeau ce réduit obscur et humide, on éprouve un certain saisissement , et les idées se reportent naturellement sur les punitions sévères du moyen âge. Cette prison n'est cependant pas une geôle féodale proprement dite, à unique ouverture au sommet de la voûte en dôme. C'était simplement la partie inférieure d'une tour de guerre carrée, qu'on a changée en geôle au moyen d'une voûte à berceau pratiquée a trois mètres de hauteur environ. Une très faible clarté y arrive par une canonnière de cette épaisse tour, et,
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1272 dans la partie supérieure h la voûte, on reconnaît les restes d'une autre meurtrière ou canonnière. Cette prison et cette ancienne tour sont donc postérieures au quatorzième siècle, qui est celui de l'invention désarmes à feu, et elles ne datent peut-être que du milieu du seizième, car, sur une pierre de cheminée du château précédent, on Ut le mot Ryc, nom d'un prieur de cette époque.
Ce château , en effet, était la maison prieurale où résidait , sinon était censé résider le chef du monastère, et où se trouvait le cab'met des archives. On s'obligeait, par les terriers de 15V3 et 1691, d'y livrer au seigneur les redevances en nature, et de lui payer les cens et autres diïs. On lit aussi dans un litre de 1 55 ï qu'on y distribuait des aumônes. Mais, au reste, avant sa dernière reconstruction, il n'était habité que par un concierge, et même, en 1760, on le disait abandonné, élayé et menaçant ruines.
S 17. La seigneurie, ou terre de Gitjtuj, était composée des villages de Giguy, Cropct, le Villars, Louvenne, Morges, Montrevel, la Pérouse , Monnetay, Grave cl Charnay. Ces deux derniers, et probablement celui de Cropet, n'en dépendaient que depuis l'année 129i , comme nous le verrons bientôt. Auparavant celte époque, les moines de Gigny n'en étaient que seigneurs suzerains el n'y pouvaient exiger que la foi et l'hommage. Mais, dès-krs, dans ces trois villages, comme dans les autres, le prieur fut seigneur en toute justice, haule, moyenne et basse, mere, mixte, impere 7^. Il
(7 5) Mrnff», mirium, imp. r um Eu Franche-Comté , te jug«! du seigneur basju>ticici ne eonnaUsai: que des délits punissables de l'amende de fo sols estevenant*, de» cause* personnelles et civile» jusqu'à la valeur de 100 10U, et des causes 1 celles jusqu'à lilik-couteslaiic».
Le jupe du me.} cn-juatw ici connaissait des affaires criminelles emportant toute espèce d'amendes, mais non peines corporelles. Il jugeait aussi de toutes les causes civiles, personnelles et i celles. Il avait le droit de tenir un carcan et de» étalons pour les poids et mesures, celui de publier les lesumcnts, de faire les aeles d'affranchissement de mainmorte, d'opposer les scellés, de faire le*