CHAPITRE XVII
y avait même (ce qui est très remarquable), comme les sei- 1272 gneurs des grandes terres, depuis le treizième siècle, le double degré de juridiction civile, la châtellerùe et le bailliage. En conséquence, les causes qui avaient été jugées en premier ressort par son juge châtelain, pouvaient être portées en appel devant son bailli , absolument comme on appelait aux bailliages royauxdcs jugements rendus en chûtellenicsroyales.
% 18. Quoique seigneur ecclésiastique , et nonobstant la maxime que l'église a horreur du sang, le prieur de Gigny faisait exécuter sans scrupule les condamnations à mort, et ne livrait pas les criminels condamnés h un seigneur laïc du voisinage pour leur exécution. Il avait donc un pilori a simple pilier, pour l'exposition au carcan , planté sur la place pian k publique, en face de la porte du monastère, et un gibet à deux piliers ou signe patibulaire établi sur un monticule isolé , au sud de Gigny , appelé encore pour cette raison montagne des Fourches. Ce gibet est figuré sur la carte de Cassini, et on en voit toujours la fosse quadrangulaire usitée dans pareil cas. Néanmoins , il parait que , depuis longtemps, les exécutions capitales n'y étaient plus pratiquées ; car les vieillards actuels , qui ont vu exposer au carcan , ne parlent que par ouï-dire éloignés du dernier supplice sur les Fourches. Dans les minutes judiciaires de Gigny, qui reinventaires, de donner des tuteurs et des curateurs aux mineur*, d'intervenir dan« leur émancipation et dans toutes leur» affaires, de dre«*ei- leurs baux, d'homologuer leurs comptes de tutelle, de recevoir leurs partage*, etc..
Enfin, le juge du haul-jmlicier avait toutes les attributions dn bas et du moyen, et eu outre le droit de glaive ou celui de prononcer la peiue de mort,sauf appel.
On nommait Châtelain» les juges du haut et du moyen* justicier % parce que ces teigneurs avaient «culs le droit d'avoir des châteaux forts fermes de mura et de fcntés. Le juge du seigneur bat-justicier et du simple vassal eUil appelé prtvo/, aussi bieu que ce seigneur qui ne pouvait posséder qu'une tour forte, pour se mettre à couvert d'un coup de main et y retirer ses effets.
On trouvera, à la fin de cette histoire, I» liste de quelques juges de Gigny.
96 HISTOIRE DE GIGN Y.
1 272 montent au milieu du dix-septième siècle , je n'ai même rien trouvé qui y eût rapport. J'ai seulement lu une sentence du 22 juin 1756, contre Jeanne Ducrosset, accusée d'infanticide, a et condamnée par contumace à être pendue et cstranglée, « jusqu'à ce que mort s'ensuive , h une potence qui sera « plantée sur la place publique du bourg de Gigny , en Tact monde de 50 livres au profit du seigneur prieur , et à la « somme do 100 livres applicable moitié à la fabrique de « l'église et moitié aux pauvres , et aux dépens. Cette sen- « tonco sera exécutée on un tableau attaché à ladite potence * par l'exécuteur de la haute justice. » Elle fut prononcée par L. Cordier, juge châtelain, assisté des avocats Perreaud et Babey , ses deux assesseurs.
% 19. Avec la haute justice et en grande partie comme dépendant d'elle , le prieur de Gigny et ses religieux avaient les droits seigneuriaux suivants :